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Safer : «La moitié des surfaces attribuée aux jeunes agriculteurs»

La Safer Hauts-de-France a tenu son assemblée générale le 4 juin à Fresnes-les-Montauban. L’organisme régional accélère dans la rétrocession de terres agricoles aux jeunes agriculteurs avec un nombre record de projets accompagnés ces derniers mois.

Sylvain Versluys, président Safer Hauts-de-France, et Damien Carlier, vice-président, ont été réélus.
Sylvain Versluys, président Safer Hauts-de-France, et Damien Carlier, vice-président, ont été réélus.
© D. R.

Structure chargée de la gestion et de l’orientation des surfaces agraires, la Safer Hauts-de-France a organisé son assemblée générale le 4 juin près d’Arras (62). Elle affirme son ambition d’octroyer une part conséquente de terres à une nouvelle génération d’agriculteurs.

«Un niveau jamais atteint»

«L’an dernier, 1 284 ha, soit la moitié de nos acquisitions foncières (2 389 ha en 2020, ndlr), ont été attribués aux jeunes agriculteurs, souligne Hubert Bourgois, directeur de la Safer Hauts-de-France. Nous avons accompagné 58 jeunes, dont 10 en agriculture biologique sur plus de 200 hectares.» «C’est un niveau jamais atteint, bien au-dessus de nos attentes, se réjouit Damien Carlier, vice-président de la Safer. L’installation des jeunes est notre cheval de bataille car environ 50 % des agriculteurs de la région vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir. Nous devons maintenir ce cap.» Sur ce dossier, la Safer travaille avec les chambres d’agriculture et l’association Initiatives paysannes, dans le cadre du point accueil installation et transmission.

Au-delà de l’aspect foncier, la Safer annonce que vingt-trois jeunes vont bénéficier d’un coup de pouce à l’installation en 2021. «Ils se répartiront une enveloppe de 43 000 €», indique Hubert Bourgois.

Perspectives

Pour Sylvain Versluys, président de la Safer Hauts-de-France, il faut «encore aller plus loin face au défi du renouvellement des générations. Les jeunes sont là et motivés.» Il dit également rester «attentif à l’agrandissement des petites exploitations afin de les rendre plus compétitives et viables» et assure néanmoins que pour la Safer «l’agrandissement surfacique des exploitations n’est pas une fin en soi et qu’il est préférable de privilégier les projets à haute valeur ajoutée.» Sylvain Versluys a ainsi rappelé le rôle de régulation des prix de la Safer. «51 préemptions, avec révision du prix, ont été engagées, soit plus du double de l’objectif annuel, dévoile-t-il. Cette situation témoigne d’une réelle pression sur les marchés.»

Par ailleurs, les représentants de la Safer disent observer de premières mutations sur le terrain liées à la crise actuelle. «Le regain d’intérêt pour la campagne se vérifie déjà dans les villages, remarque Hubert Bourgois. Nous devons accompagner ce changement avec l’ensemble de nos partenaires, comme les collectivités locales.» «Nous nous attacherons à protéger les terres agricoles en participant activement à l’objectif zéro artificialisation nette», insiste Sylvain Versluys.

Afin de répondre aux nouveaux enjeux fonciers des espaces ruraux et péri-urbains de la région, la Safer va élaborer un programme pluriannuel d’activités pour la période 2022-2028. Il doit être constitué à l’automne 2021, en concertation avec les membres du conseil d’administration.

 

Un président réélu, deux syndicats intégrés

L’assemblée générale du 4 juin était élective. La Safer Hauts-de-France a renouvelé l’intégralité de son conseil d’administration. Toute l’équipe de direction a été reconduite pour un nouveau mandat de quatre ans. Sylvain Versluys a été réélu. À cette occasion, deux nouvelles structures ont fait leur entrée au conseil d’administration : la Confédération paysanne des Hauts-de-France et le syndicat général des vignerons de la Champagne. Par ailleurs, la structure vient de lancer un nouveau site internet afin d’améliorer la visibilité des publicités concernant les ventes de terres ou les mises en location. Désormais, tout candidat a la possibilité de candidater en ligne de façon dématérialisée. En 2020, 1 428 candidatures ont été étudiées par les services de la Safer, soit environ quatre candidats en moyenne pour une attribution.
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