Politique
François Patriat, de vétérinaire à parlementaire en passant par le ministère de l’Agriculture, est décédé
Figure politique de la Côte-d’Or, ancien ministre de l’Agriculture et président du groupe macroniste au Sénat, François Patriat est décédé ce mercredi 19 août, quelques semaines avant son départ annoncé de la Haute Assemblée. Son parcours aura été marqué par un ancrage territorial revendiqué, un lien étroit avec le monde agricole et une longue carrière politique, du Parti socialiste à Emmanuel Macron.
Figure politique de la Côte-d’Or, ancien ministre de l’Agriculture et président du groupe macroniste au Sénat, François Patriat est décédé ce mercredi 19 août, quelques semaines avant son départ annoncé de la Haute Assemblée. Son parcours aura été marqué par un ancrage territorial revendiqué, un lien étroit avec le monde agricole et une longue carrière politique, du Parti socialiste à Emmanuel Macron.
François Patriat ne connaîtra finalement pas la rentrée parlementaire qu’il avait choisi de ne pas vivre comme sénateur. L’élu de Côte-d’Or est décédé mercredi 19 août, à l’âge de 83 ans, après avoir été hospitalisé à Dijon à la suite d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet. Il devait quitter le Sénat à l’issue de son mandat, après avoir annoncé en juin qu’il ne serait pas candidat aux élections sénatoriales de septembre.
Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, François Patriat était vétérinaire de profession. Il entre en politique dans les années 1970 et adhère au Parti socialiste en 1974. Son premier mandat électif intervient en 1976, lorsqu’il devient conseiller général de la Côte-d’Or. Il sera ensuite député de la Côte-d’Or à plusieurs reprises à partir de 1981, maire de Chailly-sur-Armançon, puis président du conseil régional de Bourgogne de 2004 à 2015.
Un vétérinaire à l’Agriculture
Son passage au ministère de l’Agriculture aura été bref, mais suffisamment significatif pour constituer l’un des marqueurs de son parcours. François Patriat est nommé ministre de l’Agriculture et de la Pêche le 26 février 2002, en remplacement de Jean Glavany, alors que Lionel Jospin est Premier ministre. Il reste en fonction jusqu’à la fin du gouvernement, le 5 mai 2002.
Son arrivée rue de Varenne n’était pas totalement inattendue. Quelques jours auparavant, lors de l’annonce du remaniement, Lionel Jospin avait justifié son choix en soulignant que François Patriat « connaît très bien l’agriculture ». Le futur ministre venait en effet d’exercer pendant plus d’un an les fonctions de secrétaire d’État chargé des PME, du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation.
Il arrive au ministère dans une période agricole particulièrement mouvementée. La crise de l’élevage bovin, dans le prolongement de la crise de l’ESB, la fièvre aphteuse et les débats autour de la réforme de la PAC occupent alors une grande partie de l’agenda agricole. Les contrats territoriaux d’exploitation, la modulation des aides et les questions environnementales font également partie des sujets structurants de cette période.
La chasse et la ruralité avant même le ministère
Son rapport au monde rural ne se résumait cependant pas à son passage au ministère de l’Agriculture. Deux ans avant d’entrer au gouvernement, François Patriat avait été chargé par Lionel Jospin d’une mission consacrée à la chasse. Son rapport, présenté comme des « Propositions pour une chasse apaisée et responsable », avait nourri les travaux parlementaires sur le sujet.
À l’Assemblée nationale, François Patriat avait notamment défendu l’idée d’une gestion des populations de gibier fondée sur des données scientifiques et des quotas de prélèvement. Il insistait également sur la nécessité de prendre en compte les réalités territoriales et la place de la chasse dans les campagnes. Dans son rapport sur le projet de loi relatif à la chasse, il évoquait notamment la nécessité de concilier la pratique de la chasse, la protection des espèces et le partage des espaces naturels entre les différents usagers.
Ce positionnement est intéressant à relire à la lumière de ses dernières années au Sénat. En juillet dernier, lors de sa dernière intervention publique en séance, le président du Sénat Gérard Larcher saluait encore en François Patriat « un inlassable défenseur des territoires », de la Bourgogne et de la Côte-d’Or, mais aussi des enjeux de ruralité et de chasse.
« Défendre les productions » de son territoire
Élu sénateur de la Côte-d’Or en 2008, réélu en 2014 puis en 2020, François Patriat aura passé dix-huit années au Palais du Luxembourg. Le Sénat rappelle qu’il était encore, jusqu’à sa disparition, membre du groupe d’études Chasse et pêche et du groupe d’études Vigne et vin. Il siégeait également au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage et à la commission départementale de répartition des crédits de la dotation d’équipement des territoires ruraux.
Des responsabilités qui donnent une autre dimension à son discours sur les territoires. En juillet, Gérard Larcher soulignait son attachement à « la Bourgogne, à la Côte-d’Or et à leurs productions ». Une formule qui résume assez bien l’un des fils rouges de sa carrière : la défense d’un territoire rural dont il connaissait les acteurs et les réalités.
Au Sénat, Patriat continuera d’ailleurs à intervenir sur les questions agricoles. En 2018, lors de l’examen de la loi Agriculture et alimentation, il rappelait que l’enjeu était aussi de permettre aux agriculteurs de mieux valoriser leur production. Plus récemment, en février 2026, alors que le Salon de l’agriculture s’ouvrait dans un contexte de fortes tensions, il défendait encore le bilan agricole d’Emmanuel Macron. Il estimait alors que présenter le quinquennat comme défavorable à l’agriculture relevait du « non-sens ».
Du socialisme au macronisme
Le dernier chapitre de son parcours politique est évidemment celui de son ralliement à Emmanuel Macron. Après plus de quatre décennies passées dans la famille socialiste, François Patriat devient l’un des premiers soutiens du futur président de la République. Il participe à la construction de la majorité macroniste au Sénat et prend, dès 2017, la présidence du groupe parlementaire qui deviendra le RDPI. Il conservera cette fonction jusqu’à sa disparition.
Cette fidélité au chef de l’État n’effacera pas son identité politique initiale, ni surtout son ancrage bourguignon. C’est précisément cette longévité et cette capacité à traverser plusieurs périodes politiques qui ressortent des hommages rendus depuis l’annonce de sa disparition.
Le 8 juillet dernier, François Patriat avait prononcé au Sénat ce qui devait être sa dernière intervention en séance. Il avait alors rappelé qu’il quittait la Haute Assemblée après dix-huit années comme sénateur et trente-cinq années de vie parlementaire, auxquelles s’ajoutaient ses années au Conseil économique et social.
François Patriat devait quitter le Sénat en septembre. Il n’aura finalement pas eu le temps de tourner lui-même cette dernière page.