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Irrigation : alerte au vol de matériel !

La saison d’irrigation débute et, déjà, des agriculteurs ont subi des vols et dégradations. Les gendarmes de la Somme s’activent sur le terrain et appellent à la vigilance.

Les brigades territoriales de contact (BTC) de la gendarmerie se rendent sur place le plus régulièrement possible. Elles incitent les agriculteurs à les informer de l’emplacement de leur station d’irrigation et de tout fait suspect.
Les brigades territoriales de contact (BTC) de la gendarmerie se rendent sur place le plus régulièrement possible. Elles incitent les agriculteurs à les informer de l’emplacement de leur station d’irrigation et de tout fait suspect.
© A. P.

Les canons à eau sortent les uns après les autres, dans la plaine samarienne, depuis un peu plus d’une semaine. Et en quelques jours, les stations d’irrigations ont déjà subi des vols : carburant, batteries, câbles en cuivre, et accessoires de mécanique générale et spécialisée sont prisés des malfaiteurs.
Ce mercredi matin, le propriétaire d’une station d’irrigation située à Nesle témoignait de deux infractions déjà commises. «Ils ont pris deux fois la batterie et des câbles. Une année, 2 000 l de gasoil ont même disparu», se désole-t-il. Il faut dire que son installation est idéalement située pour les voleurs : dans une cuvette, à l’abri des regards, au bord d’un chemin praticable, doté de deux issues, bien pratiques pour la fuite. «Les agriculteurs ne choisissent pas où installer la station. C’est l’eau qui décide ! C’est presque toujours dans des lieux isolés, et les biens qui s’y trouvent sont coûteux, alors évidemment, cela attire les mauvais esprits», ajoute le major Claude Guyart, référent agriculture de la gendarmerie dans la Somme. Deux types de malfrats sont identifiés : «des locaux, dont le passage est souvent discret, puisqu’ils se servent en petite quantité, et reviennent régulièrement, et des réseaux plus organisés, qui prélèvent en quantité, et qui causent souvent des dégâts matériels, occasionnant un arrêt de l’activité d’irrigation pendant plusieurs heures, le temps des réparations.»
Alors, pour lutter contre ces infractions, toujours coûteuses pour les agriculteurs, les gendarmes améliorent d’année en année leur dispositif. «Depuis 2014, nous travaillons à rétablir le lien avec les agriculteurs. Tout d’abord, des unités territoriales ont intensifié le contact avec eux. Cette année, des brigades territoriales de contact (BTC) se rendent sur place le plus régulièrement possible.» Celles-ci sont très réactives, et ont déjà permis des arrestations.

«Les agriculteurs sont nos yeux»
Mais les implantations dispersées, parfois méconnues des services, sont une problématique. Les gendarmes sollicitent donc la collaboration des agriculteurs. «Nous les invitons à nous indiquer où leurs stations se trouvent. Plus largement, nous voulons que l’agriculteur soit acteur de sa sécurité et de la sécurité en général. Ils sont nos yeux ! Nous les invitons à nous remonter tout ce qui leur paraît suspect. Un piéton, une voiture…» Composer le 17 et contacter directement la BTC du secteur sont les réflexes à adopter.
La vigilance semble la solution de lutte la plus appropriée, car difficile de protéger les installations. «Plus elles seront fermées, plus les dégradations pour y accéder seront importantes. Mais en même temps, tout laisser ouvert facilite le vol.» Le major Claude Guyart livre tout de même quelques conseils. Une caméra de chasse, par exemple, peut être posée à proximité. «Les photos qu’elle prend peuvent désormais être saisies dans le cadre d’un dossier judiciaire.» Attention, toutefois, la législation interdit de filmer la voie publique sans autorisation.
Les exploitations, elles aussi victimes de vols, doivent aussi susciter la prudence. «Les clés des voitures et engins agricoles laissées sur le contact, ou dans la roue, l’outillage qui traîne dehors, les ateliers ouverts… Tout cela est à éviter !» Les issues qui ne servent que ponctuellement pourront être provisoirement condamnées à l’aide de big bags, ou encore, des noues (fossés peu profonds et larges, creusés en forme de triangle), permettront d’immobiliser un véhicule…
Les gendarmes de la BTC l’assurent, le réseau créé avec les agriculteurs porte ses fruits. Grâce à cette prévention, la tendance à la délinquance dans le secteur agricole est baissière. «Mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous devons poursuivre les efforts.»

Alerte Agri 80 : le réseau de sentinelle

En plus de la présence des BTC sur le terrain, depuis 2015, la gendarmerie a mis en place Alerte Agri 80, un système d’alerte par SMS, lorsqu’un vol (ou une tentative de vol) se produit dans une exploitation. Le principe est le suivant : un agriculteur victime d’un délit, ou d’une tentative, prévient le centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie en composant le 17. Le centre envoie un SMS aux membres du réseau (agriculteurs et gendarmes) pour signaler les faits. «L’objectif est encore une fois de rendre vigilant», assure le major Claude Guyart.
Pour les vols de matériel d’irrigation, Alerte Agri 80 est un outil de veille supplémentaire. «Lorsqu’un agriculteur est informé d’un fait dans son secteur, il ouvre l’œil, et va souvent faire un tour pour surveiller ses biens


Inscription au dispositif ouverte à tous les agriculteurs titulaires d’un numéro Siret,
sur www.alerte-agriculture.com/Somme/

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