Aller au contenu principal

Nouvelles technologies
Le robot Farmdroid bouscule le désherbage des légumes

À Rouvroy-en-Santerre, Fabien Deguehegny et ses associés ont investi dans le robot autonome Farmdroid qui, cette année, sème et désherbe 10 ha d’oignons bio avec une précision centimétrique. Dans ce GIE de six fermes, la machine n’a pas remplacé les bras humains, mais elle change l’organisation du travail et le coût du désherbage, poste clé en agriculture bio.

Ce robot apporte une réponse partielle au manque de main-d’œuvre, puisqu’il allège ce poste d’environ 30 % pour Fabien Deguehegny et ses associés.
© Sana Terra

Voilà quatre ans que le robot Farmdroid est à l’œuvre chaque printemps au sein du GIE Les Sources du Santerre pour le semis d’oignons bio. Cette année, il en semait et désherbait 10 ha à Rouvroy-en-Santerre. Fabien Deguehegny, l’un des gérants en charge des surfaces bio, observe la machine avancer lentement dans la parcelle. «C’est un robot qui avance à peu près à 0,5 km/h. Il met environ quatre heures pour semer un hectare», explique-t-il. Une lenteur assumée, compensée par une précision redoutable.
Avant même que le robot n’entre en scène, tout se joue dans la préparation du sol. Pour obtenir une levée homogène des oignons, la terre doit être fine sur les premiers centimètres. «On a fait un labour d’hiver, puis un premier passage de vibroculteur et de herse rotative dix jours avant le semis pour faire germer les mauvaises herbes», détaille l’agriculteur. Un choix atypique pour la ferme : «Habituellement, on fait un labour de printemps, mais le sol est à peine assez portant pour le robot. On a donc testé le labour d’hiver pour trouver un compromis entre finesse et portance.» Après la destruction d’un couvert végétal à base de moutarde blanche et de féverole, la parcelle est prête à accueillir les graines. «On est sur un travail de précision : il faut une terre fine sur cinq centimètres, sinon le robot ne travaille pas correctement», insiste-t-il.

Le robot qui sème…et se souvient
Le FarmDroid ne se contente pas de semer. Il révolutionne surtout la manière de désherber. Les graines d’oignons sont déposées en poquets de six, tous les 16 cm. Une organisation pensée pour la suite. «Le robot sème et ensuite il désherbe. Il mémorise exactement où chaque graine a été déposée», explique Fabien Deguehegny. Grâce à son GPS embarqué, la machine revient ensuite au millimètre près pour intervenir entre les rangs… mais aussi sur le rang.
Une lame motorisée vient alors travailler entre les poquets sans déranger les jeunes plants. «Une graine équivaut à un oignon, donc potentiellement on a six oignons tous les 16 cm. Et malgré ça, les adventices trouvent toujours une place.» Sur cette culture particulièrement exigeante, le désherbage manuel reste donc incontournable. «On mobilise six personnes sur la parcelle pendant neuf semaines», précise l’agriculteur. Un effort humain conséquent, mais allégé : «Le robot nous fait économiser environ 30 % de main-d’œuvre. Sans lui, il faudrait une deuxième équipe pendant deux à trois semaines supplémentaires.» Le désherbage des oignons bio reste l’un des postes les plus coûteux en agriculture biologique, pouvant représenter jusqu’à plusieurs centaines d’heures par hectare.

Un chantier longmais optimisé
Le robot fonctionne environ 10 à 12 heures par jour, parfois la nuit si les conditions l’exigent. «Sur les 10 hectares, il faut environ 50 heures pour semer ou désherber l’ensemble», indique Fabien Deguehegny. Cette année, les conditions sèches ont facilité le travail. Mais l’automatisation ne dispense pas de surveillance. «Il faut quand même venir voir régulièrement. Il n’y a pas des capteurs partout. On peut avoir un bourrage ou un problème mécanique.» Le système envoie aussi des alertes : niveau de trémie, météo, pluie détectée… «On reçoit tout sur le téléphone. Mais rien ne remplace l’œil sur le terrain.»

