Aménagement du territoire
Canal Seine-Nord Europe : tensions avant une « méga manif » d’opposants ce samedi
Une manifestation contre le Canal Seine-Nord Europe, annoncée pour le samedi 11 juillet entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-Bac, place les services de l'État en état d'alerte. Face au refus des organisateurs de modifier leur parcours, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont pris plusieurs arrêtés visant à sécuriser le secteur et à protéger les chantiers, les riverains et les exploitations agricoles.
Une manifestation contre le Canal Seine-Nord Europe, annoncée pour le samedi 11 juillet entre Oisy-le-Verger et Aubencheul-au-Bac, place les services de l'État en état d'alerte. Face au refus des organisateurs de modifier leur parcours, les préfets du Nord et du Pas-de-Calais ont pris plusieurs arrêtés visant à sécuriser le secteur et à protéger les chantiers, les riverains et les exploitations agricoles.
La tension monte à l'approche d’une mobilisation prévue ce samedi 11 juillet contre le Canal Seine-Nord Europe (CSNE). Déclarée en mairie le 6 juillet, la mobilisation prévoit de réunir près de 2 000 personnes entre 10 heures et 18 heures, au départ d'Oisy-le-Verger, avec un itinéraire passant notamment par Aubencheul-au-Bac.
Dès le dépôt de cette déclaration, les services de l'État indiquent avoir engagé des échanges avec les organisateurs afin d'adapter le parcours. L'objectif était de concilier « l'exercice de la liberté de manifester, constitutionnellement garantie, et les exigences de maintien de l'ordre public et de garantie de sécurité ».
Plusieurs itinéraires alternatifs ont ainsi été proposés afin d'éviter les emprises du chantier du Canal Seine-Nord Europe, les chemins agricoles en pleine période de moissons et les abords du canal de la Sensée, où des risques de chute ont été identifiés.
Mais selon les préfectures, « les organisateurs ont toutefois choisi de rejeter les propositions formulées, de maintenir leur proposition initiale et n'ont pas souhaité poursuivre les discussions ».
Des arrêtés pour protéger chantiers et exploitations agricoles
Face à cette impasse, les préfets du Nord, Bertrand Gaume, et du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, ont signé plusieurs arrêtés interdépartementaux.
Le dispositif prévoit notamment l'interdiction de manifester dans un périmètre défini autour des zones sensibles, l'interdiction du survol par drone, la création d'un périmètre de protection autorisant des contrôles de sécurité, l'interdiction de transporter des objets susceptibles de servir à des violences ou des dégradations, ainsi que des restrictions temporaires sur la navigation et le stationnement sur le canal de la Sensée.
Les représentants de l'État insistent sur le fait que ces mesures poursuivent « un objectif unique, à savoir préserver la sécurité de tous ».
Ils précisent qu'elles visent à protéger les habitants, les commerces, les entreprises, mais aussi « les agriculteurs, dont les exploitations et les parcelles se situent à proximité du parcours envisagé », dans un contexte marqué par un risque élevé d'incendie lié au début des moissons.
Les préfets maintiennent la porte ouverte
Malgré ces interdictions, les préfets assurent que le dialogue n'est pas rompu. Ils rappellent que les organisateurs peuvent encore, jusqu'au jour de la manifestation, proposer un itinéraire compatible avec les impératifs de sécurité.
Ils soulignent que « la liberté de manifester constitue un droit fondamental », mais qu'elle « doit pouvoir s'exercer dans le respect de l'ordre public, de la sécurité de chacun, de la protection des biens et de la tranquillité des riverains ». Un poste de commandement opérationnel commun aux départements du Nord et du Pas-de-Calais a été activé afin de coordonner l'ensemble du dispositif.
Un projet que l'État continue de défendre
En toile de fond, les préfets réaffirment leur soutien au Canal Seine-Nord Europe, qu'ils présentent comme « un projet structurant pour le territoire, porté par les collectivités, les élus locaux et la population ». Selon eux, cette infrastructure constitue « un levier majeur de développement économique, d'emploi, d'attractivité mais aussi de transition écologique pour les Hauts-de-France », notamment grâce au report d'une partie du transport de marchandises de la route vers la voie d'eau.