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Ils font le pari du tournesol pour valoriser leurs petites terres

Comme Jean-Michel Van Ooteghem, à Chirmont, de plus en plus d’agriculteurs font le pari du tournesol comme tête d’assolement dans leurs cranettes. En offrant le débouché, la coopérative Noriap répond à cette demande. La production n’est cependant pas sans risque. 

Malgré la déception à la récolte, Jean-Michel Van Ooteghem croit en cette nouvelle tête d’assolement pour ses petites terres. Il compte en semer 18 ha au printemps prochain.
Malgré la déception à la récolte, Jean-Michel Van Ooteghem croit en cette nouvelle tête d’assolement pour ses petites terres. Il compte en semer 18 ha au printemps prochain.
© Alix Penichou

Le réchauffement climatique est problématique, mais il offre aussi des opportunités que certains agriculteurs saisissent. La culture du tournesol oléagineux en est une. «Depuis quelques années, les pois sont une vraie déception. Plus de variété productive, de moins en moins de solutions pour lutter contre les ravageurs… Je cherchais donc une nouvelle tête d’assolement pour mes terres de craie», explique Jean-Michel Van Ooteghem, installé à Chirmont, près d’Ailly-sur-Noye. Lui en a semé 6,25 ha cette année.

Son débouché ? Sa coopérative, Noriap, qui répond à une demande de ses adhérents. «Cette production est à destination de l’huile pour l’alimentation humaine. Il s’agit d’un marché de commodité global au niveau mondial», précise Matthieu Beyaert, responsable collecte. Un prix minimum a été garanti aux producteurs, et les perspectives de valorisation sont alléchantes, au vu de l’envolée des cours des oléagineux. «Quelques centaines d’hectares» ont été emblavées cette année. 

La production, cependant, reste un défi. «Le premier défi est celui de la précocité, pour cette plante qui aime la chaleur et le soleil. Il faut pouvoir parvenir à la maturité. Or, nous sommes au nord de la France, et l’aléa climatique n’est pas à sous-estimer», prévient Philippe Pluquet, responsable du pôle agronomie et innovations chez Noriap. Cette année confirme le risque potentiel. La récolte des parcelles samariennes a débuté le 13 octobre et s’étalait jusqu’à la fin du mois, faute de tournesols suffisamment mûrs plus tôt. Les variétés avaient pourtant été choisies pour leur précocité. «Elle se passe bien car nous bénéficions d’une météo sèche et chaude pour la saison. Mais l’idéal est de ne pas dépasser la première semaine d’octobre.»

 

Déception à la récolte

Jean-Michel Van Ooteghem a récolté les siens le 14 octobre. Et le désenchantement était palpable ce jour-là. «Les tournesols étaient magnifiques ! Semés le 20 avril, ils présentaient une levée parfaitement homogène et se sont bien développés tout l’été», assure-t-il. Un gros coup de vent, dans la nuit du samedi 9 octobre, a tout gâché. Presque la moitié des tiges se sont cassées. Impossible pour Romaric Quequet, entrepreneur à Sourdon, de récolter. «La moissonneuse est équipée de plateaux, mais elle ne parvient pas à relever les lourdes têtes tombées au sol», regrette-t-il. Le soir-même un autre entrepreneur, différemment équipé, a pu sauver les meubles, mais les pertes ont été nombreuses. «J’obtiens un résultat de 29 qx/ha, alors que la moyenne se situe entre 34 et 39 qx/ha. C’est la déception.» L’alternaria, maladie qui peut fragiliser les tiges, serait-elle l’une des causes ? L’équipement dans du matériel de récolte adapté est en tout cas un facteur de réussite sur lequel il faudra pouvoir compter.

 

De nombreux atouts

Jean-Michel Van Ooteghem croit tout de même en la place du tournesol dans son assolement et table sur 18 ha pour la prochaine campagne. Les atouts sont nombreux. Cette culture de printemps au cycle court permet de valoriser les terres séchantes. «Elle est peu gourmande en intrants. Ni fongicide, ni insecticide, un désherbage à la levée a suffi», ajoute l’agriculteur. Semée à 45 cm, elle offre la possibilité d’un binage. Comme il s’agit d’une toute jeune culture dans la région, les maladies sont quasi-inexistantes. 

Au-delà du climat, d’autres facteurs de risque sont cependant à prendre en compte. «Il peut y avoir de gros dégâts de pigeons à la levée, prévient Philippe Pluquet. L’effarouchement ou le semis sous couvert d’orge de printemps sont les seuls leviers.» Les oiseaux, friands des graines, peuvent aussi se charger de la récolte avant la machine. «Dans des petites parcelles, la destruction peut être très rapide !» Le séchage, enfin, nécessaire lorsque la maturité n’est pas totalement atteinte, est plus délicat que pour le blé. «L’huile, ça brûle !» Noriap laisse la porte ouverte à d’éventuels nouveaux producteurs de tournesol. 

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