Un investissement pensé sur cinq ans
Derrière cette innovation, le calcul économique est précis. Le robot coûte entre 80 000 et 100 000 € selon les configurations. Un investissement conséquent, mais jugé stratégique. «En bio, le gros facteur de coût, c’est la main-d’œuvre», rappelle le gérant. «On cherchait une solution pour réduire le désherbage manuel, qui peut représenter 200 à 400 heures par hectare.» L’amortissement est prévu sur cinq ans. S’ajoutent l’entretien des pièces d’usure, les abonnements logiciels et la gestion GPS. «On n’achète pas seulement une machine, mais une technologie complète.» Reste que ce système est limité à certaines cultures à petites graines comme l’oignon ou la betterave. Et son débit de chantier empêche encore une généralisation en grandes exploitations conventionnelles.

Une culture à fort enjeu économique
Ces oignons seront récoltés début septembre avant d’être stockés et commercialisés jusqu’au printemps suivant. Destinés au marché du frais, ils finiront en filets dans les rayons des supermarchés. Mais avant cela, il faudra encore des semaines de suivi, de désherbage et d’irrigation. «Sans eau, on ne fait rien. On termine de semer et on arrose dès demain», conclut Fabien Deguehegny.

Quel couvert avant une culture de légume bio ?
Pour le suivi technique des cultures et des rotations, Fabien Deguehegny et ses associés bénéficient des conseils techniques de leur coopérative, Sana Terra. Pour les oignons bio, le choix du couvert d’interculture est particulièrement important. «L’objectif principal est de maîtriser le salissement, les oignons étant une culture particulièrement difficile à désherber. Il assure une libération progressive de l’azote afin de maintenir la tenue du feuillage après la bulbaison, tout en ayant un effet anti-nématodes pour gérer les risques liés à ce pathogène», explique Grégoire Lesot, responsable technique. Pour maitriser le salissement, il recommande d’opter pour un mélange stratifié capable de couvrir efficacement le sol durant toute la durée du couvert. «La gamme Sana Terra 2026 propose des mélanges qui répondent à cet objectif :  le Sana Max, le Fixsol Stratimax et le I Sol Explorer Max. Concernant le relargage de l’azote, il convient de privilégier des mélanges riches en légumineuses, ce qui correspond à la plupart des mélanges de notre gamme. Enfin, pour la gestion des nématodes, le mélange Radiphaci, à la gamme depuis plusieurs années, est très apprécié de nos agriculteurs.»
Contactez Sana Terra à contact@sanaterra.fr pour recevoir le catalogue couverts végétaux 2026 ou pour être redirigé vers le technicien de votre secteur.

Grégoire Lesot, responsable technique chez Sana Terra : «le couvert doit avant tout permettre de maîtriser le salissement.»
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

groupement producteurs pommes de terre Clarebout SUGAF
Les producteurs français de pommes de terre livrant le groupe Clarebout/Simplot se regroupent

Le SUGAF, nouvelle association des producteurs français livrant le groupe Clarebout/Simplot, a été officiellement constitué.…

À Attin, une panne de chaudière à la sucrerie stoppe provisoirement les arrachages de betteraves

Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs…

webinaire UNPT pommes de terre contrats sécheresse
Pommes de terre : comment éviter le piège du déficit de volumes contractuels

Face aux difficultés de production que peuvent rencontrer les producteurs de pommes de terre cette campagne, l’Union nationale…

transport betteraves Tereos
Des camions de betteraves rappelés à l’ordre pour vitesse excessive

Des riverains de la rue de Montreuil, à Conchil-le-Temple (Pas-de-Calais), dénoncent la vitesse excessive de certains camions…

Sénatoriales : dans la Somme, trois sièges, sept listes et un scrutin très ouvert

Le 27 septembre, les grands électeurs de la Somme départageront sept listes pour trois sièges au Sénat. Si les trois sénateurs…

agrainage sangliers Aisne chasse
Agrainage du sanglier : ce que les chasseurs de l’Aisne en pensent

Consultés par référendum sur l’interdiction de l’agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février, 2 250 chasseurs…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde