Aller au contenu principal

Conflit de voisinage
L'arrêt de cassation attendu en décembre pour Vincent Verschuere

Un arrêt de la Cour de cassation est attendu en décembre dans une affaire emblématique des procès pour «troubles anormaux de voisinage». En parallèle, des députés de la majorité veulent inscrire cette notion jurisprudentielle dans la loi pour «limiter les conflits».

L’éleveur Vincent Verschuere espère «obtenir une cassation pour défaut de base légale», selon son avocat, Timothée Dufour.
L’éleveur Vincent Verschuere espère «obtenir une cassation pour défaut de base légale», selon son avocat, Timothée Dufour.
© D. R.

La Cour de cassation s’est réunie, le 24 octobre, pour trancher sur l’arrêt de la cour d’appel d’Amiens rendu en mars 2022 condamnant un éleveur de l’Oise, Vincent Verschuere, à verser plus de 100 000 € de dommages et intérêts à des voisins pour «troubles anormaux de voisinage», a expliqué il y a quelques jours l’avocat de l’agriculteur, Timothée Dufour. La décision sera rendue début décembre. Les voisins du producteur de lait s’étaient plaints de nuisances après la construction d’un nouveau bâtiment sur son exploitation. L’éleveur espère «obtenir une cassation pour défaut de base légale», explique Me Dufour, car le jugement de la cour d’appel d’Amiens ne tient pas compte de la loi de 2021 qui introduit «les sons et les odeurs» dans le patrimoine sensoriel des campagnes. La Cour de cassation pourrait rendre dans cette affaire un «arrêt de principe» qui poserait une règle de portée générale s’appliquant aux cas similaires. «Le droit se doit d’accompagner les agriculteurs dans leur évolution professionnelle, dans leur agrandissement», estime Me Dufour.

 

Une PPL pour protéger les activités «préexistantes»

L’avocat a appuyé, entre autres, son argumentaire sur une proposition de loi visant à renforcer la protection des activités économiques préexistantes contre le reproche de «trouble anormal de voisinage». Déposée en juillet par le groupe Renaissance à l’Assemblée, cette proposition de loi vise à introduire «le principe de responsabilité fondée sur les troubles anormaux de voisinage» dans le Code civil. Mais aussi à inscrire dans la loi certaines exceptions, telle que «le respect de la législation en vigueur, une antériorité, ainsi que la poursuite de l’activité dans les mêmes conditions». 

La notion de «troubles anormaux de voisinage» est un principe jurisprudentiel : la définir dans la loi permettrait de «garantir une application homogène sur le territoire», considèrent les députés. Les conditions d’exception sont les mêmes que celles «posées actuellement» par la jurisprudence. L’objectif derrière cette proposition de loi est de «limiter les conflits de voisinage entre les nouveaux habitants du territoire et les acteurs économiques, culturels ou encore touristiques», notamment les agriculteurs, indique l’exposé des motifs. La proposition de loi avait été annoncée au Salon de l’agriculture par le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, qui prévoyait un examen fin 2023. Consultés lors de l’élaboration du texte, la FNSEA et Timothée Dufour souhaiteraient que la loi aille plus loin en prenant en compte «l’évolution de l’activité».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde