Faux semis
Gestion des ray-grass : que peut-on encore faire à la mi-septembre ?
D’année en année, la pression en ray-grass progresse dans tous les secteurs du département. En conséquence, vous êtes toujours plus nombreux à vous demander «comment contrer» cette progression qui semble inexorable ! Conscients que seule la chimie ne peut plus tout résoudre, vous êtes nombreux à «réadopter» les leviers agronomiques.
D’année en année, la pression en ray-grass progresse dans tous les secteurs du département. En conséquence, vous êtes toujours plus nombreux à vous demander «comment contrer» cette progression qui semble inexorable ! Conscients que seule la chimie ne peut plus tout résoudre, vous êtes nombreux à «réadopter» les leviers agronomiques.
Mais dans le contexte particulier de 2026, où les façons culturales ont été contrariées, est-il encore temps de déchaumer ou de faire des faux semis aujourd’hui ?
Il n’est pas trop tard pour bien faire
D’avis d’expert, il est encore temps de faire des déchaumages et des faux semis, mais pas dans n’importe quelles situations ! Nos expérimentations montrent que des faux semis bien conduits peuvent être très utiles dans certaines situations, mais aussi largement contre-productifs dans d’autres !
Pour rappel, l’objectif d’un faux semis est de faire lever des graines en interculture (de ray-grass ou de vulpin) et de les détruire avant semis. Deux erreurs à ne jamais commettre : les dates de réalisation et de destruction des faux semis.
Réaliser un faux semis trop tardivement : notamment dans les conditions encore sèches de certains secteurs. En conditions chaudes et humides, les vulpins et ray-grass sont en capacité de lever derrière un travail du sol très rapidement, en dix-vingt jours. En revanche, en conditions sèches, ce laps de temps doit plutôt être élargi à un mois minimum.
C’est notamment le constat d’un essai mené en 2019 par la chambre d’agriculture, au cours duquel le pic de levée des vulpins a été observé vingt-cinq à trente jours après une préparation de sol en conditions très sèches ! L’objectif du faux semis est bien évidemment de faire lever les adventices avant d’implanter la culture d’intérêt !
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Quelle règle retenir sur la période de réalisation des faux semis ?
En général, il convient de prévoir un faux semis à six semaines de la date objective de semis. À trois semaines du semis, on peut profiter de faire un nouveau faux semis complémentaire, mais uniquement si les conditions s’y prêtent : pluies efficaces pour humidifier les premiers centimètres de sol, sinon mieux vaut s’abstenir. Évidemment, tout travail du sol à moins de quinze jours du semis est à proscrire, surtout si le travail est profond !
Ne pas détruire systématiquement les levées deux-trois jours avant semis.
Cette année, malgré des pluies éparses, on assiste déjà dans certaines parcelles à des levées impressionnantes de l’ordre de 2 à 3 000 ray-grass/m². Cette stimulation est très utile mais la destruction totale doit être de rigueur. À 99 % d’efficacité, il restera encore 20 à 30 pieds de ray-grass à un stade trop avancé (2-3 feuilles) que les désherbages céréales n’arriveront pas à contrôler. Cela sous-entend que la pulvérisation doit être irréprochable (conditions climatiques, adjuvantation, doses…).
Certains agriculteurs sont tentés de détruire mécaniquement ces levées, par un travail du sol au semis ou par le simple passage de la herse rotative… mais cela reste trop aléatoire et la plupart du temps utopique. Seul le passage d’une charrue permet d’enfouir suffisamment l’ensemble de ces levées. En dehors d’un labour, que l’on cherche à éviter pour les implantations d’automne, leur destruction doit donc se faire chimiquement deux-trois jours avant le semis : réalisée trop tôt (parfois une semaine avant le semis) c’est une semaine pendant laquelle, les graminées continuent à lever. Réalisée trop tard, lors du semis, certaines adventices ne captent pas suffisamment le désherbant. Certains agriculteurs préfèrent ajouter du glyphosate à leur désherbage de post-semis prélevée. C’est là aussi à déconseiller puisque certaines mauvaises herbes se retrouvent enfouies par les opérations de semis sans être détruites et ré-émergeront quelques jours plus tard.
Enfin, au semis, ne plus stimuler les adventices !
Dernier point complémentaire, mais pas des moindres : ne plus réaliser involontairement de faux semis ! Dans l’idéal, il faut viser de semer en «déplaçant le moins de terre possible» ; au risque que de nouvelles graines soient mises en conditions de germer et de lever. Les expérimentations menées par la chambre d’agriculture (en lien avec le GIEE Phytosez) ont montré tout l’intérêt d’avoir recours à un semoir de semis direct dans cette situation. En l’absence de ce type d’outil, le réglage de la herse rotative est primordial. De nouveaux essais sont en cours pour compléter ces préconisations.
Proscrivez donc tout travail profond avec quelque outil que ce soit autour du semis (chisel, déchaumeur à dents, déchaumeurs à disque…)
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En résumé : que retenir pour la campagne 2026 au 18 septembre ?
⇒ Pour les semis de début octobre : très clairement : il est trop tard pour réaliser des faux semis avant le lin d’hiver avec des dates de semis au 4-5 octobre. Même remarque pour tout semis de blé ou escourgeon prévu la première semaine d’octobre.
⇒ Pour les semis à partir de mi-octobre : si le sol est humide (en fonction de la pluviométrie de chaque secteur et du type de sol), il est recommandé de réaliser un faux semis. Si le sol est parfaitement sec : s’abstenir.
⇒ Et avant les cultures de printemps : l’automne peut aussi être mis à profit pour réaliser des faux semis d’automne pour venir déstocker des graines de ray-grass. Pour rappel, avec le programme d’action Zones vulnérables, il est possible de retarder ses semis de Cipan au 1er novembre, sans compter la dérogation Cipan de cette année, compte tenu des aléas climatiques.
Dans ce contexte, il est possible d’envisager un faux semis dès maintenant ou à la faveur de la prochaine pluie, un autre travail de stimulation des levées aura lieu avec le semis de Cipan (ou non) fin octobre. Et mieux encore : réaliser un faux semis supplémentaire tout début octobre.
Une autre piste afin de maximiser les levées d’adventices : le double passage de déchaumeur.