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Vrac Ambule sillonne l'ouest samarien

L'épicerie ambulante de Julie Roseleur fait étape dans les marchés et points de vente du secteur de Poix-de-Picardie depuis mai. Le concept séduit les clients et ravit les producteurs locaux.

En quelques semaines, le camion Vrac Ambule de Julie Roseleur s'est déjà entouré de clients fidèles.
En quelques semaines, le camion Vrac Ambule de Julie Roseleur s'est déjà entouré de clients fidèles.
© A. P.



Julie Roseleur n'aurait jamais imaginé que sa vie allait changer alors qu'elle était tranquillement installée dans son canapé, devant la télévision. C'est pourtant bien ce qui lui est arrivé, un jour de janvier 2019. «J'ai vu un reportage sur une épicerie ambulante et j'ai eu le déclic. C'est ça que je voulais faire !»
En quelques mois, la salariée de la Communauté de communes Somme sud ouest originaire d'Andainville monte son projet : formations, budget prévisionnel, achat d'un camion et aménagement de celui-ci, recherche de lieux de vente et, surtout, rencontrer des producteurs locaux qui accepteraient qu'elle vende leurs produits. «Ces rencontres sont vraiment enrichissantes. J'adore échanger avec eux ! Il se crée un lien précieux.»
Depuis le 13 mai, son camion Vrac Ambule sillonne les routes pour rejoindre les marchés et points de vente du coin. Les horaires décalés et le travail les week-ends n'ont pas de quoi la décourager. «Je suis issue du milieu agricole, alors j'ai été habituée à ne pas compter mes heures et à travailler les jours fériés», s'amuse-t-elle. Sa vie de famille, avec deux grands enfants et deux autres encore en bas âge, est organisée autrement, mais elle est pleinement épanouie. «Avoir sa propre entreprise est valorisant. Si ça fonctionne, c'est grâce aux efforts fournis, et si c'est un échec, ce sera entièrement de ma faute.» Les premières semaines d'activité s'avèrent cependant encourageantes. Surtout, Julie se retrouve pleinement dans l'esprit de son activité.

Bien manger et jeter moins
Avide de contact avec les personnes, elle a toujours été sensible à la réduction des déchets et au bien manger. «Je n'ai jamais acheté un gâteau industriel, par exemple. J'ai toujours cuisiné moi-même.» Alors le vrac et le local étaient une évidence. Le concept semble séduire ses clients, qui ont pris l'habitude d'emporter leurs contenants pour effectuer leurs courses. Ce jeudi après-midi, sur la place d'Hornoy-le-Bourg, c'était le cas de Chloé, huit ans, qui a déjà ses petites habitudes. «Je vais prendre du fromage, des biscuits apéritifs et les biscuits au chocolat que j'ai adorés la dernière fois», commande-t-elle, en tendant ses boîtes.
Si Julie était «hyper stressée» la première fois qu'elle a endossé le rôle de la marchande, il n'en paraît plus rien désormais. Derrière le masque, contexte sanitaire oblige, le visage accueillant met tout de suite à l'aise. Son chaleureux camion, donne tout de suite envie d'acheter. La multitude de couleurs témoigne de la diversité des produits que l'on y trouve. Les silos soigneusement alignés contre la paroi et les bocaux disposés en vitrine sont pleins de légumes et de fruits secs de toutes sortes, de farines, de pâtes, de biscuits, de céréales, de chocolat, mais également des produits ménagers et de beauté : shampoing et savon solide, dentifrice, savon noir, lessive... Les dernières nouveautés sont le maïs à pop-corn, les haricots blancs, la semoule fine et les pois chiches.

Priorité au local
Les produits sont le plus possible de la région : des oeufs de Cavillon, des produits laitiers d'Eplessier, du miel de Lignières-Chatelain, des huiles de colza et de caméline de la Somme. Les producteurs que Julie a contactés n'ont pas hésité à répondre favorablement. «Pour nous, c'est un point de vente supplémentaire», se réjouit Jean-Louis Lescot, agriculteur à Coisy, qui transforme une petite partie de son colza en huile. Celle-ci se déguste nature et parfumée, au citron et basilic ou à l'ail et au thym. «Quand les gens l'ont goûtée, ils en redemandent ! Notre production représente à peine 1 ha, mais si nous trouvons plus de débouchés comme Vrac Ambule, nous pourrions augmenter la production.»
Comme l'huile, certains produits ont la cote. «Je ne savais pas que les gens mangeaient autant de lentilles», rit Julie. Soucieuse de répondre à leurs envies, elle est encore à la recherche de produits pour diversifier son offre. «J'aimerais travailler avec un producteurs de quinoa local, confie-t-elle. Mais cette culture est rare dans la région.» Des fromages de brebis ou de chèvre pourraient aussi rejoindre son étal. L'entrepreneuse pense également à développer un service de livraison dans des points de vente, pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer aux marchés. «Mais tout cela est chronophage et, entre la vente, la tournée d'approvisionnement et la paperasse, mes journées ne sont pas assez longues !»

Être connecté est indispensable
Julie passe aussi un temps fou à alimenter sa page Facebook «Vrac Ambule». «Les réseaux sociaux sont devenus indispensables pour se faire connaître et pour fidéliser les clients», assure-t-elle. On y trouve les nouveautés, son planning de présence, et des animations en fonction de l'actualité : «J'ai posté des photos des idées de cadeau pour la fête des mères, et j'ai mis en place un jeu concours pour la fête des pères.» Une autre forme de communication avec ses clients, avec lesquels elle préfère néanmoins discuter en vrai, devant son camion.


Où trouver Vrac Ambule ?

Voilà quelques lieux dans lesquels le camion de Julie Roseleur fait étape :
- lundi matin à Granvillers
- mercredi matin à Beaucamps-le-Vieux
- jeudi après-midi à Hornoy-le-Bourg
- Vendredi matin à Senarpont, puis à partir de 16h à la Ferme des p'tits légumes à Croixrault
- Un samedi matin sur deux à Oisemont, l'autre à Molliens-Dreuil ; l'après-midi à la Serre de Villers-Campsart

Tel. : 06 77 46 71 66 ; vracambule@orange.fr ; Facebook : page Vrac Ambule

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