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Artisanat
De la nature au mur, une autre façon de rendre les honneurs au gibier

À Grand-Rullecourt (62), Manon Daux a créé les Plumes de Lily, un atelier de fabrication d’objets de décoration en intégrant des restes d’animaux sauvages, et de plumes de gibier en particulier.

Lorsqu’il s’agit de donner une seconde vie au gibier qu’elle tue à la chasse, Manon Daux en connait un rayon… Le gibier, elle le traque, le cuisine et en utilise même les plumes et les poils pour en faire de jolis tableaux. Plumassière, c’est un nouveau métier qu’elle pratique assidument après une envie de «changer de vie». L’an dernier, elle a créé son autoentreprise de fabrication d’objets décoratifs à partir de plumes. L’idée ? «Pouvoir valoriser les plumes des animaux que l’on chasse plutôt que de les jeter et travailler depuis la maison», expliquait-elle fin octobre. Son autre motivation était aussi de réaliser des objets de décoration «originaux, qu’on ne trouve pas partout» pour les chambres de ses enfants – Lily, deux ans passés de quelques mois et Jules, né le 20 septembre dernier.

Plumes de gibier chassés… ou presque

Originaire de l’Est de la France, d’abord passionnée d’équitation – elle a suivi des études dans cette filière avant de bifurquer – Manon Daux ne compte aucun chasseur dans son cercle familial proche. Du côté de la famille de son conjoint, en revanche, «tous sont chasseurs». C’est donc en leur compagnie qu’elle pratique ce loisir. Plutôt «branchée» grand gibier, c’est grâce aux plumes qu’on lui rapporte qu’elle réalise ses tableaux, bijoux, couronnes… «Toutes les plumes que j’utilise viennent de la chasse…», détaille Manon. Deux exceptions toutefois : la mue du perroquet de la maison et les plumes de paon qui sont achetées.

Pour la maman de deux jeunes enfants, les journées sont longues, très longues… «La journée-type, c’est de 5h à 21h», assure la jeune femme. Si Manon est peu présente sur les réseaux sociaux «par manque de temps» pour partager ses créations et faire connaître son entreprise, elle mise sur le bouche-à-oreilles et sa participation à de nombreux salons et événements : «Finalement, c’est aussi bien. Cela permet de discuter avec les gens, même s’ils n’aiment pas toujours la chasse.» Les rendez-vous où l’on peut la croiser sont ainsi divers et variés, «et pas seulement des salons de chasse», même si elle était cette année invitée à participer au Salon de la chasse et de la faune sauvage de Mantes-La-Jolie (mars 2023) ou à la journée «portes ouvertes» de la Fédération des chasseurs de la Somme en septembre dernier.

Des personnalisations qu’on s’arrache

L’une des créations sur laquelle elle admet avoir passé «beaucoup de temps» au cours des dernières semaines, c’est un tableau représentant deux chiens de chasse de race drahthaar. «Ceux-là, explique-t-elle en désignant l’œuvre en cours, ils vont partir au Canada…» Il s’agit d’une commande personnalisée. Pour la réaliser, Manon a passé plusieurs heures au téléphone avec son futur acquéreur afin, dit-elle, «d’être sûre de bien cerner la demande du client». Le temps nécessaire à une création ? «Je n’en ai pas vraiment idée…» Le plus long dans son travail consiste à sélectionner les plumes qui serviront à un tableau : «Je les connais toutes par cœur…», explique Manon qui les stockent dans des boîtes, à l’abri. Avant d’être utilisées, les plumes ne seront «ni teintes, ni découpées». C’est donc uniquement leur superposition qui va faire naître un sujet ou un motif. «La matière première ne coûte finalement pas cher, mais j’insiste toujours auprès des clients sur la fabrication Made in France et le fait que ce soit fait à la main…»

Certificat d’authenticité

Chaque création est signée de la main de celle qui l’a fabriquée. Un certificat d’authenticité détaille également le type de plumes utilisées. La représentation d’un marcassin, par exemple, se fait avec des plumes de poule faisane commune pour le corps et des plumes de perdrix rouge pour les pattes et les écoutes.

Pour se faire plaisir avec l’une des créations de Manon, comptez à partir de 15 €, «le prix pour une paire de boucles d’oreilles.» Plus accessible qu’une taxidermie et l’occasion quand même de garder un souvenir. L’une des dernières idées sorties de son esprit créatif est de fabriquer des dessous de verre. Réalisés en résine, ils peuvent intégrer des plumes… de bécasse par exemple : «C’est quelque chose qui marche vraiment bien parce qu’on les utilise pour un moment convivial et qu’ils permettent de partager une belle histoire.» Pour espérer mettre sous le sapin de Noël l’une des créations des Plumes de Lily, le temps est désormais compté puisque les commandes personnalisées sont à prendre jusqu’au 25 novembre. Sinon, il reste les pages Facebook et Instagram de Manon où elle publie régulièrement des photos de ses œuvres.

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