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Œufs alternatifs : la filière accélère

La production d’œufs alternatifs a progressé de 13 % en 2017, pour atteindre 37 % de la production tous modes d’élevages confondus. La marque Matines a d’ailleurs annoncé qu’elle arrêtera de commercialiser des œufs issus de poules élevées en cage à partir de 2025.

Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO : «Nous commençons enfin à avoir des capacités d’investissements pour transformer les bâtiments de cages aménagées».
Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO : «Nous commençons enfin à avoir des capacités d’investissements pour transformer les bâtiments de cages aménagées».
© Adocom



Le vice-président de l’interprofession de l’œuf (CNPO), Loïc Coulombel, a annoncé, lors d’une conférence de presse le 9 octobre, que la production française d’œufs dits alternatifs (sol, plein-air, bio) progressait plus vite que ce qui était annoncé dans le plan de filière (50 % de la production en alternatif d’ici 2022) : «Notre filière avance à une vitesse supérieure à ce qui était prévu.»
En 2017, la production d’œufs alternatifs a progressé de 13 %, pour atteindre 37 % de la production nationale tous modes de production confondus, soit «près de deux poules sur cinq», souligne le CNPO. L’année 2017 a constitué une «année charnière» dans cette transition, car désormais plus d’un œuf (coquille) sur deux vendus en grande distribution est issu d’une poule élevée en système alternatif. Les œufs standards restent majoritaires dans les préparations pour l’agroalimentaire et la restauration, où ils représentent 73 % des œufs utilisés, mais perdent 12 points en cinq ans, et 4 points en un an.

Le soutien à l’investissement discuté avec Macron
Cinq ans après la mise aux normes des cages, au 1er janvier 2012, les éleveurs qui avaient investi retrouvent des capacités de financer de nouveaux projets, constate l’interprofession. «Nous commençons enfin à avoir des capacités d’investissements pour transformer les bâtiments de cages aménagées», a expliqué le secrétaire général du CNPO, Maxime Chaumet. La filière estime à 277 millions d’euros les investissements nécessaires pour atteindre les 50 % d’œufs alternatifs.
Justement, le soutien à l’investissement a été au cœur des discussions de l’interprofession avec le président de la République le même jour. Durant la campagne présidentielle, un soutien de 500 millions d’euros aurait été évoqué par Emmanuel Macron, que l’interprofession cherche aujourd’hui à concrétiser. Il pourrait finalement s’agir à la fois d’aides à la modernisation et de fonds de garantie. Le président de la République a invité l’interprofession à se tourner vers les Régions, qui gèrent les aides du second pilier de la Pac, et vers le coordonnateur du volet agricole du plan d’investissement, Olivier Allain.
La marque d’œufs «coquille» Matines arrêtera de commercialiser des œufs issus de poules élevées en cage (code 3) à partir de 2025, annonce-t-elle dans un communiqué le 4 octobre. Cette annonce intervient quelques mois après les engagements des principales enseignes de grande distribution à arrêter la commercialisation de ces produits, le plus souvent à horizon 2020 pour les marques de distributeurs, et horizon 2025 pour les marques nationales comme Matines - à l’exception de Casino qui souhaite arrêter dès 2020. En 2015, les œufs-cage représentaient en effet 60 % des ventes de la grande distribution contre moins de 30 % pour les œufs plein-air, selon un rapport de la Médiation des relations commerciales. La production d’œufs-cage à convertir au mode plein-air pour les besoins de la distribution serait ainsi équivalente à «deux fois la production actuelle d’œufs de plein-air».

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