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Industrie
Des résultats solides pour Avril dans un contexte mondial incertain

Le groupe Avril a quasiment doublé ses bénéfices en 2025 alors que son chiffre d’affaires industriel (8,2 milliards d’euros - Md€) n’a progressé que de 6 %. Il doit cette performance économique aux activités de financement de Sofiprotéol et à son Ebitda* de 110 millions d’euros (M€).

Si le conflit au Moyen-Orient venait à durer, le groupe Avril redoute une baisse de la production d’oléagineux.
Si le conflit au Moyen-Orient venait à durer, le groupe Avril redoute une baisse de la production d’oléagineux.
© Pexels

En ayant acquis au début de l'année l’usine de Baleycourt près de Verdun (Meuse), apte à transformer 400 000 tonnes de colza par an, le groupe Avril dispose désormais de la capacité industrielle de triturer jusqu’à un tiers de la production française d’oléoprotéagineux. «Cette acquisition renforce une fois de plus son ancrage au cœur des territoires pour créer de la valeur ajoutée pour la ferme France», s’est réjoui Arnaud Rousseau, président du Conseil d’administration d’Avril.

Des résultats contrastés pour les activités industrielles

Comme à l’accoutumée, cet achat a été possible en investissant une partie de ses fonds propres du groupe (1,59 Md€ fin 2025) et des bénéfices des exercices passés. En 2025, le groupe Avril a investi 538 M€ (+38 M€ sur un an) et son résultat a quasiment doublé (48 millions d’euros ; + 92 % sur un an). «Pour la deuxième année d’exécution du plan stratégique, ‘Ambition 2030’, Avril réalise en 2025 une performance solide malgré un contexte mondial incertain, une activité économique au ralenti, notamment à partir du deuxième semestre, et une compétition accrue pour beaucoup d’activités», a expliqué Aymeric Mongeaud, directeur administratif et financier.

Pour rappel, le plan Stratégique Ambition 2030 lancé en 2023 vise à investir 1,5 Md€ pour moderniser et développer les entreprises du groupe et acquérir de nouvelles sociétés afin que l’Ebitda atteigne au moins 550 millions d’euros. L’objectif est donc en voie d’être atteint puisqu’Avril a annoncé un Ebitda 2025 de 426 M€, en hausse de 15 %. Mais le groupe doit cette performance à la contribution des activités de financement de Sofiprotéol (110 M€). Par ailleurs, les résultats de ses activités industrielles sont contrastés. Le chiffre d’affaires du groupe (8,2 milliards d’euros) n’a progressé que de 6 % (+500 M€) en raison de la conjoncture morose de certaines de ses filières».

Respect des objectifs

Les pôles «Avril Première Transformation & Énergies Renouvelables» et «Avril Solutions pour l’Agriculture» (la société Eurolysine exclue) doivent leurs bénéfices 2025 «à une bonne dynamique», a déclaré Aymeric Mongeaud. Leur Ebitda, respectivement de 218 M€ et de 55 M€ ont progressé de 23 M€ et de 9 M€ comparés à 2024.

Mais les pôles «Avril Grande Consommation» et «Avril Spécialités» ont été affectés par une conjoncture économique qui ne leur a pas été très favorable. «En berne, le marché de la chimie a souffert d’une faible demande et d’une intense compétition», analyse le directeur administratif. Leurs Ebitda de 60 M€ sont globalement inférieurs de 
55 M€ à leur niveau de 2024. Pourtant, ces contre-performances ne prennent pas en compte le déficit de 25 M€ de la société Eurolysine (168 M€ de chiffre d’affaires), en cours de restructuration depuis son acquisition en 2024. Plus de sept millions d’euros y ont été investis. Mais ces toutes dernières semaines, l’activité de la société est boostée par le retrait contraint de la Chine sur le marché de la lysine. Sa production quotidienne est dorénavant supérieure à 
200 tonnes. En fait, Pékin ne peut plus livrer ses clients en lysine par cargos. Le trafic maritime est fortement perturbé en mer d’Arabie et aux abords du golfe d’Aden. «Malgré le conflit dans le golfe Persique au mois de février dernier, le groupe Avril a respecté ses objectifs fixés pour le 1er trimestre 2026», a déclaré Paul-Yves L’Anthoën, nouveau directeur général d’Avril. Le blocus du détroit d’Ormuz impacte les activités du groupe selon leur degré de dépendance à l’égard de leurs échanges commerciaux avec les pays du golfe Persique. En fait, le conflit n’a pas affolé les marchés céréaliers et oléoprotéagineux, ni ceux du bioéthanol et du biodiesel. Mais s’il dure, le groupe Avril redoute une baisse de la production d’oléagineux. Les céréaliers renonceront à fertiliser une partie de leurs cultures, sans prix de vente ferme pour couvrir les achats d’engrais à des prix prohibitifs.

* Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.

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