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Faune sauvage
Sangliers et dégâts aux cultures : «indemniser n’est pas une solution»

«On n’a rien contre la faune sauvage, mais il faut savoir la réguler pour éviter les dégâts», ont rappelé les représentants de la profession agricole mi-mars 

à leurs homologues de la fédération départementale des chasseurs.

Entre représentants de la profession agricole et chasseurs de la Somme, l’entente est cordiale – ce qui n’est pas le cas partout –, et c’est cela qui permet d’aborder tout un tas de sujets à l’occasion de rencontres régulières. La dernière en date qui s’est tenue à Lamotte-Brebière s’est néanmoins une fois de plus focalisée sur le sanglier et les dégâts aux cultures agricoles qui lui sont imputables. Si les dégâts dans les champs sont réels et quantifiables, plus largement, Denis Bully (FDSEA) a souligné que si le sanglier en surnombre cause des dommages agricoles, «il y a aussi un risque de collisions routières, des impacts sur les milieux naturels que certains ne veulent pas voir…» Du côté de la fédération des chasseurs, si les surfaces endommagées et ouvrant droit à une indemnisation ont «baissé depuis trois ans» selon son vice-président Bernard Mailly, la facture liée au dédommagement de ces dégâts a enflé de 200 000 € au cours de la même période ; ce qui, à terme, pourrait poser problème. Lorsque l’on sait que les parcelles de blé et de maïs sont les plus touchées dans le département, l’augmentation des cours pour ces deux matières premières donne une explication toute trouvée. Elle n’est cependant pas la seule, ont fait valoir les responsables de la FDC80. «Il y a des secteurs où il faut clairement mettre la pression», a rappelé Emmanuel Lavoisier, directeur de la fédération des chasseurs.

Zones non chassées

Entre la prévention et l’indemnisation des dégâts, la facture est comprise entre 1,2 et 1,3 million d’euros pour le seul département de la Somme. Côté prévention, le meilleur moyen de lutter contre la surpopulation et donc les dégâts reste… le prélèvement par les chasseurs. Comme le souligne Emmanuel Lavoisier : «La prévention, c’est une chose, mais cela ne fonctionne que si on l’associe à l’agrainage et à la régulation.» Lors de la saison 2022-2023, 4 500 sangliers ont été tués dans la Somme. «S’il n’y avait pas eu la sécheresse qui a conduit les animaux à rejoindre les zones humides, on aurait pu en tuer plus», constate, légèrement amer Bernard Mailly. Car dans des zones peu ou pas accessibles, déloger les animaux devient plus difficile. Cela s’ajoute à la problématique des territoires pas ou peu chassés par leurs propriétaires. En ce qui concerne les opérations de dépeuplement organisées au cours des dernières semaines – on pense par exemple à la battue organisée le long de la ligne Amiens-Boulogne-sur-Mer, à Picquigny et alentours le 5 mars dernier –, Denis Delattre les juge «efficaces», mais souhaiterait en voir davantage. «Être voisin de territoires qui ne sont pas chassés, c’est compliqué…» 

Une stratégie de prévention repensée

Heureusement pour la facture des dégâts, le tir d’été – la pratique est autorisée à partir du 1er juin –, a permis de prélever 260 sangliers. Quant aux battues organisées à titre dérogatoire dans les parcelles de maïs avant l’ouverture générale, elles ont permis d’en prélever 80. La pose de clôtures autour de parcelles «à risque» devra néanmoins être «revue», selon Bernard Mailly : «Nous souhaitons la rendre plus efficace.» Autrement dit, lorsque leur entretien fera défaut ou que leur installation ne sera pas suffisamment justifiée, la fédération se réservera le droit de «les enlever pour les mettre ailleurs». Toujours du côté de la fédération des chasseurs, on souhaite rendre la chasse plus fréquente dans les parcelles de Cipan. En attendant, côté monde agricole, on attend des résultats rapides, à l’image de Vincent Duchemin qui souhaite des solutions «avant le printemps». Si un protocole national d’accord a bien été signé le 1er mars entre la Fédération nationale des chasseurs, les organisations syndicales agricoles et les Chambres d’agriculture prévoyant une «boîte à outils» pour permettre la baisse des populations et des dégâts entre 20 et 30 % d’ici trois ans avec le soutien de l’État, sa mise en œuvre pourrait bien encore demander plusieurs mois. 

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