Syndicalisme
Accord UE-Mercosur : l'Est de la Somme en opération coup de poing à Péronne
L'annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de vouloir passer en force pour appliquer le traité de libre-échange avec le Mercosur sans attendre le vote du Parlement, a ravivé la flamme de la contestation.
L'annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de vouloir passer en force pour appliquer le traité de libre-échange avec le Mercosur sans attendre le vote du Parlement, a ravivé la flamme de la contestation.
Ce lundi 2 mars, une trentaine de Jeunes agriculteurs de l'Est de la Somme ont manifesté leur opposition en ciblant deux grandes enseignes de la zone commerciale de Péronne : Leclerc en premier lieu, puis Intermarché. Comme l’expliquait Pierre-Emmanuel Paux, président des JA de Péronne, cette opération qui se voulait pacifique «sans dégradations», avait pour but de sensibiliser les consommateurs à l’origine des produits qu’ils achètent et «montrer notre mécontentement.»
La veille, après l'annonce de la présidente de la Commission d’un passage en force, les mêmes agriculteurs avaient rallumé les «feux de la colère» sur des ronds-points. Lundi soir, si le message restait le même —, dénoncer une concurrence déloyale qui menace, selon eux, la pérennité de leurs exploitations — c’est la forme de la mobilisation qui changeait avec une visite surprise dans plusieurs magasins.
Opération étiquetage chez Leclerc et Intermarché
Certains en tracteurs, les manifestants ont tout d'abord convergé vers l'hypermarché Leclerc, avenue des Australiens. Sur place, après une discussion avec la direction de l’enseigne, les JA ont procédé à une opération de communication «coup de poing» à base d’étiquetage des produits importés et de remplissage de caddies avec des denrées venues de loin.
Une réponse au «discours provocateur»
Le choix de l'enseigne Leclerc n'est pas le fruit du hasard. Pour Florian Delplanque, agriculteur à Bray-sur-Somme, «on a choisi cette enseigne par rapport au discours provocateur du grand patron», explique-t-il. Ce grand patron, qualifié par les agriculteurs de «pro-Mercosur», n’est autre que Michel-Édouard Leclerc qui s'était étonné il y a quelques semaines du manque de soutien de certains «patrons» vis-à-vis du traité, affirmant qu'en privé, nombre d'entre eux le jugeraient pourtant nécessaire. Après une heure de mobilisation, le cortège s'est déplacé à quelques centaines de mètres, vers l'enseigne Intermarché, pour réitérer la même démonstration et interpeller les consommateurs sur l'origine des produits qui garnissent leurs assiettes.