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Gabin Boxoen : l’ouverture d’esprit à l’image de la nouvelle génération

A vingt-quatre ans, Gabin Boxoen est installé depuis deux ans seulement, à Saint-Maulvis, mais n’a pas peur de prendre des initiatives… Comme celle de se lancer dans la culture de légumes de plein champ.

© AP

Dès les premières secondes, le calme et la convivialité qui caractérisent Gabin Boxoen sont perceptibles. Mais très vite, quiconque taillera un brun de causette avec lui comprendra que les idées fusent dans cette tête bien remplie, malgré ses vingt-quatre petites années d’existence. «Je veux faire bouger les choses. J’ai toujours cru que j’avais des choses à apporter, dans la vie», confie le jeune agriculteur, installé en Gaec depuis deux ans, avec son frère cadet et son père, à Saint-Maulvis.
Gabin n’hésite pas à sortir du train-train quotidien. Alors lorsqu’il a reçu le courrier annonçant la possibilité de développer l’activité de polyculture-élevage de l’exploitation, avec des semis de légumes de plein champ, il a sauté sur l’occasion. «J’ai tout de suite pensé que c’était une bonne idée. Il faut savoir prendre des risques pour avancer. Mais c’est réfléchi. Je sais que l’alliance avec les trente-sept autres agriculteurs et le soutien de la Communauté de communes sont une assurance.» Parmi les 200 hectares de la ferme familiale, 1,8 sera donc consacré à la culture de poireaux, dès le printemps. «J’espère ensuite pouvoir développer cette activité.»

Prendre la vie comme elle vient
Ce défi l’angoisse-t-il ? «J’ai arrêté de penser à mes malheurs après la première année d’installation, quand je me suis rendu compte que le stress mangeait de l’énergie mais qu’il n’aidait pas à avancer, s’amuse-t-il. Aujourd’hui, je prends la vie comme elle vient.»
Gabin a su dès son plus jeune âge qu’il deviendrait agriculteur, comme son père et son grand-père avant lui. «Je l’ai dans le sang», assure-t-il. Bac CGEA, puis BTS APV au Paraclet. Son avenir était tracé. Ces études lui ont permis d’intégrer les fondamentaux : «zootechnie, agronomie et météo. Les trois doivent être en coordination pour que ça fonctionne». Et l’expérience lui a appris que rien n’était prévisible dans ce métier. «C’est ce qui est passionnant !»
Il aime autant bichonner les soixante laitières et autant d’allaitantes que de passer du temps dans son tracteur, au milieu des cultures. «Les deux activités se complètent. Quand je passe trop de temps dans l’élevage, les champs me manquent, et inversement.» Surtout, il voit dans son activité professionnelle la liberté de travailler comme il le souhaite. «Être son propre patron apporte quand même une bonne qualité de vie, même si les journées sont chargées.»
Avec son père et son frère, les tâches sont bien réparties. Lui assure une partie du travail dans les champs, la traite du soir et s’occupe des bêtes un week-end sur deux. Chacun s’active autant que l’autre. «C’est important pour que l’entente demeure entre nous. Travailler ensemble, ça change les rapports familiaux.» Gabin y a été confronté dès la première année d’installation avec son frère. «Avant, on ne se voyait que pour les loisirs. On était potes. Maintenant, on est aussi collègues. Il faut savoir mettre chacun du sien pour continuer de s’entendre.»

Les agriculteurs doivent être sociables
Les rapports, Gabin veut également les cultiver avec le grand public. «Les agriculteurs doivent être sociables. C’est ce qui caractérise la nouvelle génération. On a tous à y gagner», assure-t-il. Lui n’hésite pas à inviter des habitants du village à assister à la traite ou à un vêlage, «en faisant attention à la sécurité, bien sûr». Pour lui, c’est la seule manière de regagner la confiance des consommateurs. «Les gens ont été trop trompés. Plus on fermera nos portes, plus on paraîtra suspicieux. Alors que si on est à l’aise avec sa pratique, on n’a rien à cacher.»
Et puis le curieux est convaincu que chacun peut lui apporter quelque chose. «J’adore apprendre. Alors je pose toujours plein de questions à tout le monde.» Le vétérinaire, par exemple, n’échappe pas à l’interrogatoire lorsqu’il vient soigner une vache. «C’est important d’avoir les bases, pour pouvoir réagir en cas d’urgence.»

Couper les ponts
Gabin apporte aussi de l’importance au temps qu’il passe avec ses amis. J’aime sortir au restaurant, au cinéma, parfois en boîte, ou simplement chez l’un ou chez l’autre. Son cercle de connaissances de se limite pas au monde agricole. «Et ça, c’est hyper important. Je ne parle presque pas de mon métier avec mes amis, sauf s’ils me questionnent, parce que j’ai besoin de couper les ponts. On parle d’autres sujets. J’apprends d’autres choses.»
Quelques excursions, certains week-ends, lui permettent également de s’échapper. Le ski, la mer… Et surtout, la Normandie, qu’il adore pour ses paysages et son patrimoine culinaire. «J’avoue, j’aime la bonne gastronomie ! Pas besoin d’aller loin pour être heureux !»
L’avenir ? Rationnel, Gabin souhaite «vivre moins endetté, grâce au bon fonctionnement de l’exploitation.» Mais il rêve aussi de quitter le nid parental pour une maison bien à lui, dans laquelle il pourra fonder sa famille. «Mais ça nécessitera de rencontrer une fille qui aime la nature et les animaux», plaisante-t-il.

 

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