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Un programme unique de sécurisation du prix du lait

Sodiaal est la première coopérative laitière en France à lancer un programme pilote de sécurisation du prix du lait pour ses producteurs. Objectif : lisser la volatilité importante du prix B.

Le programme permet aux producteurs volontaires de fixer, de trois à douze mois à l’avance, le prix du lait sur tout ou partie de leur volume B sur les marchés à terme. 
© A. P.

Comment peut-on sécuriser la volatilité du prix du lait que subissent énormément les volumes B ? C’est à cette problématique que veut répondre Sodiaal en proposant à ses coopérateurs d’intégrer son tout nouveau programme pilote de sécurisation du prix du lait. 
Première étape : une formation, indispensable pour comprendre le fonctionnement du marché à terme et pour apprendre à se servir de la plate-forme. Ensuite, un droit d’accès est fixé à 150 €.
«Le producteur volontaire recevra alors un mail tous les lundis midis, dans lequel il trouvera un tableau des prix du lait sur le marché à terme pour les douze mois à venir. Si un des prix lui semble suffisant pour couvrir ses charges, il a jusqu’au mardi à minuit pour positionner une partie de son volume B dessus. À titre d’exemple, le prix indiqué en avril 2022 est de 337,40 », explique Olivier Gaffet, producteur à Canaples et président du réseau Nord de la coopérative.
Le courtier de la Sodiaal dispose alors de huit jours pour trouver un acheteur capable de se positionner sur les volumes proposés au prix indiqué et pour donner réponse au producteur. Si la réponse est positive, le producteur a connaissance à l’avance du prix auquel il sera payé sur les mois choisis pour ce volume. «En bloquant son prix à l’avance, le producteur prend le risque de ne pas profiter d’une éventuelle hausse. Mais en même temps, il sécurise une partie de son revenu, car il est certain de ne pas subir une baisse. Il s’agit de connaître son coût de production pour assurer de le couvrir», ajoute Olivier Gaffet. 
D’après la coopérative, une centaine de producteurs sont déjà engagés dans ce  programme de sécurisation du prix du lait, dont plusieurs en Hauts-de-France, et une autre centaine bénéficiera des avantages de cet outil de pilotage d’ici l’été. «Ce programme pilote pourra s’étendre progressivement en fonction du plébiscite des adhérents. Un point d’étape sera fixé d’ici la fin de 2021», est-il précisé. Pour Olivier Gaffet, bon nombre d’éleveurs de Sodiaal disposent d’un volume B conséquent et devraient donc être séduits. «Les douze-mille producteurs Sodiaal ont au moins 10 % de volume B. Pour certains, cela représente même 30 % de leur production. L’outil s’avère alors très intéressant. Mais il n’y a aucune obligation. Le producteur peut préférer laisser la coopérative commercialiser son lait comme elle l’a toujours fait.»

Une vision plus claire
Autre avantage du programme pilote : la compréhension des marchés laitiers. «Deux fois par mois, les producteurs engagés dans le programme reçoivent une lettre d’information qui permet de suivre les évolutions des marchés. Cela donne une vision globale, car bien souvent, les fluctuations du prix A suivent celles du prix B.
Cette information permet aussi de mieux anticiper les prochaines positions sur le prix B.
» C’est tout bénef’.

Un marché à terme très concret

Après avoir été interdit pendant de longues années en France, un marché à terme renaît à la bourse de Paris en 1986 : le Marché à terme des instruments financiers, rebaptisé Marché à terme international de France (Matif) en 1988. Il faut attendre 1994 que la société Matif crée son premier contrat à terme sur matière première avec la colza. Entre 1996 et 1998, l’activité s’étend au blé tendre et ensuite au maïs. À l’époque, plusieurs bourses existaient, notamment celles de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. C’est en 1999 qu’elles décident de fusionner et qu’Euronext voit le jour. C’est depuis devenu une référence incontournable pour le marché des grains en Europe.
Mais qu’est-ce qu’un marché à terme ? Parfois qualifié de «marché papier», c’est un marché financier organisé, sur lequel on peut acheter ou vendre des contrats à terme. Un contrat à terme est un engagement financier entre un acheteur et un vendeur de prendre livraison ou de livrer une marchandise dans des conditions standardisées : produit spécifique, à une date donnée, dans un lieu unique et à un prix négocié. À la différence d’un contrat de gré à gré sur le marché physique dont les caractéristiques sont variables, les caractéristiques du contrat à terme sont standardisées en termes de qualité, quantité, date de livraison et lieu de livraison. L’unique variable dont peuvent discuter les contractants est le prix. Un fois qu’il est fixé, le débouché est trouvé sur le marché physique. C’est le travail que mène Sodiaal pendant huit jours, dès lors que le producteur choisit de vendre un volume donné à tel prix.
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