À Attin, une panne de chaudière à la sucrerie stoppe provisoirement les arrachages de betteraves
Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs de suspendre temporairement les arrachages, le temps de rétablir le fonctionnement de l’usine. Un nouveau point est annoncé dans les 36 heures.
Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs de suspendre temporairement les arrachages, le temps de rétablir le fonctionnement de l’usine. Un nouveau point est annoncé dans les 36 heures.
Depuis jeudi 8 octobre au matin, la sucrerie Tereos d’Attin tourne au ralenti à la suite d’une panne de chaudière. Le service agricole a demandé aux planteurs de suspendre temporairement les arrachages « afin de préserver la qualité et la conservation des betteraves ».
Une intervention était en cours jeudi matin pour tenter de rétablir la situation. Tereos doit faire un nouveau point dans les 36 heures. En partant du jeudi matin, cela nous amène donc à vendredi soir.
Pour les planteurs, la question est évidemment de savoir combien de temps les chantiers devront rester à l’arrêt et comment les enlèvements seront réorganisés une fois l’usine remise en fonctionnement.
Sans vapeur, pas de sucrerie
Une chaudière est un équipement central dans une sucrerie. Elle produit la vapeur utilisée pour fournir la chaleur nécessaire aux différentes étapes de fabrication du sucre.
Après leur arrivée à l’usine, les betteraves sont lavées puis découpées en fines lamelles, les cossettes. Le sucre en est extrait avec de l’eau chaude. Le jus obtenu doit ensuite être épuré puis débarrassé progressivement de son eau dans les évaporateurs, avant de passer à la cristallisation.
C’est à ce stade que la vapeur produite par la chaudière joue un rôle essentiel : elle fournit l’énergie thermique nécessaire pour concentrer le jus et poursuivre le processus de fabrication.
La vapeur n’est d’ailleurs pas simplement « consommée ». Dans une sucrerie, elle circule dans différents ateliers et peut être récupérée et réutilisée pour limiter les besoins énergétiques de l’ensemble du site.
Tereos a justement investi à Attin dans l’amélioration de ce fonctionnement, avec notamment de nouveaux évaporateurs et des équipements de recompression mécanique de vapeur. L’objectif est de récupérer davantage d’énergie au cours du procédé et de réduire la consommation du site.
Pourquoi arrêter les arrachages ?
Si l’usine ne peut plus transformer normalement les betteraves, il faut éviter de continuer à en faire arriver sur le site.
Une betterave arrachée doit être stockée dans de bonnes conditions. Plus elle attend avant d’être transformée, plus elle risque de perdre du sucre et de se dégrader. C’est donc la raison donnée par le service agricole pour demander aux planteurs de patienter.
La situation est d’autant plus surveillée que la campagne 2026 est déjà compliquée chez Tereos. Le groupe indiquait au 6 octobre un rendement moyen de 54,52 tonnes nettes par hectare, soit 63,88 tonnes à 16 % de richesse, avec près de 2 300 hectares écartés, notamment en raison de parcelles touchées par le rhizopus.
Pour l’heure, la priorité est donc à la remise en route de la chaudière. Le prochain point de Tereos, attendu vendredi, devrait permettre de savoir si les arrachages peuvent reprendre rapidement ou si la panne va perturber plus durablement le planning de campagne.