Syndicalisme
Budget de la PAC : la FNSEA et les JA mettent Emmanuel Macron face à ses engagements
À la veille du sommet européen du 15 octobre, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs demandent au président de la République de défendre un budget de la Politique agricole commune au moins maintenu en euros courants, inflation comprise. La première architecture budgétaire envisagée prévoit une baisse d’environ 13 % pour la France.
À la veille du sommet européen du 15 octobre, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs demandent au président de la République de défendre un budget de la Politique agricole commune au moins maintenu en euros courants, inflation comprise. La première architecture budgétaire envisagée prévoit une baisse d’environ 13 % pour la France.
Le budget de la prochaine Politique agricole commune (PAC) s’invite dans les discussions entre chefs d’État et de gouvernement européens. Dans un communiqué publié le 14 octobre, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs annoncent avoir écrit à Emmanuel Macron pour lui rappeler son engagement : « pas un euro ne doit manquer à la Politique Agricole Commune ».
Les deux syndicats attendent du président de la République qu’il défende cette ligne lors du sommet européen du 15 octobre à Bruxelles. Ils s’inquiètent de la première architecture budgétaire envisagée, qui ferait perdre à la France environ 13 % de son enveloppe PAC.
« Un scénario totalement incohérent au regard des conditions climatiques, économiques et géopolitiques actuelles », estiment-ils. Pour les organisations agricoles, une telle baisse serait difficilement compatible avec les besoins des exploitations, alors que les agriculteurs doivent investir, adapter leurs systèmes de production et faire face aux conséquences du changement climatique.
« Faire plus avec moins, ça ne tient pas ! »
La FNSEA et Jeunes Agriculteurs refusent que les ambitions affichées en matière de souveraineté alimentaire se traduisent par une réduction des moyens accordés aux producteurs. « Faire plus avec moins, ça ne tient pas ! », résument-ils dans leur communiqué.
La sécheresse estivale de 2026, qui a touché les différentes productions agricoles, renforce selon eux la nécessité de disposer d’une PAC suffisamment dotée pour accompagner les exploitations et les filières. Les syndicats mettent également en avant les enjeux géopolitiques et la capacité de l’Union européenne à assurer son approvisionnement alimentaire, tout en continuant à répondre aux besoins des pays dépendants de ses exportations.
Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, appelle directement Emmanuel Macron à prendre ses responsabilités. « On ne peut pas demander aux agriculteurs européens de relever le défi de la souveraineté alimentaire et, dans le même temps, réduire les moyens de la PAC. C’est une contradiction que nous refusons. » Et d'ajouter : « Le 15 octobre, la France doit défendre une ambition agricole européenne à la hauteur de ce que nous sommes en droit d’attendre de l’Europe. Emmanuel Macron doit prendre toute sa place dans ce combat. »
Le renouvellement des générations en ligne de mire
Au-delà du niveau global des aides, Jeunes Agriculteurs réclame une place significative pour l’installation et le renouvellement des générations dans la future politique agricole commune. Le syndicat estime que les moyens consacrés à cet enjeu doivent être à la hauteur du défi démographique auquel l’agriculture européenne est confrontée.
« Le président de la République a l’occasion d’être au rendez-vous de l’histoire », déclare son président, Jocelyn Dubost. Il défend un budget capable de « soutenir encore l’acte de production, redonner des perspectives claires aux futurs installés, et relever le défi du changement climatique ».
Pour les deux organisations, l’enjeu est donc autant budgétaire que politique : elles demandent à Emmanuel Macron de défendre une PAC dont les moyens soient au minimum maintenus, inflation comprise. Une exigence qui vise à préserver les capacités de production françaises et européennes, mais aussi à donner aux agriculteurs les moyens d’investir et aux futurs installés des perspectives suffisamment solides pour s’engager dans le métier.