Agriculture Biologique
Filière céréales bio : faisons le point sur la campagne 2025–2026
Chaque année, le réseau national ExpéBio des Chambres d’agriculture permet d’évaluer des variétés de céréales à paille afin d’en apprécier les caractéristiques qualitatives et le potentiel de productivité dans différents terroirs des Hauts-de-France. Ce travail d’expérimentation est le fruit d’une collaboration entre des agriculteurs et des conseillers pour aider les agriculteurs de la région à sélectionner les variétés les plus adaptées en fonction de leurs objectifs.
Chaque année, le réseau national ExpéBio des Chambres d’agriculture permet d’évaluer des variétés de céréales à paille afin d’en apprécier les caractéristiques qualitatives et le potentiel de productivité dans différents terroirs des Hauts-de-France. Ce travail d’expérimentation est le fruit d’une collaboration entre des agriculteurs et des conseillers pour aider les agriculteurs de la région à sélectionner les variétés les plus adaptées en fonction de leurs objectifs.
La campagne 2025-2026 a été marquée par un déficit hydrique surtout en avril et en juillet avec une quasi-absence de pluies. Cette situation, associée à des températures records et à trois épisodes caniculaires, a accéléré le développement des céréales et pénalisé le remplissage des grains. En conséquence, les rendements obtenus cette année sont fortement liés aux potentialités agronomiques. Un des essais sur blé le confirme : la variété de référence «Geny» a été testée selon quatre modalités dans l’Oise, la Somme, l’Aisne et le Nord. L'une d'elles, implantée dans un sol de craie superficielle qui montre bien l’impact du climat sur un sol à faible réserve hydrique. Le remplissage des grains et la fertilité des épis ont été fortement impactés.
Dans l’Aisne, plusieurs variétés de blés ont été testées en sols limoneux. Les observations réalisées en végétation ont permis de les différencier selon plusieurs critères :
⇒ Leur précocité : des plus précoces (Activity, Geek, Bodeli et Mossette) aux plus tardives (Acabo, Assentus, Aristaro, Rosatch, Validus…)
⇒ Leur sensibilité aux rouilles : Izalco et Pop Orvilliers se sont révélées sensibles à la rouille brune
⇒ Leur productivité : on distingue les variétés «productives» (faible teneur en protéines, mais potentiel de rendement élevé), des variétés «de compromis» (rendement correct et taux de protéines pour une valorisation panification), et des variétés «améliorantes» (rendement en retrait mais débouché panifiable garanti).
Ces résultats, couplés à ceux de la Chambre d’agriculture de la Somme et du Nord-Pas-de-Calais, sont une aide précieuse pour orienter les agriculteurs bio dans le choix de leurs variétés.
Plusieurs essais variétaux de triticale ont été mis en place dans l’Oise, l’Aisne et le Nord-Pas-de-Calais et ont mis en évidence les points suivants :
- Les variétés de triticales ont globalement très bien répondu aux apports d’azote, cela s’est traduit par un fort développement végétatif
- Les deux variétés de référence, Brehat et Ramdam, restent les plus robustes, quel que soit le type de sol
- Au sein du même groupe homogène, les variétés Triperf et Rendez-vous affichent également de bons résultats
- Les variétés Requin et Rapace, inscrites en 2024, sont particulièrement sensibles à la rouille brune
- Parmi les nouvelles inscriptions variétales, seule Triscore se distingue réellement de par son rendement proche de celui de Brehat.
À noter que les scénarios climatiques de cette campagne n'ont pas eu la même incidence sur les blés que sur les triticales. Les rendements du triticale ont été moins impactés par la chaleur que ceux du blé. En triticale, malgré un nombre d'épi/m² limité, le nombre de grains/épi est tout à fait correct et la fertilité est finalement exceptionnelle.
Concernant les essais avoine d’hiver, les essais ont été impactés par les coups de chaleur enregistrés lors de l’épiaison, puis au moment du remplissage. Ceci a empêché les variétés d’exprimer leur potentiel. On peut tout de même noter que la variété RGT Nacre inscrite en 2025 se distingue par un nombre d’épis/m² supérieur, son rendement et un bon poids spécifique. Aussi, quelques variétés de bas de classement ont été impactées par une forte pression rouille cette année.
Enfin, un seul essai d’avoine de printemps a été conduit dans l’Oise. Il a malheureusement été très impacté par la quasi-absence de pluies en avril et les coups de chaleur de mai et juin. L’incidence des fortes températures a été beaucoup plus importante pour les cultures de printemps qui ont épié tard : le coup de chaud de juin a coïncidé avec le remplissage du grain, phase la plus sensible du cycle des céréales.
___________________________
Présentation
Florian Pudepièce, nouveau conseiller en grandes cultures biologiques à la Chambre d’agriculture de la Somme : «Basé à Villers-Bocage, je remplace Alain Lecat, parti à la retraite fin août, depuis le 1er septembre. Originaire du département de l’Aisne, je viens de finir mes études d’ingénieur agronome réalisé à l’Isara Lyon en apprentissage à la Chambre d’agriculture de l’Aisne où j’exerçais déjà le poste de conseiller en grandes cultures biologiques depuis trois ans. Avant cela, j’ai réalisé un BTS agricole en productions végétales au campus agroenvironnemental 62 à Tilloy-lès-Mofflaines.
Mon travail consiste à accompagner les agriculteurs au niveau technique, économique et réglementaire, principalement pour les grandes cultures biologiques, mais également pour tout autre agriculteur se posant des questions sur des pratiques que l’agriculture biologique connaît plutôt bien, comme le désherbage mécanique, la gestion de la fertilité des sols ou tout autre levier agronomique.»
Si vous avez des questions sur l’Agriculture Biologique, n’hésitez pas à me contacter !