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Élevage : l’insultante déconnexion des idéologues de salon
Une tribune publiée le 11 août dans Le Monde appelle à planifier la fin de « l’élevage intensif », accusant les fermes de faillite et de gaspillage. Alors que l’agriculture vit sa pire crise, un collectif de chercheurs prétend dicter l'avenir de nos exploitations sans aucune réalité de terrain.
Une tribune publiée le 11 août dans Le Monde appelle à planifier la fin de « l’élevage intensif », accusant les fermes de faillite et de gaspillage. Alors que l’agriculture vit sa pire crise, un collectif de chercheurs prétend dicter l'avenir de nos exploitations sans aucune réalité de terrain.
L'indécence a un nom : celui d'un collectif de vingt-cinq pseudo «experts» qui, depuis le confort feutré de leurs bureaux, appellent à la fermeture « rapide » des élevages qu'ils jugent « intensifs ». La publication de cette tribune parue dans Le Monde le 11 août, aussi insultante que méprisante, est désastreuse et tombe très mal à propos.
En effet, au moment même où nos éleveurs luttent pour leur survie face à des vagues de chaleur record et qu’ils multiplient les opérations de solidarité pour nourrir leurs troupeaux, ces donneurs de leçons viennent porter l'estocade à une profession malmenée par de nombreux aléas. Pas uniquement climatiques.
Qui sont ces signataires prétendant sauver la planète en détruisant nos filières ? À la lecture de la liste, le vertige nous prend : professeurs de psychologie sociale, de philosophie, d'études anglophones, de sciences de l'éducation, physiciens ou encore historiens. Il n’y a parmi ces vingt-cinq noms aucun agriculteur, aucun agronome, aucun chercheur en agriculture. Comment ne pas y voir le triomphe de l'idéologie sur la compétence technique ? Ces gens ignorent tout du travail quotidien des éleveurs et de l'excellence sanitaire française, préférant s'appuyer sur des « scénarios heuristiques » déconnectés de la terre.
« Khmers verts »
Sur le fond, la proposition de réduire le cheptel de 50 % ou de fermer les exploitations dites « industrielles » relève d'une naïveté quasi criminelle. Prétendre que l'élevage est un « secteur en faillite » uniquement maintenu par des subventions est une contre-vérité qui insulte la valeur ajoutée et la souveraineté qu'apporte notre agriculture.
Mettre un terme à notre modèle, c'est offrir délibérément les clés de notre alimentation aux États-Unis, à la Chine, au Brésil ou à la Russie. Ces pays, contrairement à la France et à l’Europe, ne s'embarrassent guère, voire pas du tout, de nos exigences en matière de protection animale, de normes sanitaires ou de traçabilité. L’agriculture française est pourtant l’une des plus vertueuses au monde, avec des conditions d'élevage de premier plan.
Vouloir transformer nos éleveurs en simples gardiens de paysages payés pour la « restauration des écosystèmes » est une vision misérabiliste et dégradante. On propose aux paysans de renoncer à leur noble métier de producteur pour devenir les obligés d'une charité publique déguisée en « activité écologiquement vertueuse ». Ce collectif ose parler de « reconversion » quand il s'agit en réalité d'une liquidation totale de nos territoires. Cette écologie dogmatique et punitive que ne peut renier aucun « khmer vert » ne mènera qu’à la dépendance alimentaire totale de la France et à la ruine de nos campagnes.
Il est plus que temps de siffler la fin de la récréation pour ces théoriciens du dimanche. L'avenir de la planète et de notre sécurité alimentaire ne se jouera pas dans les facultés de psychologie ou de sciences sociales, mais dans nos fermes, avec ceux qui les font vivre au quotidien. Surtout, il faut en finir avec cette écologie idéologique qui mène le monde à sa perte en méprisant ceux qui le nourrissent.