La citrouille d’Halloween est-elle bonne à manger ou seulement bonne à faire peur ?
Le 31 octobre, elle pousse des cris muets sur les rebords de fenêtres et grimace devant les portes des maisons. Mais une fois les bougies éteintes, la citrouille d’Halloween peut-elle finir dans une casserole ? Oui, certaines se mangent. Mais tout dépend de la variété, et mieux vaut prendre quelques précautions avant de transformer son monstre orange en soupe.
Le 31 octobre, elle pousse des cris muets sur les rebords de fenêtres et grimace devant les portes des maisons. Mais une fois les bougies éteintes, la citrouille d’Halloween peut-elle finir dans une casserole ? Oui, certaines se mangent. Mais tout dépend de la variété, et mieux vaut prendre quelques précautions avant de transformer son monstre orange en soupe.
Deux yeux triangulaires, une bouche édentée et une bougie pour éclairer le tout : la citrouille d’Halloween est devenue un incontournable du 31 octobre. Mais derrière sa grimace se cache une question très sérieuse pour les amateurs de cuisine et les chasseurs de gaspillage : peut-on manger la chair retirée au moment de la sculpture ?
La réponse est oui, à condition de bien choisir sa courge. Car toutes les citrouilles ne se valent pas en cuisine. Certaines ont été sélectionnées pour leur facilité de découpe, d’autres pour leur goût. Et certaines courges décoratives ne doivent surtout pas être consommées.
Jack O’Lantern : une citrouille qui ne manque pas de chair
La variété Jack O’Lantern, dont le nom est associé à la célèbre lanterne d’Halloween, est bien comestible. Elle a été sélectionnée pour produire de beaux fruits orange, faciles à creuser et à sculpter. Sa chair peut être cuisinée, même si elle est généralement moins appréciée pour ses qualités gustatives que celle des variétés spécialement destinées à la cuisine. L’université de l’Illinois, aux États-Unis, distingue ainsi les grosses citrouilles décoratives des petites citrouilles sucrées, plus adaptées aux préparations culinaires.
Autrement dit, la Jack O’Lantern peut passer du perron à la cuisine. Mais ne vous attendez pas forcément à retrouver la finesse d’un potimarron dans votre assiette.
Pour préparer une soupe, une purée ou un gratin, mieux vaut généralement privilégier une variété réputée pour la qualité de sa chair. Le potimarron, par exemple, est apprécié pour sa texture et son goût de châtaigne. La Musquée de Provence est une autre possibilité pour les amateurs de courges cuisinées.
Attention aux fausses bonnes citrouilles
C’est ici que l’histoire se complique. Toutes les courges vendues à l’automne ne sont pas comestibles. Les coloquintes et autres courges ornementales sont destinées à la décoration et peuvent être toxiques.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) met en garde contre les cucurbitacines, des substances naturellement présentes dans certaines courges. Elles peuvent provoquer des troubles digestifs parfois sévères : douleurs abdominales, vomissements et diarrhées, parfois sanglantes. Et la cuisson ne détruit pas ces substances toxiques.
Le problème, c’est que l’apparence ne suffit pas toujours à distinguer une courge comestible d’une courge toxique. Certaines courges cultivées dans un potager peuvent également devenir impropres à la consommation après une hybridation avec des variétés amères.
La règle à retenir est simple : on vérifie l'étiquette et, en cas de doute, on demande conseil au vendeur. Si une courge présente une amertume inhabituelle, on recrache immédiatement le morceau goûté et on jette le légume. Inutile d'essayer de masquer son goût avec de la crème, du fromage ou une bonne dose de muscade.
Du couteau à la casserole : attention à la conservation
Même lorsqu'une citrouille est comestible, sa transformation en lanterne change la donne. Une fois ouverte, sa chair est exposée à l'air, aux manipulations et aux contaminations possibles.
Pour éviter le gaspillage, le mieux est de récupérer la chair au moment de la découpe, avec des ustensiles propres, puis de la conserver rapidement au réfrigérateur avant de la cuisiner. En revanche, si la citrouille a passé plusieurs jours dehors, qu'elle a été exposée à la chaleur, qu'elle présente des moisissures ou que sa chair s'est dégradée, mieux vaut ne pas la consommer.
Les graines, elles aussi, peuvent être récupérées sur une citrouille alimentaire en bon état, nettoyées puis grillées au four. De quoi préparer un petit encas pour accompagner la soirée d'Halloween.
Reste un détail : si vous avez acheté une citrouille uniquement pour la décoration, sans connaître sa variété ni son aptitude à la consommation, ne prenez pas de risque. Le compost reste une destination plus sûre que l'assiette.