Communication
Jérôme Despey (FNSEA) : « Le Tour de France est une caisse de résonance pour briser les clichés »
À l'occasion du Tour de France 2026, la FNSEA renouvelle son opération « Les Agris aiment le Tour » pour mettre en lumière l'agriculture française auprès de millions de spectateurs. Entre fresques monumentales, promotion des métiers et valorisation de l'enseignement agricole, Jérôme Despey explique pourquoi la Grande Boucle reste, selon lui, « une caisse de résonance » unique pour changer le regard porté sur le monde agricole.
À l'occasion du Tour de France 2026, la FNSEA renouvelle son opération « Les Agris aiment le Tour » pour mettre en lumière l'agriculture française auprès de millions de spectateurs. Entre fresques monumentales, promotion des métiers et valorisation de l'enseignement agricole, Jérôme Despey explique pourquoi la Grande Boucle reste, selon lui, « une caisse de résonance » unique pour changer le regard porté sur le monde agricole.
Le Tour de France 2026 marque la 19e édition du concours « Les Agris aiment le Tour ». Pouvez-vous nous parler de l'importance des fresques réalisées par les FDSEA sur le parcours et du thème retenu cette année ?
C’est une immense fierté pour la FNSEA de voir cette aventure humaine et artistique se poursuivre pour la 19e année consécutive. Les fresques agricoles sont bien plus que de simples animations ; elles sont devenues de véritables vitrines du patrimoine de nos territoires. En 2026, nous attendons 13 fresques monumentales réparties sur les deux éditions du Tour de France : hommes et femmes. Le thème retenu cette année est « Les saisons ».
C'est un sujet qui nous tient à cœur, car il illustre le rythme naturel de nos productions et la capacité d'adaptation de nos agriculteurs face au temps qui passe et au climat. Chaque fresque est le fruit d’une mobilisation collective exemplaire entre agriculteurs bénévoles, élus et partenaires locaux. Par exemple, dans les Hautes-Alpes, un immense vélo symbolisera la transhumance et l’entretien des paysages de montagne à travers les quatre saisons.
Dans le Cantal, c'est une fourme d'AOP Cantal qui trônera au sommet d'une montagne divisée entre l'été et l'hiver. Au pied du Château de Losse, au cœur de la vallée de la Vézère, les agriculteurs de Dordogne ont imaginé une fresque intitulée “Quatre saisons, mille saveurs”.
Ces créations collectives témoignent de la solidarité du monde agricole. Grâce aux images spectaculaires diffusées par les hélicoptères de France Télévisions, ces œuvres sont vues par des millions de téléspectateurs, créant un lien unique entre ceux qui façonnent nos paysages au quotidien et le grand public. Un concours vient récompenser cet engagement, la créativité et la fierté de nos racines. En 2025, nous avions déjà mobilisé 24 FDSEA, et l'engouement ne cesse de croître. La FNSEA déploie cette année encore la campagne « Ma Nature, Mon Futur, l’Agriculture ».
En quoi la promotion des métiers de l'agriculture est-elle aujourd'hui un enjeu vital pour la souveraineté alimentaire de la France ?
La situation est sérieuse et nous tirons la sonnette d'alarme : sans agriculteurs, il ne peut y avoir de souveraineté alimentaire. Le constat est clair : près d’un agriculteur sur deux pourra faire valoir ses droits à la retraite dans les dix prochaines années. Le renouvellement des générations est donc notre priorité absolue pour garantir l’avenir de notre modèle agricole. Le recensement de France Travail pour 2026 fait état de 193 300 projets de recrutement dans le secteur agricole. C'est un besoin colossal qui illustre l'ampleur des opportunités professionnelles dans un secteur en pleine mutation.
Le Tour de France est pour nous une « caisse de résonance » formidable pour briser les clichés. L’agriculture, c’est plus de 100 métiers. De l’élevage à la viticulture, en passant par le maraîchage, la transformation et la commercialisation, il y a forcément un métier pour chacun.
À chaque étape, nous dévoilons au public, au sein des Villages emplois, un panorama des emplois disponibles dans le département traversé. Par exemple, en Gironde, les exploitations emploient déjà environ 45 000 salariés permanents et saisonniers. Dans l'Allier, nous devons impérativement compenser le fait que le taux de transmission est inférieur aux départs.
Notre présence dans la caravane avec nos quatre véhicules, dont l’emblématique tracteur orange, nous permet de diffuser ces messages positifs et de montrer que l'agriculture est un secteur dynamique, innovant et stratégique. Vous insistez beaucoup sur le slogan « Du CAP au Bac +5, à chacun son parcours vers l'excellence ».
Quelle image souhaitez-vous projeter de l'enseignement agricole et quels sont les chiffres clés de cette réussite ?
Nous voulons que les jeunes et leurs familles sachent que choisir l'enseignement agricole est une garantie de formation solide et d'emplois d'avenir. C’est une véritable filière d'excellence. Aujourd'hui, la France compte 796 établissements de formation agricole accueillant 218 000 élèves et étudiants, dont 49 000 apprentis. Ce réseau est complété par 19 écoles d'enseignement supérieur et 147 centres de formation d'apprentis (CFA).
Les chiffres d'insertion professionnelle parlent d'eux-mêmes et sont exceptionnels : 93 % des diplômés de l'enseignement supérieur long sont en poste 12 mois après l'obtention de leur diplôme. Pour les Bac Pro, le taux d'insertion est de 87 %, et il atteint 92 % pour les BTSA trois ans après le diplôme. De plus, les taux de réussite aux examens sont très élevés, oscillant entre 79 % et 99 % selon les diplômes.
Cette excellence académique se conjugue à une grande mixité, avec 46 % de filles dans nos effectifs.
En mettant en avant ces parcours au travers de notre dispositif sur le Tour, comme au Lycée agricole Edgard Pisani en Corrèze, nous démontrons que l'agriculture offre des perspectives extraordinaires dans un secteur en croissance. Enfin, le Tour de France est aussi une rencontre humaine.
Quel message adressez-vous aux milliers de supporters et aux agriculteurs qui se mobilisent sur les routes de cette 113e édition ?
Le Tour de France est bien plus qu'une course cycliste ; c’est une célébration de nos territoires vivants. Je veux d'abord saluer nos plus de 1 000 supporters "officiels" qui, chaque année, arborent nos couleurs avec passion. En 2025, l'enthousiasme était tel que nos agriculteurs ont mené 24 olas sur tout le territoire, renforçant les liens de cohésion entre la caravane et le public.
S’associer au Tour de France d’Amaury Sports Organisation (ASO), c’est partager des valeurs communes : le travail acharné, le goût de l’effort et l’attachement aux traditions. Que ce soit dans les Landes, terre d'excellence gastronomique, ou dans les Vosges, premier département laitier de l'Est, nos agriculteurs sont les gardiens de l'art de vivre à la française.
À travers nos cadeaux distribués au public et nos échanges sur les routes, nous voulons transmettre cette fierté collective. Nous invitons tout le monde à nous suivre sur les réseaux sociaux avec l’hashtag #AgricultureMonFutur pour découvrir les coulisses de cet engagement. Ensemble, nous affirmons que l'agriculture est prête à relever les défis de demain avec détermination et enthousiasme.