Mobilité
Face au pétrole cher, le député Julien Dive mise sur la betterave
Face à la flambée des carburants fossiles, le député de l’Aisne Julien Dive remet le bioéthanol sur le devant de la scène.
Face à la flambée des carburants fossiles, le député de l’Aisne Julien Dive remet le bioéthanol sur le devant de la scène.
À la pompe, le fossile pique de plus en plus. Le 16 septembre, le gazole atteignait en moyenne 2,352 €/l en France et le SP95-E10 2,153 €/l. Dans le même temps, le Superéthanol-E85 s’affichait à 0,887 €/l.
C’est dans ce contexte que Julien Dive ressort le dossier du bioéthanol. Le député de l’Aisne ne nie pas la dimension géopolitique de la flambée actuelle, mais estime qu’elle doit aussi pousser à revoir la politique française des carburants.
« Oui au bioéthanol »
Dans une publication diffusée milieu de semaine sur les réseaux sociaux, Julien Dive refuse notamment de faire de la voiture électrique l’unique réponse à la hausse des prix. « On nous le présente comme LA solution », écrit-il, tout en rappelant que plusieurs millions de Français ne disposent pas forcément des moyens d’investir dans un véhicule électrique.
Son alternative ? « Le bioéthanol E85 est une alternative à l’énergie fossile », affirme-t-il. Et le député insiste sur un détail qui prend une résonance particulière dans la région : « c’est produit en France, particulièrement en Picardie ».
Le lien entre E85 et betterave n’est d’ailleurs pas nouveau pour Julien Dive. Dès 2019, à l’Assemblée nationale, il défendait le Superéthanol en mettant explicitement en avant la filière betteravière picarde. Il expliquait alors que la betterave à sucre souffrait et que les biocarburants pouvaient lui offrir « de nouveaux débouchés ».
De la betterave au réservoir
Le raisonnement est assez direct : une partie des sucres contenus dans la betterave peut être transformée en éthanol dans les bioraffineries. Le bioéthanol est ensuite incorporé aux carburants essence, jusqu’à constituer une part importante de l’E85. La filière betterave revendique ainsi une contribution à la souveraineté énergétique française, en plus de ses débouchés alimentaires et industriels.
Et, dans le contexte actuel, l'écart à la pompe est difficile à ignorer : le 16 septembre, il dépassait 1,46 euro par litre entre le SP95-E10 et l’E85. Même en tenant compte de la surconsommation propre à ce carburant, l’intérêt économique reste l’un des arguments majeurs avancés par la filière.
Pour Julien Dive, le sujet dépasse donc le simple choix entre deux motorisations. Il touche à la fois au pouvoir d’achat des automobilistes, au devenir d’une filière agricole bien implantée en Picardie et à la dépendance française aux hydrocarbures importés. Et d’appeler enfin à ce qu’industrie et souveraineté énergétique se rencontrent.