Futur jeune agriculteur
Alexandre Lombart aimerait compter ses moutons
À seulement 20 ans, il ne projette pas encore en chef d’exploitation, mais s’est découvert une passion pour les ovins, bien loin de l’élevage familial de volailles hors-sol à Grumesnil (76), en bordure de Seine-Maritime et d’Oise.
À seulement 20 ans, il ne projette pas encore en chef d’exploitation, mais s’est découvert une passion pour les ovins, bien loin de l’élevage familial de volailles hors-sol à Grumesnil (76), en bordure de Seine-Maritime et d’Oise.
Ses parents ont quitté le Nord pour s’installer à Grumesnil (76) où ils ont développé un élevage de volailles hors sol : poulets, dindes, canards, volailles festives... qu’ils commercialisent vivantes sur place, sur les marchés en semi-gros.
Depuis tout petit, Alexandre se voyait dans un métier de l’agriculture ou chauffeur routier. « Après le collège, je suis allé à la Maison familiale et rurale de Saint-Sulpice où j’ao passé mon CAP puis un bac pro CGEA (conduite et gestion des exploitations agricoles)», raconte le jeune homme. Il passe ses deux diplômes en apprentissage : le CAP chez Frédéric Dubos, son voisin éleveur laitier, puis le bac pro chez Pierre Saelens, exploitant en grandes cultures dans la Somme.
Sitôt son bac en poche, il reste chez Pierre Saelens qui l’embauche comme salarié agricole pendant une année. Puis il partage son temps de travail chez un autre exploitant de la Somme, Emmanuel Farcy, en périodes alternées chez l’un et chez l’autre. « J’apprends beaucoup de choses chez mes deux employeurs. Chez l’un, je fais beaucoup de manutention car il est producteur de plants de pommes de terre, mais élève également une centaine de vaches allaitantes. Chez l’autre, c’est de la pomme de terre de consommation et des grandes cultures », ajoute-t-il.
Nouvelle passion
Lors de son apprentissage chez Frédéric Dubos, Alexandre Lombart fait la connaissance d’un autre jeune, Grégory Cauchois, d’Omécourt, également salarié agricole. «Il avait des moutons et il a su me transmettre sa passion, cela m’a donné envie d’avoir un troupeau.»
Il achète ses premières brebis juste après son baccalauréat et, depuis, augmente petit à petit sa troupe pour arriver aujourd’hui à une vingtaine de brebis et un bélier. Les animaux sont accueillis dans une pâture d’un hectare et demi que ses parents possèdent à Grumesnil et sur laquelle un petit bâtiment est construit.
«En plus, j’ai un grand terrain de 1.900 m2 et un appenti autour de la maison que j’ai achetée à Lignières-Châtelain, entre mes deux employeurs.»
Le cheptel, de race croisée Île-de-France et Texel, avec quelques exemplaires issus de Suffolk, est nourri à l’herbe jusqu’à octobre-novembre, puis au foin ou à l’enrubannage pendant l’hiver. Les agneaux reçoivent un aliment composé acheté. Alexandre assure lui-même les soins vétérinaires (vaccins et vermifuge notamment) et la tonte. Les mâles sont vendus à des particuliers et Alexandre Lombart garde les femelles pour augmenter son troupeau.
«Je suis quand même limité en surface de bâtiments et de pâture pour accroître le nombre de brebis. J’aimerais arriver à une quarantaine d’ici 5 ans», confie le jeune salarié qui souhaite conserver son statut actuel.
S’installer ?
Ses parents n’ont pas l’âge de la retraite et, de toute façon, il ne se voit pas reprendre l’élevage de volailles vivantes. «J’aimerais m’installer dans une quinzaine d’années, pas avant. D’ici là, je continue chez mes patrons et je fais aussi du bois avec un ami pour le vendre. Peut-être que je pourrais aménager les bâtiments à volailles de mes parents pour y mettre des moutons. En tout cas, d’un point de vue sanitaire, ce n’est pas possible que les deux espèces se côtoient. Pour les volailles, les consignes sanitaires sont très pointilleuses, notamment à cause de la grippe aviaire. On ne pénètre pas dans les bâtiments comme cela. Avoir des moutons à côté n’est vraiment pas souhaitable», explique Alexandre.
Mais il imagine que les bâtiments pourraient être transformés et adaptés à la production ovine. Il se rêve à la tête d’un troupeau de 500 brebis, avec une commercialisation plus organisée, par exemple avec Nat’Up qui a développé des filières, Label Rouge, Bleu Blanc Cœur, Agneaux de nos régions avec les magasins Intermarché et des agneaux qualité Carrefour.
Compter les moutons, un cauchemar pour les insomniaques, un rêve pour le jeune Alexandre.
Dès son entrée en CAP, avec son ami Grégory Cauchois, Alexandre Lombart est entré comme adhérent à JA Songeons. Depuis quelques années, il est devenu vice-trésorier de la structure cantonale. Il apprécie particulièrement cet engagement : «C’est l’occasion de faire de nombreuses rencontres et de se tenir au courant de l’actualité agricole régulièrement au travers des réunions. J’aime beaucoup l’ambiance et je me créée de beaux souvenirs.»
Car le canton de Songeons est très actif et organise la foire de Songeons qui aura lieu cette année le 13 septembre.
«Comme j’aime beaucoup la mécanique agricole, je m’occupe des vieux tracteurs qui seront exposés lors de la journée», précise Alexandre. Il a participé à la fête de la rose de Gerberoy où les JA sont responsables du parking, il est allé manifester à Bruxelles pendant deux jours contre l’accord Ceta, «un souvenir incroyable, de belles rencontres avec d’autres jeunes» et s’impliquera en 2027 pour l’autre événement organisé au niveau départemental par JA Oise, Campagne en fête. «Surtout que l’année prochaine, l’édition devrait se tenir dans le secteur de Songeons. Autant dire que le canton sera en première ligne !»