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De la viande bovine estampillée Baie de Somme saveurs

La marque Baie de Somme saveurs, créée en 2018, compte désormais de la viande bovine. Deux premières bêtes ont été commercialisées en novembre.

Un boeuf charolais d'Aline Landrieu vient d'être commercialisé sous la marque Baie de Somme saveurs. 
«C'est une valorisation financière et morale», confie-t-elle.
Un boeuf charolais d'Aline Landrieu vient d'être commercialisé sous la marque Baie de Somme saveurs.
«C'est une valorisation financière et morale», confie-t-elle.
© A. P.



Des pommes de terre primeur de la Baie de Somme, des agneaux AOP des prés salés et, désormais, de la viande bovine : la marque Baie de Somme Saveurs, créée en janvier 2018 pour valoriser les produits de ce territoire, élargit sa gamme.

«Voilà un moment que nous pensions à intégrer cette production à notre marque, mais ce n'est pas une mince affaire. Il a fallu réunir les éleveurs intéressés, puis rédiger le cahier des charges, trouver un abattoir, un chevillard... Le premier confinement nous a ensuite retardé», résume Emmanuel Noiret, président de l'Association Baie de Somme saveurs. Mais le projet prend forme. Les deux premières bêtes ont été abattues, découpées et commercialisées par Sauvage viande, à Feuquières-en-Vimeu. «Il s'agit des prémices d'une filière, prévient Alexandre Barbet, de la Chambre d'agriculture de la Somme qui encadre le projet. Nous devrons analyser les retours des clients avant de développer.»

L'une de ces deux bêtes est un boeuf charolais d'Aline Landrieu, installée à Forest-Montiers. Même si l'élevage n'était pas son activité de prédilection, elle n'imagine désormais plus son exploitation sans ses charolaises. Les 200 ha comptent des cultures très diversifiées : céréales, légumes de conserve, betteraves, chicorées, pommes de terre, lin... «Je pense qu'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier pour tirer son épingle du jeu.» L'élevage a tout son intérêt. Il permet notamment de valoriser les prairies humides.

Et même si l'éleveuse est consciente que le circuit de commercialisation traditionnel n'est pas à négliger, le circuit court est une voie à envisager. «J'ai débuté la vente directe cette année avec la vente de quelques caissettes et le principe m'a séduit. La valorisation est financière et morale, car avoir des retours sur la qualité des produits est plaisant», confie l'agricultrice, qui élève vingt-cinq mères. Pour elle, la marque Baie de Somme saveurs apporte le gage de la qualité de son travail. «Mes pratiques correspondaient déjà aux exigences du cahier des charges.»

Garantir la qualité et la traçabilité

Parmi ces exigences, des animaux de race à viande uniquement, nés et élevés dans la zone labellisée «Baie de Somme - Grand site de France», ou dans les communes limitrophes si 75 % des prairies sont dans la zone, soit une quarantaine de communes au total. Une attention toute particulière est apportée à l'alimentation : un pâturage six mois de l'année, une ration sans ensilage de maïs lors de la finition, sans OGM. Les animaux peuvent être finis aux tourteaux de lin ou à l'herbe. «À l'abattage, les animaux doivent présenter un classement de carcasse minimum R=2, un poids de carcasse minimum de 350 kg», est-il précisé. Les éleveurs doivent aussi être engagés dans des démarches agro-environnementales comme un engagement via des MAE, une certification à l'agriculture biologique ou HVE, et pratiquer une gestion durable des prairies.

Une petite dizaine d'éleveurs font déjà partie de la démarche. Pour que la filière soit pérenne, il leur faudra s'organiser pour alimenter régulièrement leurs revendeurs, principalement des boucheries et des petits et moyens commerces du territoire.


D'autres produits Baie de Somme saveurs ?

Les deux premiers produits vendus sous la marque Baie de Somme saveurs se portent plutôt bien. Cette année encore, les 60 ares de pommes de terre primeur ont séduit leur clientèle. «Avec le confinement, nous avons eu peur en début de saison, rappelle tout de même Emmanuel Noiret. Mais cet été, la Baie de Somme a connu un énorme attrait touristique et les restaurants, nos principaux clients avec les Intermarché du coin, ont bien travaillé. Toutes les pommes de terre, primeur jusqu'au 15 août, ont été écoulées.» La production, qui a un peu souffert de la sécheresse, s'est révélée de qualité. «Le petit calibre correspondait parfaitement aux attentes des restaurateurs.»

Même succès pour les agneaux AOP des prés salés, dont les touristes sont friands. «Cette clientèle est en demande de produits locaux et a les moyens de se les offrir. Nous avons une vraie opportunité à saisir», martèle le président de l'Association Baie de Somme saveurs. Les légumes de pleine terre, comme les carottes, les produits laitiers ou encore les fraises, pourraient venir élargir la gamme. «Encore faut-il que les producteurs soient intéressés.»

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