Politique
Canal Seine-Nord : le sénateur Demilly ne veut pas entendre parler d’un moratoire
Le sénateur de la Somme a vivement réagi, vendredi 23 octobre, à la proposition de loi de La France insoumise visant à suspendre pendant dix ans les travaux du canal Seine-Nord Europe. Un projet qu’il défend depuis ses années à la Région comme à l'Assemblée nationale, puis au Sénat et qu’il considère comme une chance pour le département.
Le sénateur de la Somme a vivement réagi, vendredi 23 octobre, à la proposition de loi de La France insoumise visant à suspendre pendant dix ans les travaux du canal Seine-Nord Europe. Un projet qu’il défend depuis ses années à la Région comme à l'Assemblée nationale, puis au Sénat et qu’il considère comme une chance pour le département.
Stéphane Demilly n’a pas apprécié la nouvelle. Vendredi 23 octobre, le sénateur de la Somme a réagi sur Facebook à la proposition de loi déposée par les députés de La France insoumise (LFI), qui veulent instaurer un moratoire de dix ans sur le canal Seine-Nord Europe. « Quelle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir cette semaine cette proposition de loi », écrit-il.
Pour l’élu, suspendre le chantier n’a pas de sens alors que les travaux sont engagés et que des moyens importants ont déjà été mobilisés. En guise d’illustration, il avance le chiffre de près de 1 000 personnes travaillant sur le projet, dont 132 en parcours d’insertion, ainsi que plus de 200 entreprises mobilisées sur une trentaine de chantiers. Parmi elles, une centaine seraient implantées dans la région. « Ce moratoire arrêterait un projet autorisé et engagé », déplore-t-il.
« Nous irons au bout ! »
Derrière cette réaction du sénateur de la Somme, ce sont deux visions du canal s’opposent. D’un côté, les députés Insoumis mettent en avant son coût, les conséquences environnementales du chantier et les terres agricoles concernées. Dans leur proposition de loi, ces députés demandent une suspension de dix ans pour réexaminer le projet.
Au Sénat, Stéphane Demilly défend, lui, une infrastructure qui doit permettre de transporter davantage de marchandises par voie d’eau et de limiter le recours aux poids lourds. Il y voit aussi une occasion de développer l’activité économique dans les Hauts-de-France. « Pendant que certains s’évertuent depuis des années à imaginer une Europe plus connectée, plus belle, plus vertueuse sur le plan environnemental en limitant le nombre de poids-lourds sur les autoroutes, certains passent leur temps à critiquer et à déconstruire… », écrit-il.
Un dossier qu’il défend depuis des années
Si Stéphane Demilly réagit aussi vivement, c’est que le canal est un dossier qu’il porte depuis longtemps. Avant son élection au Sénat, l’ancien député de la Somme a défendu le projet au cours de ses mandats parlementaires et régionaux : « Le canal Seine-Nord, chance historique pour le département de la Somme, a été le grand combat de ma vie d’élu régional et parlementaire », rappelle-t-il.
Pour la Somme, les retombées attendues ne se limitent pas au passage des péniches. Les plateformes logistiques et multimodales envisagées autour de Nesle et de Péronne doivent notamment permettre de développer des activités économiques et de créer des emplois. C’est aussi sur ces perspectives que repose une partie de l’argumentaire des partisans du canal.
Alors que la proposition de loi LFI demandant un moratoire de 10 ans a été rejetée en commission à l’Assemblée nationale le 21 octobre, son examen en séance publique est prévu le 29 octobre. Stéphane Demilly, lui, ne veut pas d’un nouveau débat qui conduirait à retarder le chantier. Dans son message, il termine par une citation attribuée à Albert Einstein et une pique à l’adresse de ses opposants, qu’il qualifie de « marchands de malheur ». Pour le sénateur, le cap reste une mise en eau du Canal Seine Europe en 2033.