Intempéries
La brutalité de l’orage du 27 juin saisit les agriculteurs de l’est de la Somme
Dans la soirée du 27 juin, un violent orage a éclaté à l’est de la Somme. De Ham à Péronne, en passant par Nesle et le Santerre, les dégâts sont parfois considérables. Bâtiments agricoles et cultures sont fortement abîmés. Témoignages.
Dans la soirée du 27 juin, un violent orage a éclaté à l’est de la Somme. De Ham à Péronne, en passant par Nesle et le Santerre, les dégâts sont parfois considérables. Bâtiments agricoles et cultures sont fortement abîmés. Témoignages.
«Je n’avais jamais connu un orage d’une telle intensité. On se croyait dans le film La Guerre des mondes», s’étonne encore Roan Moitoiret, agriculteur à Rollot. Vers 22 heures, samedi 27 juin, un orage particulièrement violent a éclaté, traversant la Somme et frappant plus durement l'est du département. Dans ce secteur de Montdidier, 45 mm d’eau sont tombés en moins d’une heure, et des vents d’une intensité incroyable ont soufflé. Toute la nuit, Roan a joué du télescopique et de la tronçonneuse pour aider à dégager les routes, bloquées par des arbres déracinés. Le lendemain matin, il constatait l’état de ses cultures. «Tous les blés sont couchés, alors que la plupart arrivaient à maturité. Le colza est versé et les siliques sont ouvertes. Le maïs est versé et les tiges sont cassées. Les pois sont plaqués au sol, irrécoltables», regrette-t-il. Des ballots de paille ont même roulé et écrasé le champ voisin.
Du maïs cassé, du lin touillé
David Boucher, responsable agronomie du Groupe Carré, confirme : «Dans ce secteur, beaucoup de clients ont subi des dégâts sur leurs bâtiments et la plaine. L’un d’eux a 80 % de ses blés à terre. On estime entre 30 et 40 % de casse sur les pieds de maïs. Les lins d’hiver déjà arrachés se sont envolés ; ceux de printemps encore sur pied sont touillés, foutus.»
Pour les agriculteurs non assurés, la perte sera lourde. «Ce sera une année déficitaire», craint Roan Moitoiret, qui n’a pas assuré ses cultures. Ses bâtiments, en revanche, n'ont pas été endommagés.
C’était aussi violent que soudain
Ce n’est pas le cas des hangars et de la maison d’habitation de Benoît Vansteenkiste, à Tilloloy. «C’était aussi violent que soudain», confie-t-il. «Ce qui m’a le plus frappé, c’est l’eau qui s’est mise à couler du plafond.» Chez lui, et au festival Retro C Trop qui se tenait au bout de sa pâture servant de parking, il semblerait qu’une mini-tornade se soit formée, arrachant tout sur son passage et faisant infiltrer la pluie par-dessous les tuiles.
Tous les bâtiments de sa ferme ont leur toiture endommagée. Une grange a carrément un pignon arraché. «Celle-ci est mise en péril. Pour le reste, j’attends le passage de l’expert pour savoir s’il faut engager des travaux ou
démolir.» Par «chance», à quelques jours de la moisson, le matériel n’a pas été endommagé. «L’outil de production est toujours en état de fonctionnement.» Reste à savoir ce qu'il sera possible de récolter. Lui, en revanche, avait assuré ses cultures. «C’est un filet de sécurité qui semble désormais inévitable.»