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Pommes de terre
Prioriser le nettoyage des bâtiments

Lors d’un webinaire, Arvalis a présenté les principales conclusions du plan de surveillance 2020-2021 mis en place en France dans le cadre d’une coordination européenne vis-à-vis des contaminations croisées liées aux résidus de CIPC encore présents dans les bâtiments de stockage.

Il est primordial de poursuivre le nettoyage des bâtiments pour éliminer toutes les traces de CIPC encore présentes.
Il est primordial de poursuivre le nettoyage des bâtiments pour éliminer toutes les traces de CIPC encore présentes.
© Gaétane Trichet

«Le CIPC est un produit très rémanent dans les bâtiments de stockage. C’est pourquoi il était important que son retrait s’accompagne d’une fixation d’une limite de résidus temporaire (LMR-t)», a expliqué Michel Martin, de l’institut Arvalis qui est resté tout au long de l’année 2020 au côté de la filière française et, plus largement, de la «Potato Value Chain» (PVC). «Cette LMR-t a été votée officiellement et parue au Journal Officiel au mois de février 2021, pour une entrée en application à partir du début septembre. Elle a été fixée à 0,40 mg/kg, (0,40 ppm) soit à un niveau 25 fois plus faible que la précédente LMR de 10 ppm.» L’analyse des résultats concernant les valeurs de contaminations croisées et l’efficacité du nettoyage se terminent et les premières conclusions ont été énoncées lors du webinaire. 

Mis en place en Belgique, en Alle-magne, aux Pays-Bas et en France sur plus de 2 000 bâtiments, dont quasiment 400 dans l’Hexagone, l’enquête avait pour but d’examiner le taux de résidus dans les tubercules tant en pommes de terre de transformation que celles destinées au frais ou à l’export stockées dans des bâtiments non traités au CIPC durant la dernière campagne mais ayant un historique avec ce produit. «Ces conclusions seront incluses dans le rapport global européen.» Qu’en est-il réellement ? «Concernant les résultats de ces mesures de résidus, nous sommes assez satisfaits de constater que pratiquement 40 % des échantillons collectés en France lors de la campagne de stockage 2020-2021 ne présentaient aucun résidu, soit une absence totale de résidu dans plus d’un cas sur trois.» En revanche, «un peu plus de 5 % d’échantillons étaient encore supérieurs à la LMR-t qui est entrée en vigueur le 2 septembre», s’est désolé Michel Martin, rappelant qu’en cas de dépassement des 0,40 mg/kg, incertitude comprise, les pommes de terre ne seront pas commercialisables. 

 

Éliminer toutes traces de CIPC

L’analyse de ces données s’est notamment appuyée sur les conditions de stockage et les pratiques de nettoyage mises en œuvre. «On s’aperçoit que le type de stockage constitue un facteur de risque important qui explique une bonne partie des valeurs élevées. Près des 2/3 des échantillons qui dépassent les 0,40 mg/kg sont issus de stockage en caisses. À chaque fois, les applications étaient faites dans ces bâtiments par thermonébulisation, d’où une dispersion du produit ubiquitaire dans le bâtiment, sur toutes les parois et dans tous les organes de ventilation et de réfrigération. On constate  une absence de tout nettoyage dans 15 % des cas ou des manques flagrants de nettoyage tout particulièrement des palox, voire également des ventilateurs et des groupes froids.» Face à ce constat «on peut aussi se poser l’effet de dissolution des dépôts résiduels (cristaux de CIPC) par les inhibiteurs de germination de remplacement appliqués par thermonébulisation comme le 1,4 DMN par exemple», a poursuivi le technicien d’Arvalis, précisant que des mesures seront faites à ce sujet lors de la prochaine campagne. C’est pourquoi, selon lui, il est primordial de poursuivre le nettoyage des bâtiments pour éliminer toutes les traces de CIPC encore présentes. «Il faut porter aussi une attention toute particulière aux palox et autres zones à risques comme les plafonds, le groupe froid, et aérer au maximum dès que c’est possible, voire rénover les bâtiments. Un nouveau plan de surveillance sera mis en place cette année pour suivre l’amélioration de la situation dans le temps comme le demande la Commission européenne».

 

Des aides financières pour rénover les bâtiments

© © Arvalis
 
Pour améliorer les stockages, des mesures d’aides financières ont été lancées en 2021 et se poursuivront en 2022 dans le cadre des plans de développement régionaux gérés par les conseils régionaux en s’appuyant sur l’articulation des fonds Feader venant abonder des aides régionales et nationales. Le but étant de rénover les installations vieillissantes et/ou trop contaminées par le CIPC. Dans les Hauts-de-France, il existe des aides pour la rénovation énergétiques des bâtiments de stockage de pommes de terre visant des investissements productifs en faveur de la réduction des impacts environnementaux et climatiques. «L’objectif est de moderniser les installations de stockage, notamment pour les adapter à l’avenir post-CIPC.» Michel Martin a détaillé la liste des équipements éligibles avant de parler d’un taux d’aides de 25 % dans le Grand Est et 40 % dans les Hauts-de-France. 
Pour prétendre à ces subventions, les producteurs de pommes de terre doivent répondre à des critères précis qu’ils trouveront sur https://guide-aides.hautsdefrance.fr/spip.php?page=dispositif&iddis-positif=927 ou sur https://draaf.grand-est.agriculture.gouv.fr/Appel-a-candidatures-Renovation
Les mesures précises adoptées pour 2022 devraient être connues dès les premières semaines de l’année prochaine.
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