Industrie
Avec le GIEE du Santerre, l’eau potable à la loupe
En mai 2023, Mousline, le Siep (Syndicat intercommunal d’eau potable) du Santerre et quatorze producteurs de pommes de terre ont créé un GIEE (Groupements d'intérêt économique et environnemental) avec pour fil rouge la préservation de la qualité de l’eau. Rencontre avec son président, Louis Lebrun.
En mai 2023, Mousline, le Siep (Syndicat intercommunal d’eau potable) du Santerre et quatorze producteurs de pommes de terre ont créé un GIEE (Groupements d'intérêt économique et environnemental) avec pour fil rouge la préservation de la qualité de l’eau. Rencontre avec son président, Louis Lebrun.
Voisin de l’usine Mousline, le captage d’eau de Caix fait partie des captages retenus comme prioritaires dans la Somme «au regard de leur teneur en substances sensibles, nitrates et traces de pesticides», décrivent les services de l’État. Un sujet sensible que l’usine et quatorze de ses producteurs, soutenus par le syndicat d’eau de Rosières-en-Santerre (Siep), ont décidé de prendre à bras-le-corps. «Depuis mai 2023, pour une période de neuf années, nous sommes réunis au sein du GIEE (Groupements d'intérêt économique et environnemental) du Santerre. Avec la Chambre d’agriculture de la Somme, nous menons des essais pour aller vers des techniques plus résilientes», résume Louis Lebrun, installé à Herleville et président de ce GIEE. Lui qui a toujours été animé par les essais en est convaincu : «travailler collectivement fait avancer les choses. Préserver la qualité de l’eau va de pair avec la préservation des sols, donc de la production de pommes de terre… Et donc de notre revenu.»
Trois principaux axes sont travaillés dans ce GIEE. Le premier est le levier variétal. «Nous avons testé 65 nouvelles variétés en trois ans, avec des critères de rendement, de matière sèche, de sensibilité aux maladies, de résistance aux stress et de passage usine», précise Romaric Ruin, responsable du service agricole. Le deuxième levier porte sur la fertilisation. «On mène des essais sur les doses, la localisation, les dates d'apport.» Enfin, le sujet du stress hydrique est étudié. «On évalue les dates d'apport de l’eau, la quantité, son efficience…»
Une variété, un itinéraire technique
Ce 1er juillet, Louis Lebrun nous accueille dans une parcelle de Prada, une variété plutôt destinée au marché du frais, assez précoce. Elle est conduite en irrigué et en non irrigué, pour pouvoir comparer son développement en conditions sèches et en conditions humides. «Pour Mousline, le rendement en matière sèche prime sur la tonne par hectare», rappelle Romaric Ruin.
Cette mesure de tolérance au déficit hydrique permettra de mieux adapter les recommandations selon la réserve utile des sols et les possibilités d'irrigation. Les premiers retours confirment que les différences variétales sont importantes et qu'elles doivent être davantage intégrées dans les itinéraires techniques.