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Betteraves
2026, l’année des extrêmes pour la betterave

Accablée par trois canicules consécutives, la filière betteravière subit un effondrement des rendements, particulièrement dans l’Oise. Alors que les sucreries s’apprêtent à réduire leurs campagnes de transformation, la profession réclame un soutien d’urgence à l’État.

Betteraves en manque d’eau.
© Christian Gloria

Cette année, les conditions de semis et de levées ont globalement été satisfaisantes pour la betterave sucrière. Les conditions de végétation étaient plutôt favorable jusque fin mai et permettaient d’entrevoir de bonnes perspectives. Cependant, les 3 canicules consécutives à partir de fin mai ont généré des conditions climatiques extrêmes, des fortes chaleurs sur des durées longues et un déficit hydrique record. Ces effets cumulés ont pénalisé le potentiel de croissance, à plus de 35° la betterave se met en sécurité et «ne pousse» plus.

Toutes les régions betteravières sont affectées avec un gradient nord-sud important. Dans les Hauts-deFrance, c’est le département de l'Oise qui est le plus touché à l’heure actuelle. Le poids des racines est inférieur de plus de 30 % comparé à la moyenne 5 ans et 40 % par rapport à 2025. Le poids de feuille et très faible avec 16 tonnes par hectare, à ce jour, en retrait de 60 % par rapport à la moyenne de 5 ans. Ce point est majeur car il limitera fortement la croissance même si les conditions climatiques à venir devaient s’améliorer.  Il est à noter que la croissance entre les deux prélèvements est limitée de moitié par rapport aux autres années. Ensuite, le niveau de richesse qui est de 21° est extrêmement élevé comparé à 18° habituellement, ce niveau élevé gonfle le rendement, mais il demeure artificiel, la betterave est «déshydratée». 

Betteraves fragilisées

Ces conditions climatiques extrêmes ont fragilisé la betterave en créant un stress physiologique, ce qui a favorisé le développement des bioagresseurs comme le charançon ou la teigne qui provoquent des dégradations sanitaires des racines tel que le rhizopus qui finit par pourrir la betterave. Les conséquences seront directes, d’une part sur les exploitations avec une baisse de rendement et donc une baisse des revenus et aussi par une baisse de la production de pulpes.
D’autre part, sur l’activité des sucreries avec un impact sur la durée de la campagne et sur les volumes de sucre alcool, éthanol, conséquence aussi sur la cadence des usines qui risquent d’avoir des difficultés à l’extraction de ces sucres. 

Dates de démarrage de campagne décalées

En conséquence de tout cela, les dates de démarrage seront décalées, en moyenne, les usines prévoient de démarrer  entre le 24 septembre et le 8 octobre avec des campagnes prévues pour 100 jours au lieu de 120-130 jours habituellement.  Les plannings de mise à disposition des betteraves sont en cours de révision. Les sucreries sont actuellement en train d’annoncer aux «repreneurs» de pulpes une réduction des volumes.  Concernant les arrachages, les averses de ces derniers jours  (pas partout) vont faciliter le travail des machines de récolte, sachant que dans beaucoup de cas le sol est humide sur 10 cm environ et s’il ne pleut pas davantage, il subsiste un risque de casse des racines et donc de perte plus importante. De plus la petite taille des racines va générer des pertes autant à l’arrachage qu’au déterrage des silos, les conducteurs de machines de récolte et de déterrage devront être attentifs à l’optimisation des réglages pour limiter ces pertes.
En lien avec les risques rhizopus, les silos seront sensibles à la conservation, pour cela il est impératif que le planteur connaisse l’état sanitaire de sa parcelle si le risque est avéré, le planteur doit prévenir sa sucrerie.
La CGB Oise est pleinement associée au comité départemental d’accompagnement de l’agriculture Canicule - Sécheresse - Incendies (CASI) mis en place  et a rencontré le préfet dès la fin du mois de juillet. Lors de cette rencontre, le syndicat betteravier a insisté, au côté associations spécialisées "grandes cultures" de la FNSEA, à la ministre de l'Agriculture un accompagnement des agriculteurs compte tenu des difficultés.

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