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Stocks fourragers
En pleine canicule, quelles solutions pour sécuriser la campagne 2026 ?

Les épisodes de chaleur et de sécheresse de ce début d'été mettent sous tension les stocks fourragers pour la campagne à venir.

© CA80



Avant toute décision concernant les cultures ou le cheptel, il est essentiel de réaliser un bilan précis de la situation. Gestion des stocks, évaluation des maïs, valorisation des coproduits, implantation de dérobées et adaptation des rations : découvrez les leviers mobilisables pour limiter l'impact du déficit fourrager et préparer les mois à venir.

 

Bilan fourrager et cheptel

En cas de crainte de manque de nourriture pour la campagne à venir, la réalisation d’un bilan fourrager posera un premier état des lieux. L’année 2025 était une bonne année fourragère, il reste dans de nombreuses exploitations du stocks de maïs ensilage. Le cubage des silos et le comptage des stocks de foin, d'enrubannage et de paille permettent d'établir un premier état des lieux. Faites également le point sur votre cheptel en conservant uniquement les animaux les plus productifs. En cas de déficit fourrager, il est préférable d'éviter l'engraissement et de raisonner le renouvellement.

 

Achat de maïs sur pied, anticipez !

L’achat de maïs sur pied est une alternative pour combler la baisse de rendement de son propre maïs ensilage.

Les surfaces de maïs grain peuvent aussi être détournées pour l’ensilage plutôt que le grain.

À ce titre, la Chambre d’agriculture de la Somme a souhaité mettre en place une action visant à aider à la mise en relation acheteurs/vendeurs de surface de maïs (voir encadré).

 

Les coproduits, une ressource à ne pas négliger

Nous avons la chance dans notre région d’avoir à disposition de nombreux coproduits pour nourrir nos animaux : pulpes de betteraves, drêches de brasserie, corn gluten humide, etc. N’hésitez pas à vous renseigner sur les disponibilités, la teneur en matière sèche (MS) des produits, et ramener le prix à la tonne de MS afin d’identifier la solution la plus intéressante économiquement.

 

Les prairies permanentes, un stock potentiel à l’automne

Au printemps 2026, les prairies ont démarré précocement, dans la moyenne de la dynamique de pousse des huit dernières années. Des récoltes précoces et de bonnes qualités ont pu être réalisées. Le manque d’eau et les fortes chaleurs ont néanmoins stoppé leur croissance depuis quelques semaines. La complémentation est donc nécessaire. Généralement, et l’année 2022 nous l’a démontrée, les prairies sont capables de repartir à l'automne lorsque les conditions redeviennent favorables, permettant ainsi de reconstituer une partie des stocks.

 

L’opportunité des semis dérobés d’été

L'une des pistes pour limiter le manque de stocks fourragers est d’implanter des couverts d’été à vocations fourragères.

Parmi les espèces les plus adaptées, trois solutions peuvent être retenues :

• Le mélange avoine/vesce : mélange classique avec 30 % de vesce et 70 % d’avoine à implanter à hauteur de 70 kg/ha pour assurer un rendement correct. Ce mélange présente un bon rapport qualité-prix. Récolté en ensilage ou en enrubannage, on peut espérer 3 à 5 t de MS/ha selon les conditions météo.

• Le mélange ray-grass italien/trèfle d’Alexandrie : dose de semis : 20 kg de ray-grass et 10 kg de trèfle. Cette interculture a l’avantage de pouvoir être récoltée à l’automne et au printemps. Pour limiter les coûts, on peut implanter le ray-grass seul à hauteur de 25kg/ha.

• Le mélange Moha/trèfle d’Alexandrie. Dose de semis : 12 kg de moha et 12 kg/ha de trèfles. Le moha présente une bonne résistance à la chaleur une fois qu’il est levé. Associé au trèfle, le mélange peut allier rendement et bonne valeur alimentaire.

Ces solutions ne sont pas miraculeuses mais si la pluie revient, elles permettront de sécuriser les stocks fourragers 2026.

 

Le point sur les maïs

Cette année, les maïs présentent entre 80 et 120 degrés jours d’avance selon les secteurs et les dates de semis. Cette précocité, accentuée par les épisodes de chaleur et le manque de pluviométrie mettent à l’épreuve le maïs.

Le maïs est une plante tropicale (en C4) qui supporte bien la chaleur et qui utilise l’eau plus efficacement que d’autres cultures comme le blé ou la luzerne. Le maïs se protège en enroulant ses feuilles, qui prennent alors une teinte vert-gris et un port plus dressé afin de limiter les pertes d'eau. Il n’est pas pour autant détruit, et se développera à nouveau dès le retour des pluies, à condition qu’il ne soit pas desséché.

À ce jour, la majorité des parcelles de maïs est au stade floraison ou ont passé ce stade. Un manque d’eau à la floraison, ou dans les trois semaines qui suivent, limitera le nombre de grains viables par mètre carré, le plus souvent par avortement de grains nouvellement formés. Un manque d’eau au cours du remplissage des grains, après le Stade limite d’avortement du grain (Slag) diminuera leur remplissage et pourra entraîner un desséchement précoce de la partie «tiges + feuilles», ce qui limitera le rendement et accélèrera la maturité.

Dans le cas d’absence de précipitations, une observation au champ peut être réalisée dès aujourd’hui si le maïs présente des feuilles marrons. Si la floraison n’est pas constatée, et qu’il reste moins de deux feuilles vertes, il est urgent d’ensiler, sinon il faut attendre la floraison. Une observation passé le stade floraison femelle, à 250 degrés-jours, soit une quinzaine de jours plus tard, permettra donc un premier diagnostic de la parcelle. Dans le cas où la majorité des feuilles sont vertes, c’est le remplissage du grain et l’état de l’appareil végétatif qui guidera le choix de la récolte. La grille Arvalis ci-dessus permet de réaliser un premier diagnostic de la parcelle et d'orienter la décision de récolte selon le stade du grain et l'état de l'appareil végétatif.

Votre conseiller de la Chambre d’agriculture peut vous accompagner dans l’analyse de votre situation et vous conseiller sur la stratégie à adopter.

 

Acheteurs/vendeurs de surface en maïs : la Chambre d’agriculture aide à la mise en relation

La Chambre d’agriculture de la Somme met en place dès cette semaine une centralisation des propositions de surfaces en maïs auprès des éleveurs qui seraient en recherche.
Si vous avez des surfaces en maïs grain que vous pensez pouvoir laisser à disposition pour des récoltes en ensilage, vous pouvez vous faire connaître en transmettant votre numéro de téléphone, la surface possible ainsi que la localisation à l’adresse mail suivante : v.yver@somme.chambagri.fr
Chaque semaine, l’ensemble des contacts ayant transmis une proposition seront communiqués via la messagerie élevage ou directement sur demande.
Concernant la valeur du maïs, un article spécifique pouvant servir de base de discussion sera diffusé dans L’Action agricole picarde du 21 août prochain.

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