Rouge des près
À 9 ans, Neptune monte enfin sur le podium du Space
Doyenne du concours national Rouge des prés à Rennes, Neptune a décroché la troisième place chez les vaches adultes. Son fils Unix, né à la ferme de la Cense et vendu à trois mois, a été sacré grand champion mâle le même jour. Pour Mélanie et Jean-Baptiste Fourdraine, éleveurs à Allonne dans l’Oise, la journée du 15 septembre a eu une saveur particulière.
Doyenne du concours national Rouge des prés à Rennes, Neptune a décroché la troisième place chez les vaches adultes. Son fils Unix, né à la ferme de la Cense et vendu à trois mois, a été sacré grand champion mâle le même jour. Pour Mélanie et Jean-Baptiste Fourdraine, éleveurs à Allonne dans l’Oise, la journée du 15 septembre a eu une saveur particulière.
Ce mardi-là, 74 animaux ont défilé sur le ring du Space pour le concours national de la race. Chez les vaches adultes, Neptune a terminé derrière Richesse, de Julie Douet (Maine-et-Loire), et Ospace, de l’EARL Le Plessy Oris. Elle représentait l’élevage de Jean-Baptiste Fourdraine, seul élevage picard présent au salon.
Une bonne vache avant d’être une belle vache
On n’entre pas au Space sur la seule foi d’une jolie silhouette. Les places y sont limitées et la sélection se fait sur des critères génétiques et de production, comme l’intervalle entre deux vêlages ou un index supérieur ou égal à 100 en ISERV et en IVMAT. «Une belle vache sans les bons index, ça ne sert à rien. Il faut les deux», résume Mélanie Fourdraine.
Neptune remplissait le cahier des charges. Elle a neuf ans, sept veaux à son actif, et elle était la plus âgée du concours. Elle ne porte pas le gène culard, cette hypertrophie musculaire que Mélanie compare à celle des bodybuilders. Les animaux porteurs sont plus ronds, et elle a pourtant rivalisé avec eux. «Elle n’a pas de gros défaut, mais pas de qualité éclatante non plus. Elle est complète et elle marche bien. J’en voudrais dix comme ça à la maison.» Mais les juges lui ont préféré une vache plus grande, au bassin plus large. Un choix «tout à fait entendable».
C’était la troisième venue de Neptune à Rennes, toujours avec son veau. Née sur la ferme, elle avait fini avant-dernière lors de son tout premier concours, à Metz. Elle a ensuite été sacrée championne jeune femelle issue d’insémination à Lamotte-Beuvron, puis championne nationale adulte dans cette même catégorie à Château-Gontier. Sa fille Ariane, présentée cette fois à Rennes, a fini avant-dernière de sa catégorie. «Comme sa mère à ses débuts. Elle montera peut-être dans le classement.»
Un déplacement qui coûte cher
Pourquoi s’imposer ces frais ? «D’abord pour se faire connaître, on ne va pas se mentir.» Aller au Space prouve aussi qu’on travaille dans le bon sens. Il y a ensuite l’argument commercial. Un veau qui accompagne sa mère sur le ring attire les acheteurs, et il se vend plus cher qu’un broutard classique.
Mais le salon a un coût. Il faut louer un gîte pour plusieurs nuits, payer les repas de midi et préparer les bêtes. Il faut aussi présenter des analyses sanitaires (IBR, BVD, besnoitiose), «une liste longue comme le bras». Mélanie comprend que certains éleveurs renoncent. S’y ajoutent les kilomètres : cinq heures et demie de route pour Rennes, autant pour Metz, alors que les comices se succèdent presque chaque week-end dans les Pays de la Loire. Un concours à Paris ne représenterait que deux heures de trajet mais encore faut-il être sélectionné.
La Cense s’appuie aussi sur sa page Facebook, où les demandes de génisses et de jeunes mâles arrivent régulièrement. Bikini, un petit mâle sans cornes, part dans l’Aisne. Astérix, au profil plus charnu, est parti dans le Pas-de-Calais. Un autre veau, Bélénos, le fils de Neptune, intéresse un éleveur, à condition qu’un prélèvement de cartilage à l’oreille le déclare non porteur du gène culard.
Reste Unix, grand champion mâle pour l’EARL du Ronceray, en Sarthe. Il est né à la Cense, fils de Neptune. Les Fourdraine l’ont vendu à trois ou quatre mois, au national de Château-Gontier. «Michel David, qui lavait ses vaches non loin, l’a vu descendre du camion, puis a attendu de voir sortir la mère avant de venir proposer un prix.» Plusieurs acheteurs se sont présentés ensuite, mais il était le premier. «On n’a pas cherché à spéculer. Il s’était engagé en premier, c’était à lui», raconte Mélanie.
De deux génisses à un troupeau
L’histoire de la Cense est récente. Jean-Baptiste, céréalier installé depuis 2008, a acheté deux génisses pleines en 2015, «pour faire plaisir» à Mélanie. Les premiers animaux viennent du berceau de la race, dans le Maine-et-Loire. «Autant en nourrir cinq que deux», a-t-il pensé. Il a donc racheté quatre autres génisses l’année suivante, et les premiers veaux sont nés en 2016. Mélanie, elle, travaille à l’extérieur, comme responsable du pôle agricole du centre de formation d’Airion. Elle siège aussi comme administratrice à l’OS Rouge des prés. «Sinon, je passerais mes journées avec les vaches, sourit-elle. Mais aujourd’hui, c’est Jean-Baptiste qui a le plus de mal à voir partir une bête.»
L’exploitation compte 92 hectares et le troupeau vit en autonomie alimentaire. Les vaches mangent du foin, de la luzerne enrubannée, de l’orge et des pois aplatis. Les veaux restent souvent dehors, sans granulés. Tout se fait par insémination, et Mélanie prend plaisir à comparer les index de chaque vache et des taureaux possibles, puis à composer ses accouplements. Elle a ainsi choisi de croiser Neptune avec un taureau porteur du gène culard.
Quant à la mauvaise réputation de la race au vêlage, les Fourdraine la contestent. En onze ans, ils n’ont jamais fait de césarienne. «Le vétérinaire est intervenu deux ou trois fois, pour des jumeaux et un veau présenté par l’arrière. Les gros os, c’était vrai il y a trente ans. Plus aujourd’hui.»
La prochaine sortie est déjà fixée. Fin octobre, Agathe défendra les couleurs de la ferme de la Cense à Agrimax, à Metz, qui se tient du 28 au 30 octobre. C’est la génisse de la nièce de Mélanie, qui s’est occupée des vaches pendant tout le Space. Sa mère, Sarah, avait fini deuxième des génisses à Château-Gontier. «Agathe n’est pas la plus jolie du troupeau, concède Mélanie. Mais elle est très docile.»
Le SPACE 2026 en chiffres
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- 1.019 exposants dont 1/3 d’internationaux
- 5.7 millions de vues sur les réseaux sociaux depuis le 1er juin 2026. Augmentation des interactions en hausse de 104 %. Ces chiffres confirment la forte visibilité digitale de cette édition.