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Maïs ensilage
Cette année, l’observation au champ reste indispensable

Dans la Somme, le 14 août, les maïs ensilage prélevés affichaient une moyenne de 31,5 % de MS. Cette matière sèche élevée s’explique en partie par le dessèchement de la plante lié au stress hydrique et par l’avancement de la maturité du grain. 

Juger de l’éclatement du grain avec la méthode du seau d’eau.
© Arvalis

Les prélèvements de matière sèche du maïs ensilage, réalisés conjointement avec Virtuoz, ont débuté ce vendredi 14 août dans le département de la Somme. Les plantes, soumises à un stress hydrique depuis plusieurs semaines et ayant subi un nouveau coup de chaud la semaine dernière, affichent une valeur moyenne de 31,5 % MS, avec des valeurs comprises entre 23 et 37 % MS. Cependant, ces niveaux de matière sèche ne traduisent pas toujours un grain arrivé au bon stade de maturité. En effet, en situation de stress hydrique, le dessèchement des feuilles et des tiges peut faire progresser rapidement la MS de la plante entière, alors que le remplissage du grain reste limité. 

Face à une grande hétérogénéité intra- et inter parcellaire, l’observation au champ est essentielle cette année afin de décider de la bonne date de récolte. Lorsque la plante présente encore des feuilles vertes au niveau de l’épi et au-dessus, il faut privilégier l’observation de la maturité du grain, avec une répartition indicative entre les différents stades : environ 1/3 laiteux, 1/3 pâteux et 1/3 vitreux. Cette observation doit cependant être considérée comme un repère et non comme le seul critère de décision. Le nombre de grains par épi, leur remplissage, l’état du feuillage et la capacité de la plante à poursuivre son remplissage sont également à prendre en compte. 
Une récolte trop précoce, avec un grain insuffisamment développé, fait perdre une partie du potentiel de rendement et de la teneur en amidon. À l’inverse, un maïs trop sec sera plus difficile à tasser et augmentera les risques de mauvaise conservation.
Cette semaine, certains chantiers d’ensilage ont démarré dans le département, avec une montée en puissance prévue la semaine prochaine et début septembre. Quelques précautions sont donc à prendre pour réussir son chantier d’ensilage.

Organisation du chantier
Il est recommandé de commencer par les parcelles les plus avancées en matière sèche. Le fourrage le plus sec pourra ainsi être placé en fond de silo, puis complété par des fourrages plus humides. Cette organisation facilite le tassement et permet également de récupérer une partie des jus des fourrages plus humides. Cette année, il sera important d’étaler les maïs par couche successive afin d’homogénéisé le fourrage et de distribuer à l’auge un fourrage régulier en composition. Le rythme du chantier doit également être adapté à la capacité de tassage. Il vaut mieux ralentir l’arrivée des bennes que de ne pas réussir à compacter correctement le fourrage.

Maîtriser la finesse de hachage pour une bonne conservation
Il n’y a pas de réglage unique de l’ensileuse : chaque exploitation présente des spécificités dont il faut tenir compte avant de démarrer le chantier de récolte. Pour un maïs récolté à un stade idéal, autour de 32 à 35 % MS, l’objectif est d’obtenir 8 à 10 mm de longueur de particules à l’auge, avec des grains correctement éclatés. La longueur de coupe théorique à l’ensileuse est généralement supérieure, de l’ordre de 10 à 17 mm, car les différents matériels de reprise et de distribution raccourcissent ensuite les particules.
Le réglage de la longueur de coupe dépend donc principalement de trois critères :
• Le matériel de reprise et de distribution ;
• La composition de la ration ;
• La matière sèche de la plante à la récolte.

Par exemple, une exploitation équipée d’une mélangeuse, avec une ration contenant 4 kg de soja, et récoltant une parcelle de maïs encore bien vert, estimée à 34 % MS, pourra s’orienter vers une longueur de coupe théorique autour de 12 mm.
En cas de récolte à surmaturité, la longueur de coupe devra être réduite, autour de 8 à 10 mm de longueur théorique, afin de faciliter le tassement et la conservation. Le jour du chantier, il est donc important de vérifier régulièrement la longueur des particules, notamment à l’aide d’un tamis, et de réajuster les réglages si nécessaire.

L’éclatement du grain : un point à ne pas négliger
Le grain représente près de 50 % de la matière sèche du maïs fourrage au stade de récolte. Il est donc primordial de maximiser la valorisation de l’amidon qu’il contient. Plus la maturité du grain est avancée et plus la proportion d’amidon vitreux augmente, plus l’éclatement doit être important pour favoriser la dégradation de l’amidon dans le rumen. Pour être correctement valorisés, les grains doivent être éclatés, voire fortement pulvérisés. Aucun grain entier ne devrait être retrouvé après le passage dans l’ensileuse. Le test de la bassine permet de vérifier facilement le niveau d’éclatement des grains directement sur le chantier :
• Verser 1 à 2 litres d’ensilage dans une bassine remplie d’eau ;
• Brasser et attendre quelques instants que les fragments de grains tombent au fond ;
• Retirer les particules de feuilles et de tiges qui flottent ;
• Vider délicatement l’eau ;
• Observer les grains restés au fond de la bassine.
L’objectif est de ne retrouver aucun grain entier. Si des grains entiers ou peu éclatés sont présents, le réglage de l’éclateur doit être revu.
Cette année plus que jamais, l’observation au champ est nécessaire : état du feuillage, présence et remplissage des épis, maturité du grain et teneur en MS. Le jour de la récolte, surveillez également la finesse de hachage, l’éclatement des grains et la qualité du tassage. Ces quelques vérifications permettent de sécuriser la conservation du silo et de mieux valoriser. N’hésitez pas à contacter un conseiller de la Chambre d’agriculture pour vous accompagner.

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