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Nature
En forêt de Crécy, des travaux de broyage malgré le risque d'incendie : l’ONF explique

Alors que les incendies se multiplient partout en France, certains internautes s'étonnent de voir se poursuivre des travaux susceptibles, selon eux, d'accroître les risques. L'Office national des forêts répond que ces interventions sont indispensables à la gestion sylvicole et qu'elles sont strictement encadrées. 

travaux forestiers incendie
© ONF

« Le broyeur tourne à plein régime dans les layons. Je m'interroge sur cette pratique avec la sécheresse et ce qui se passe ailleurs en France », s'interrogeait le 28 juillet une promeneuse après une sortie en forêt de Crécy-en-Ponthieu. Elle poursuit : « Quelqu'un a-t-il une réponse de pourquoi le faire en ce moment avec les risques encourus ? », précisant qu'il ne s'agit pas de pare-feux mais « de layons d'environ deux à trois mètres de large avec la matière broyée et laissée au sol ».

Cette question intervient alors que les images d'incendies géants dans plusieurs massifs français alimentent les inquiétudes, y compris dans des territoires traditionnellement moins exposés comme les Hauts-de-France.

« Des travaux indispensables à la gestion des jeunes peuplements »

L'Office national des forêts Hauts-de-France a rapidement apporté une réponse détaillée à cette interrogation : « Les travaux que vous avez observés correspondent au broyage des cloisonnements sylvicoles, réalisé en amont d'un dégagement manuel dans les parcelles », explique l'établissement.

L'objectif est donc de préparer l'intervention des ouvriers forestiers. « Cette opération permet aux ouvriers sylviculteurs de circuler plus facilement pour effectuer le dégagement, indispensable pour limiter la concurrence des ronces, fougères, bouleaux, charmes... sur les jeunes plants ou semis, et ainsi favoriser leur croissance », précise encore l'ONF.

Autrement dit, ces travaux relèvent de la gestion courante des peuplements forestiers et visent à assurer le bon développement de la régénération.

Des chantiers suspendus en cas d'alerte

L'ONF insiste toutefois sur le fait que ces opérations ne sont pas réalisées sans précaution. « Nos équipes restent en vigilance constante face au risque d'incendie. En cas d'arrêté préfectoral, les travaux de broyage sont immédiatement suspendus », indique l'établissement.

Quant aux contrôles, ils sont permanents, comme l’explique l’Office : « Des points réguliers sont systématiquement réalisés avec le SDIS pour vérifier l'état de la forêt, et nos forestiers procèdent à des vérifications sur les zones d'intervention. »

À ce jour, rappelle encore l'ONF, « le département de la Somme n'est pas placé au même niveau d'alerte que les territoires du Sud ». 

Une saison 2026 déjà hors normes

Si les travaux forestiers se poursuivent dans la Somme, le contexte national n'en demeure pas moins extrêmement préoccupant. Il y a quelques jours, Christophe Chantepy, expert Défense des forêts contre les incendies à l'ONF, dressait un constat alarmant : « La première quinzaine de juillet est historique en matière de feux de forêt et autres types de végétation », décrit-il.

Sous l'effet de la sécheresse et des épisodes caniculaires à répétition, les indicateurs explosent. Selon l'expert, on recense ainsi onze fois plus d'incendies de plus de dix hectares que la moyenne observée sur la même période, onze fois plus de surfaces parcourues par les flammes, tandis que onze départements ont enregistré leur incendie le plus important depuis la création de la base nationale de suivi des feux de forêt.

Au 15 juillet, au total, 77 départements ont déjà connu au moins un incendie dépassant dix hectares.

Le bilan est tout aussi marquant sur l'ensemble de l'année. Au 22 juillet, près de 40 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes en France métropolitaine, soit une fois et demie la surface détruite sur l'ensemble de l'année 2025 et deux fois la moyenne annuelle, alors même que le cœur de l'été restait encore à venir.

La prévention reste le meilleur rempart

Pour l'ONF, ces chiffres rappellent que la menace ne concerne plus seulement les régions méditerranéennes. Si les conditions locales permettent aujourd'hui de poursuivre certains travaux sylvicoles dans la Somme, le niveau de vigilance ne faiblit pas.

Pour Christophe Chantepy, l’heure est plus que jamais à la responsabilité collective : « Les records ne sont pas tous faits pour être battus. Alors diminuons collectivement le nombre de départs de feu. Si les températures chaudes et l'absence de précipitations se prolongent inexorablement, notre vigilance collective doit elle aussi se prolonger et se renforcer. C'est tout le sens de la mission d'intérêt général de Défense des forêts contre les incendies mise en œuvre par l'ONF. »

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