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Tout savoir sur le recensement agricole qui débute

Lancée le 1er octobre, la nouvelle mouture du recensement général agricole se penchera notamment sur les mutations à l’œuvre dans les exploitations (détenteurs du capital, sous-traitance, etc.). Autres thèmes à l’honneur : les pratiques écologiques, les circuits courts, et le numérique.

© D. R.

Dix ans après la dernière vague, le ministère de l’Agriculture a lancé la nouvelle édition du recensement général agricole (RGA) le 1er octobre. Cette enquête, qui se finira fin mars 2021, «concerne les 420 000 exploitations françaises», a précisé le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, le 28 septembre.

Comment va se dérouler le recensement agricole 2020 ?
Pour 350 000 exploitations, le recensement se fera en ligne (sur recensementagricole2020.fr), à partir d’un questionnaire «simple, facile, et en partie pré-rempli en utilisant les données de la Pac», d’après le ministre de l’Agriculture. Pour les quelque 70 000 exploitations restantes, le ministère prévoit des entretiens – soumis au consentement des agriculteurs – permettant «d’aller un cran plus loin et de bénéficier du ressenti».

Quelles sont les nouveautés ?
La nouvelle mouture du recensement aborde trois nouveaux thèmes, d’après le cabinet du ministre de l’Agriculture. Premier d’entre eux : les «mutations de l’exploitation agricole», avec des questions portant sur «les détenteurs du capital de l’exploitation», l’ampleur du «recours à l’externalisation» ou encore les «liens de l’exploitation agricole avec d’autres entreprises». Le développement de la sous-traitance des opérations culturales apparaît comme une tendance lourde des dernières années : le nombre d’exploitants ayant recours aux ETA (entreprises de travaux agricoles) a doublé entre 2000 et 2016.

Le RGA 2020 mettra aussi l’accent sur les démarches environnementales, avec des «données plus détaillées sur les surfaces et ateliers d’élevage engagés en agriculture bio», d’après le cabinet, ainsi que «des questions sur l’engagement de l’exploitation dans différentes démarches environnementales, la pratique de l’agroforesterie, l’implantation de cultures intermédiaires». Dernière nouveauté : un élargissement des activités de diversification étudiées (travail à façon agricole ou non, vente d’énergies renouvelables, services educatifs...) et «l’introduction [...] de nouveaux types de circuits courts» (vente en ligne notamment).

Le recensement 2020 va-t-il plus loin que l’édition 2010 ?
Certaines thématiques déjà examinées en 2010 «seront abordées de manière plus approfondie [...] sur un échantillon d’exploitations», affirme la Rue de Varenne. Ce sera notamment le cas pour les circuits de commercialisation (courts, longs, coopératifs, privés ou intégrés) et pour l’engagement dans des collectifs (échange d’expériences, OP, Cuma, entraide). Les pratiques d’élevage et les conditions de travail des agriculteurs (temps de travail, congés) seront elles aussi explorées plus en profondeur. Sans oublier des questions sur certaines filières moins connues (apiculture, horticulture, élevages d’équidés), ainsi que sur le «recours au numérique». Toutefois, l’ossature générale du questionnaire ne change pas. Les grands thèmes abordés lors du recensement restent les caractéristiques générales de l’exploitation, les productions (animales et végétales), la diversification, la commercialisation et la main- d’œuvre.

À quoi sert le recensement général ?
Pour Julien Denormandie, le recensement est «un événement incroyablement important, car c’est ce qui doit nous permettre de définir des politiques publiques qui sont les plus adaptées aux réalités du terrain». Le ministre en attend «un outil d’aide à la décision publique pour être sûr que les décisions que nous prenons correspondent à la realité des territoires». Les États membres de l’Union européenne ont l’obligation de procéder au recensement agricole tous les dix ans. Mais la participation des agriculteurs, elle, n’est pas obligatoire. «J’appelle les agriculteurs à prendre part massivement au recensement», lance M. Denormandie, rappelant qu’il s’agit d’un «acte civique qui n’a comme finalité que de pouvoir adapter nos politiques au bénéfice justement des personnes interrogées». D’après le cabinet du ministre de l’Agriculture, 99 % des agriculteurs (sur 515 000 exploitations enquêtées) avaient répondu à la précédente vague du recensement général, en 2010.

Quels étaient les enseignements du recensement de 2010 ?
La dernière édition du RGA avait comptabilisé 490 000 exploitations en France métropolitaine pour une SAU de presque 27 Mha.
«970 000 personnes participent régulièrement au travail des exploitations agricoles», dont 604 000 chefs d’exploitation, indiquait l’enquête. En y ajoutant les 90 000 ETP «extérieurs» aux exploitations (ETA, Cuma, saisonniers), le secteur de la production agricole employait plus d’un million de personnes. Le RGA 2010 avait notamment mis en exergue le phénomène de céréalisation, constatant que la baisse du nombre d’exploitations «touche surtout l’élevage et la polyculture élevage, avec la quasi-disparition des petits élevages bovins lait et une progression des grands élevages». De leur côté, «les exploitations de grandes cultures résistent mieux». Le recensement avait aussi confirmé la poursuite de la concentration des exploitations. Entre 2000 et 2010, «la superficie moyenne des exploitations agricoles gagne 13 ha» (à 55 ha), et «une exploitation sur quatre a disparu en dix ans». Un mouvement qui ne s’est pas arrêté : en 2016, l’enquête sur la structure des exploitations dénombrait «un peu moins de 440 000 exploitations agricoles (en France métropolitaine), soit 11 % de moins qu’en 2010».


Les chiffres-clés du recensement 2020

450 000 exploitations agricoles interrogées dont 30 000 en outre-mer
1 500 enquêteurs formés pour accompagner la collecte
3 plateaux téléphoniques pour accompagner et compléter la collecte par Internet
1 dispositif d’assistance
335 000 déclarations Pac correspondant à 9,8 millions de parcelles agricoles utilisées pour pré-remplir les questionnaires + 100 agents mobilisés dans les services de l’État, en région et en outre-mer

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