Betteraves
Des betteraviers interrogatifs et inquiets face à l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne
L’hypothèse d'une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne interroge les betteraviers français qui continuent de conditionner l’intégration d’un nouvel État-membre au respect des mêmes obligations.
L’hypothèse d'une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne interroge les betteraviers français qui continuent de conditionner l’intégration d’un nouvel État-membre au respect des mêmes obligations.
L’uniformité des normes au sein de l’Union européenne ? « Chiche ! » a lancé Thimothé Masson lors de la dernière assemblée générale des délégations Somme et Oise de la CGB, le 4 juin 2026 à La Faloise (80). Une prise de parole qui est là pour rappeler que cette harmonisation des règles n’est pas respectée. Et les betteraviers français en savent quelque chose. Le directeur des services économie et syndical de la CGB a beau affirmer qu’en ce qui concerne l’Ukraine et son adhésion à l’UE, « les jeux ne sont pas faits », il met en garde sur les conséquences d’une adhésion « pleine et entière ».
Peur d’y laisser des plumes
Pour illustrer son propos, il se réfère aux effets des derniers grands élargissements de l’Union européenne sur la Ferme France. En ce qui concerne la betterave, on constate que la Pologne a gagné 26% de surfaces depuis son intégration, les Pays-Bas ont augmenté de 14% leur production, tandis que l’Allemagne a stagné et que la France a perdu 6%. Une autre inquiétude concerne la PAC et son futur dans l’hypothèse d’un élargissement. « Si l’Ukraine devient membre de l’Union européenne, elle deviendra le première puissance agricole européenne et aura donc la main sur la PAC… » estime Thimoté Masson. Et l’expert de rappeler que jusqu’à présent, « les précédentes réformes de la PAC ont fait perdre de l’argent aux betteraviers français ! »
Une démarche déjà trop engagée ?
Les distorsions de concurrence entre pays au sein de l’Ur n’ont quant à elles fait « que s’aggraver ». Pour le représentant de la CGB, « il faudra donc rester ferme sur nos positions et refuser une adhésion pleine et entière de l’Ukraine qui aura des conséquences ! ». Et de citer en dernier exemple un soutien public aux betteraviers français « divisé par deux en quinze ans. »
Il y a quelques jours, les représentants des 27 à Bruxelles ont donné leur feu vert préliminaire à l’ouverture d’un premier paquet de sujets de négociation avec l’Ukraine et la Moldavie en vue de leur adhésion. Mardi 9 juin, ce sont les chefs de gouvernement suédois, norvégien, finlandais, danois, islandais, lituanien, letton et estonien qui ont plaidé pour une adhésion « dès que possible » de Kiev à l’Union européenne, considérant que cette démarche est « irréversible ».