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Blé tendre : l’origine France toujours très demandée

FranceAgriMer a revu à la hausse de 200 000 t les exportations françaises vers les pays tiers pour la campagne 2019-2020.

Égypte et Maroc sont des destinations privilégiées du blé français, avec des volumes qui influencent favorablement 
l’état des stocks.
Égypte et Maroc sont des destinations privilégiées du blé français, avec des volumes qui influencent favorablement
l’état des stocks.
© J.-C. Gutner



La France devrait exporter 12,2 millions de tonnes (Mt) vers les pays tiers au cours de la campagne commerciale 2019-2020, selon les prévisions de FranceAgriMer au 11 décembre. C’est 200 000 tonnes (t) de plus que lors de la précédente estimation, le 13 novembre. Ce dynamisme à l’export est illustré par l’achat par l’Égypte, le 10 décembre, de 120 000 t origine France, ce qui porte les ventes françaises au Gasc, l’organisme étatique d’achat, à 540 000 t depuis le 1er juillet. Les besoins du pays, premier importateur mondial de blé tendre, sont estimés à 12,5 Mt par FranceAgriMer d’ici au 30 juin 2020. À ce rythme, les ventes françaises au Caire pourraient approcher 1 Mt en fin de campagne.

Partenariat renforcé avec le Maroc
L’autre bonne nouvelle vient du Maroc. Le royaume chérifien, fortement impacté par la sécheresse cette année, a ouvert un quota d’importation origine UE de 633 000 t jusqu’à fin janvier 2020. La France se taille pour l’instant la part du lion. Près de 230 000 t de blés français avaient déjà pris le chemin du Maroc au 31 octobre (le chiffre au 30 novembre n’a pas encore été communiqué par FranceAgriMer), soit 35 fois plus que l’an passé à la même date. L’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses du Maroc (ONICL), France Export Céréales et FranceAgriMer ont renouvelé le 26 novembre l’accord de coopération qui les lie depuis 2010. En près de dix ans, ce partenariat s’est traduit, souligne FranceAgriMer, «par des actions liées à la connaissance et au suivi des marchés, aux renforcements des compétences du laboratoire d’analyses des céréales de l’ONICL, à des échanges techniques et, encore, à des formations liées à la manutention, au stockage et à la conservation des céréales». L’organisme public n’a pas modifié les autres postes du bilan en dehors du chiffre export pays de l’Union européenne (UE) ajusté à la baisse de 80 000 t à 8,36 Mt. Au final, le stock de blé tendre français, en fin de campagne, s’allégerait en un mois de 128 000 t à 2,41 Mt.

Stock record d’orges
Pour le blé dur, FranceAgriMer prévoit désormais un stock de report, très faible, de 56 000 t
(- 30 000 t en un mois). Les exportations vers l’UE et les pays tiers ont été revalorisées (respectivement de 30 000 t à 980 000 t et de 20 000 t à 220 000 t). Les utilisations par les fabricants d’aliments du bétail sont, en revanche, prévues en baisse (-10 000 t à 10 000 t). Après cinq mois de campagne, la France s’est également bien positionnée sur le marché international des orges. FranceAgriMer table en fin de campagne sur des exportations vers l’UE de 3,61 Mt (- 10 000 t). Les expéditions vers les pays tiers sont maintenues à 3,5 Mt. Les autres postes du bilan sont également inchangés d’un mois sur l’autre. On s’orienterait vers un stock de report record de 2,15 Mt, supérieur de 18 000 t au chiffre avancé en novembre.
En ce qui concerne le maïs, les prévisions de FranceAgriMer laissent entrevoir un stock final de
2,12 Mt, en diminution de 98 000 t en un mois. Les prévisions de collecte sont en baisse de 179 000 t à 10,23 Mt. L’export reste dynamique avec des prédictions de ventes vers l’UE corrigées à la hausse (+ 80 000 t à 3,85 Mt) et inchangées vers les pays tiers à 130 000 t.

Céréales et colza d’hiver en net repli
Les premières estimations de semis de céréales et de colza d’hiver pour la récolte 2020, établies par le ministère de l’Agriculture, font apparaître un fort recul de ces cultures pour la prochaine récolte. La surface totale atteindrait 6,55 Mha, soit une baisse de 5 % sur 2019 et de 7,8 % sur la dernière moyenne quinquennale. La surface de blé tendre, estimée à 4,73 Mha, reculerait de 4,8 % sur 2019 et de 5,6 % sur la moyenne quinquennale. Le recul du blé dur se poursuivrait à hauteur de - 7,5 % sur 2019, la superficie tombant alors à 225 000 hectares. L‘orge d’hiver, à 1,25 Mha, reculerait de 4,3 % en un an et de 9,2 % sur les cinq dernières récoltes. Le recul le plus important concernerait le colza, avec - 4,9 % sur l’an dernier, mais - 26,8 % en cinq ans, la surface totale s’affichant 1,05 Mha. Il faut néanmoins considérer avec réserve ces premiers chiffres, car ils ont été élaborés dans un contexte perturbant considérablement les semis. Par ailleurs, le ministère a apporté quelques modifications à ses estimations de production des grandes cultures pour l’actuelle campagne, qui ne modifient pas significativement les statistiques publiées début novembre.

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