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Cop 21 : L’agriculture à l’honneur

Tous les pays réunis à Paris ont dit oui pour limiter le réchauffement climatique en deçà des deux degrés.

Cérémonie de clôture de la Cop 21. De droite à gauche : François Hollande, président de la République française ; Laurent Fabius, président de la Cop 21, ministre français des Affaires étrangères ; Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu.
Cérémonie de clôture de la Cop 21. De droite à gauche : François Hollande, président de la République française ; Laurent Fabius, président de la Cop 21, ministre français des Affaires étrangères ; Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu.
© Mark Garten/Onu

La quasi-majorité des acteurs engagés, ONG, entreprises et Etats considèrent le texte adopté comme un des meilleurs compromis possible entre les enjeux climatiques et la responsabilité inhérente de chaque pays concerné. Un accord politiquement contraignant à défaut de l’être juridiquement a mis en valeur l’important effort déployé par la diplomatie française qui s’est échinée à rendre ce succès possible. Le socle est donc bâti, le futur dira si ces engagements auront été suffisants.
Le secteur agricole n’est pas en reste et a pu démontrer sa forte implication à travers de multiples initiatives. A la fois co-responsable des émissions et principale victime, des solutions existent en son sol. Le projet 4 pour 1 000 en est le porte étendard et a servi de vitrine durant tout le déroulé de la Cop 21.
Cette étude de l’Inra, vieille de quinze ans et ressuscitée, a le double objectif de lutte contre le réchauffement et de la sécurité alimentaire, en ciblant la séquestration carbonique par le biais de nouvelles pratiques agricoles. Son engouement trouve un écho planétaire. Une centaine d’organisations et de pays ont d’ores et déjà signé la déclaration d’intention et des pays comme la Chine se disent intéressés.

Des efforts à tous les niveaux
Le secteur de la filière élevage aussi fait des efforts importants pour réduire sa contribution négative sur le climat. «Il y a un vrai travail entrepris dans la formulation des aliments, et en particulier sur le choix des matières premières», déclare Stéphane Radet du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA). Le coût carbone des aliments est causé à 89 % par la composition de ces matières premières. «Concernant la logistique, les tournées de livraisons d’aliments sont modifiées pour éviter au maximum les retours à vide», explique-t-il. La consommation énergétique des bâtiments d’élevage a, selon la source Tecaliman, baissé de 20 % entre 1985 et 2010. Chaque secteur à tous les maillons de la chaîne met en place des procédés d’amélioration.
Chez les producteurs d’engrais également, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est notoire. «Près de 75 % de baisse dans la production française (CO2 et N2O compris) depuis 2005», déclare Gilles Poidevin, délégué général de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa). L’instauration de catalyseur et de grillage à base de platine et de métaux semi-précieux ont éliminé quasi 100 % des rejets de protoxyde d’azote (N20) dans l’atmosphère. Par ailleurs, l’économie circulaire est promue dans le secteur des fertilisants avec plus d’un million de tonnes de produits qui sont issus du recyclage. Chez les semenciers, l’atténuation et l’adaptation sont de mise avec la recherche permanente de nouvelles variétés plus résilientes. L’exemple de la betterave symbolise ces avancées en matière de productivité, grâce aux progrès de la science.

Cop 21 : l’accord du 12 décembre, basé sur le volontarisme et une révision tous les cinq ans

L’accord obtenu le 12 décembre lors de la Cop 21 prévoit de limiter le réchauffement de la planète «bien en dessous de 2° C par rapport aux niveaux préindustriels» et de «poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C». Mais il ne s’agit que d’engagements volontaires sans dispositif contraignant. Jusqu’à présent, les engagements des pays qui se sont prononcés ne contribueraient à réduire ce réchauffement que de 3°. A partir de 2020, un processus de révision tous les cinq ans est prévu. De plus, les 100 milliards de dollars prévus pour être versés chaque année aux pays du Sud par ceux du Nord deviennent un plancher susceptible d’être relevé, mais sans qu’aucun engagement précis n’ait été fixé.

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