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Grandes cultures
Un mois de retard et un rendement diminué pour la chicorée

La chicorée n’est pas épargnée par les conditions exceptionnelles de la campagne 2022 et accuse, déjà, une baisse de rendement de l’ordre de 16 % qui pourrait encore s’accentuer d’ici la fin de la récolte mi-décembre.

Récolte des parcelles d’essai le 5 octobre dernier : les rendements font le grand écart entre 10 et 50 tonnes à l’hectare dans le meilleur des cas.
Récolte des parcelles d’essai le 5 octobre dernier : les rendements font le grand écart entre 10 et 50 tonnes à l’hectare dans le meilleur des cas.
© Yannick Delourme

2 000 ha de chicorée ont été plantés dans les Hauts-de-France, dont une grosse proportion dans le bassin historique de production entre Dunkerque (59) et Calais (62). 2 000 ha semés autour du 8 avril, c’est la date clé depuis quelques années. Sauf que cette campagne n’est pas comme les autres et que le calendrier comme les rendements se voient bouleversés par l’absence de précipitations dans le mois qui a suivi les semis : la chicorée accuse du retard et les rendements font le grand écart entre 10 et 50 tonnes à l’hectare dans le meilleur des cas. «Des écarts très marqués, parfois au sein d’un même village», précise Yannick Delourme.

Le responsable du service agronomie de l’interprofession de la chicorée de France détaille : «Cela s’est joué à huit jours parfois : ceux qui ont osé semer au 30 mars alors qu’il faisait un peu froid et ceux qui ont attendu le 8 avril. Les premiers ont bénéficié des 20 millimètres de pluviométrie qui ont fait la différence. La levée, c’est 80 % de la croissance de la chicorée.» Et pour ceux qui ont semé autour du 8 avril, il a fallu attendre entre le 17 et le 23 mai pour avoir les premières pluies, et observer les premières levées début juin. «Nous avons un mois de retard», résume Yannick Delourme.

«L’irrigation, quand elle a pu être possible, a été préconisée dans les parcelles très sableuses, sans réserves d’eau et où les planteurs ont vu les feuilles de leurs chicorées se transformer en tabac.» Une année atypique comme il n’en a connu qu’une autre en trente ans : 2001.

Rendement de 16 % inférieur

Concrètement, on observe des racines en moyenne 16 % plus petites qu’à l’ordinaire, soit un déficit de rendement équivalent, et cela pourrait s’accentuer car pour l’heure, seuls les 30 % des plus beaux champs ont été récoltés.

Pour les autres, les grosses chaleurs suivies de fortes précipitations puis d’un redoux ont bouleversé le calendrier biologique des plantes dont le bouquet foliaire s’est fortement développé, et dont les racines se sont gorgées d’eau. Mais l’été indien que l’on a connu ces derniers jours joue en faveur des racines, qui se concentrent de nouveau en sucre. Le taux de matière sèche, très élevé en début de campagne (24,8 %), avoisine depuis les 23,6 %. Il faudra trouver le juste équilibre pour la date d’arrachage qui s’étalera jusque mi-décembre.

Et si les conditions de récolte ont été bonnes à l’ouverture des sécheries, «elles se sont rapidement compliquées dans certains secteurs comme sur le Dunkerquois avec des cumuls de pluviométrie allant jusqu’à 200 millimètres du 1er septembre au 28 octobre alors que sur la région d’Orchies et le secteur de la Somme, nous enregistrons 70 millimètres de moins ce qui permet de continuer d’approvisionner les usines», relate Yannick Delourme.

Car les usines de première transformation, Leroux à Vieille-Église (62) et Sonodé à Saint-Pierre-Brouck (59), ont temporisé leur ouverture mais sont soumises à la tension énergétique. Et, contrairement aux sucreries qui ont ouvert avec une semaine d’avance pour pallier les éventuelles difficultés hivernales d’approvisionnement en gaz, les sécheries ont ouvert avec une semaine de retard. «L’interprofession militait pour attendre encore un peu, mais le contexte est tendu», reconnaît le responsable agronome. 

Il sera temps de faire les comptes à la fin de la récolte, mais il faut déjà penser à l’avenir. En poursuivant notamment les essais sur les trois parcelles gérées par l’interprofession à Orchies (59), Brouckerque (59) et Audruicq (62). La sélection variétale est au cœur des enjeux avec l’étude de celles qui auront le mieux résisté à la sécheresse.

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