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Sitpa : vers une hausse des prix pour 2020 ?

Le groupement des producteurs de la Sitpa tenait son assemblée générale, le 11 décembre, à Rosières-en-Santerre.

Jean-Xavier Deschamps, nouveau responsable des achats à la Sitpa succède à Jean-Pierre Mogavero.
Jean-Xavier Deschamps, nouveau responsable des achats à la Sitpa succède à Jean-Pierre Mogavero.
© C. L.



«Si les volumes contractualisés par les producteurs du groupement de la Sitpa restent stables, le nombre de producteurs, lui, est en baisse», a lancé en guise d’introduction, le président du groupement des producteurs de la Sitpa, Jean-Luc Guyon. En effet, entre 2018 et 2019, la Sitpa a perdu une vingtaine de producteurs. Une baisse qui s’explique, selon le président, par la restructuration et le regroupement de certaines structures, l’arrêt de la production de pommes de terre avec la Sitpa pour certains et, pour d’autres, l’arrêt de l’activité. La succession des aléas climatiques est d’ailleurs, peut-être, l’une des raisons qui a poussé quelques producteurs à arrêter. Car, en effet, «malheureusement, les années se suivent et ont tendance à se ressembler», a rappelé le président du groupement. «Lors de la récolte 2018, si la campagne n’avait pas trop mal débuté, les orages violents qui ont suivis, les coulées de boue et les trois mois de sécheresse ont entraîné des pertes de surfaces impactant drastiquement les rendements», raconte Jean-Luc Guyon. Tant bien que mal, le groupement avait alors réussi à trouver un accord avec la Sitpa pour ceux qui ne rempliraient pas leur contrat : 50 % des volumes manquants ont alors été pris en charge par la Sitpa et les 50 % restants ont dû être assumés par les producteurs. Une certaine souplesse avait été également accordée sur le calibre des pommes de terre livrées. En effet, les grenailles supérieures au calibre de 30 mm ont été acceptées dans la limite de 10 % du tonnage contractualisé. Bilan, les producteurs du groupement ont livré approximativement 15 000 tonnes de matière sèche à la Sitpa, soit un peu plus de 90 % du volume total contractualisé.

Vers une hausse des prix ?
«En 2019, rebelote. Après un hiver quasi absent, l’absence dès la fin du printemps des pluies et les fortes chaleurs durant l’été ont impacté le développement et, par conséquent, le rendement en pommes de terre, et ce, malgré l’irrigation»,  développe le président. Rapidement, le groupement a  de nouveau alerté la Sitpa et a proposé de reconduire les mesures prises en 2018. Des propositions qu’a décliné l’industriel, même si un accord a tout de même été trouvé. Pour les producteurs qui ne remplieraient pas leur contrat à hauteur de 97 %, la Sitpa accepte les pommes de terre de calibre 30 - 35 mm. Par ailleurs, le président du groupement rappelle qu’il existe une commission des litiges à laquelle tous producteurs peuvent faire appel.   
Côté prix pour la campagne 2019, Jean-Luc Guyon rappelle que les discussions entre le groupement et l’industriel ont abouti sur un contrat de deux ans, avec une clause de révision des prix, le maintien de la clause de flexibilité (97 à 103 %) et une hausse, dès cette année, des prix, notamment pour les départs tardifs de pommes de terre. «La hausse n’est pas aussi élevée que celle dont bénéficie les producteurs livrant pour les industriels spécialisés dans la frite, mais il faut se souvenir qu’en 2018, alors que les fritiers baissaient leur prix de 10 %, la Sitpa n’a baissé ses prix que de 2 %», explique-t-il.
Pour la campagne à venir, les discussions entre le groupement et la Sitpa vont reprendre. «Cette année, le prix devra impérativement prendre en compte l’augmentation du coût de production liée à l’arrêt de l’utilisation du CIPC prévu en août 2020. La compensation devra, par ailleurs, encourager vivement les producteurs, qui conservent aujourd’hui leurs pommes de terre, à continuer», a précisé le président. Celles-ci débuteront dès cette semaine, avec le nouveau responsable des achats, Jean-Xavier Deschamps qui succède à Jean-Pierre Mogavero sur le point de partir en retraite.



Transformation du groupement en OP ?

La réflexion n’est qu’à son début, mais la question au sein du groupement se pose : celui-ci doit-il se transformer en une organisation de producteurs (OP) reconnue ? En effet, aujourd’hui, la négociation collective du prix par des producteurs n’est légalement possible qu’en cas de transferts de propriété ou en présence d’une organisation de producteurs (OP) reconnue. Or, selon, le règlement OCM, un producteur ne peut-être membre que d’une seule OP par produit agricole. Ainsi, un producteur de pommes de terre ne pourrait être membre que d’une seule OP, alors que ce dernier livre, généralement, à plusieurs industriels ou négoces différents. Cet état de fait est aujourd’hui pointé du doigt par l’UNPT, qui travaille pour faire évoluer l’OCM unique afin qu’un producteur puisse être membre de plusieurs OP.
Par ailleurs, l’organisation en OP du groupement pourrait permettre d’accéder à certaines aides financières, notamment au travers de la Pac, donnerait plus de pouvoirs et de poids aux producteurs lors des négociations, mais demanderait, a contrario, plus de moyens, d’implication et donc de temps.

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