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Élevage laitier
Quand les inhibiteurs s’invitent dans le lait : comprendre, réagir et prévenir

Un résultat positif au test «inhibiteurs» est la crainte de tout éleveur laitier. Sans qu’il y ait forcément faute, la présence d’antibiotiques, de colostrum ou de résidus de lavage peut rendre le lait impropre à la collecte.

«Il y a des inhibiteurs dans votre lait !» C’est la phrase que tous les éleveurs craignent d’entendre un jour. Souvent, le premier réflexe est de se dire que c’est une erreur, que l’on n’a rien fait de mal.  Bien sûr, personne ne met volontairement des inhibiteurs dans son tank. Mais par inadvertance cette situation peut se produire. Passé la surprise de l’annonce, il faut chercher à comprendre pour agir de manière rationnelle.

Un inhibiteur du lait, c’est quoi ?

Les inhibiteurs sont toutes les substances qui freinent le développement microbien dans le lait. Cela inclut donc bien évidemment les antibiotiques et autres solutions pharmaceutiques, mais aussi le colostrum et les résidus lessiviels (issus du lavage de la machine à traire). La présence d’inhibiteurs risque de bloquer les développements bactériens nécessaires à la transformation du lait (fromages, yaourt…).

Au-delà de l’aspect réglementaire, il est évident qu’aucun produit susceptible de nuire à la santé du consommateur ne peut être toléré. C’est l’aspect «santé» du lait qui est en jeu.

Comment sont organisés les contrôles ?

Toutes les citernes arrivant à la laiterie sont contrôlées en recherche «inhibiteurs» par un test rapide réalisé en dix minutes avant le dépotage de la citerne. Ce test rapide doit avoir une fiabilité équivalente au test de référence, plus long à réaliser (avec un Delvotest T).

En parallèle, depuis 2020, une recherche d’inhibiteurs est également réalisée à chaque ramassage de lait pour chaque producteur. Ce test, réalisé avec un Delvotest T, est conçu pour être efficace sur du lait de mélange et permet de détecter toute trace d’inhibiteur après une incubation de 3h15.

Le lait est conforme si le résultat de l’analyse est négatif. Dans le cas inverse, une confirmation doit être apportée par une nouvelle série de tests «Charm Rosa» afin de déterminer la famille d’antibiotiques en cause. Si les tests «Charm Rosa» sont négatifs, le lait est conforme ; l’éleveur recevra toutefois une alerte signalant une suspicion liée au premier test.

Comment réagir ?

En cas de résultat positif, si l’origine de la présence des inhibiteurs n’est pas identifiée immédiatement, un plan d’urgence doit être mis en place afin de la déterminer.

Dans un premier temps, il faut prendre contact avec le laboratoire interprofessionnel pour obtenir des flacons sans conservateur (surtout pas ceux du contrôle de performances). Ils serviront à recueillir un échantillon du lait de chaque vache traite ; et prévenir le laboratoire du caractère urgent des analyses à réaliser.

Ensuite, toutes les vaches seront bloquées au cornadis ou passées en salle de traite pour prélever un échantillon de lait mélangé des quatre quartiers. Il faut éviter d’utiliser un échantillonneur en salle de traite ou en robot afin de ne pas incriminer les animaux passant après la vache contaminée. Une fois les échantillons réalisés, il faut les faire parvenir au laboratoire rapidement.

Le laboratoire va réaliser un Delvotest sur chacun des échantillons. Dans un premier temps, 5 à 10 % vont être positifs. Ces proportions sont liées au principe du Delvotest T, prévu pour être efficace sur du lait de mélange. En l’utilisant de manière individualisée, il a tendance à détecter davantage de cas positifs que la réalité. Cette première indication permettra de remettre 90 à 95 % des vaches au tank dès la traite suivante pour reprendre la collecte.

Pour continuer, un nouvel échantillon doit être réalisé sur les vaches positives au Delvotest pour être analysé avec le protocole «Charm Rosa» afin de déterminer l’animal et la famille d’antibiotique en cause.

Tous les élevages peuvent être concernés par cette situation. C’est une épreuve très stressante pour les éleveurs. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par une personne extérieure à l’élevage dans ces moments-là (technicien de laiterie ou d’OPA).

 

Ces erreurs qui peuvent coûter cher

L’origine des inhibiteurs est souvent liée à une inattention, voici trois situations courantes et quelques astuces pour limiter les risques :
1 - Avec les préoccupations de la journée dans la tête, le trayeur n’a pas vu entrer la vache en traitement. Cela est d’autant plus probable qu’elle est mal identifiée. Le tableau avec les vaches en traitement doit être rempli avec beaucoup de soin même s’il n’y a qu’un trayeur.
2 - La boite de seringues de traitement intramammaire utilisées en cas de mammites est placé à côté de celui des traitements «Hors Lactation». Sans s’en rendre compte, le trayeur prend une seringue dans le mauvais carton. Cela est plus fréquent qu’on pourrait le penser. Il est donc recommandé de ne pas stocker ces traitements à proximité les uns des autres.
3 - Une vache malade est détectée dans un élevage équipé d’un robot de traite. L’éleveur va faire le traitement et, par inadvertance, il oublie d’encoder la vache pour programmer l’écartement du lait. En robot, il est préférable d’enregistrer l’information sur l’ordinateur avant de réaliser le traitement.

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