Faits divers
La coopération entre gendarmes et agriculteurs fait tomber le siphonneur de GNR
Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, une agricultrice a été victime d’un vol de GNR dans sa station d’irrigation, près de Nesle, au sud de Péronne. La collaboration entre gendarmes et agriculteurs a permis l’interpellation rapide de l’auteur. Un résultat rendu possible grâce à un travail de coordination engagé depuis près d’un an et demi.
Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, une agricultrice a été victime d’un vol de GNR dans sa station d’irrigation, près de Nesle, au sud de Péronne. La collaboration entre gendarmes et agriculteurs a permis l’interpellation rapide de l’auteur. Un résultat rendu possible grâce à un travail de coordination engagé depuis près d’un an et demi.
Samedi 27 juin. Il est environ 9h lorsqu’une agricultrice se rend compte que sa station d’irrigation a été visitée durant la nuit. «Mon voisin a constaté que son cadenas a été coupé et m’a prévenu que le mien l’était également. J’ai aussi reçu des alertes sur mon application de vidéosurveillance. C’est comme ça que je m’en suis rendue compte», précise-t-elle. Près de 80 litres de GNR ont été dérobés dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27, dans le secteur de Nesle, non loin de Péronne. Les caméras de surveillance, installées quelques jours auparavant par l’exploitante, ont filmé l’auteur des faits.
Les images sont rapidement partagées sur une boucle WhatsApp réunissant plusieurs agriculteurs du secteur. Relayée de groupe en groupe, l’information parvient jusqu’à Laurent Degenne, maire de Licourt, et agriculteur. Il visionne les images de vidéosurveillance de la commune et repère un véhicule suspect, passé à proximité avant, puis après le vol. Les éléments sont aussitôt transmis aux gendarmes. Quelques heures plus tard, dans l’après-midi, un individu est interpellé et le GNR est finalement retrouvé. «Nous avons été informés du vol vers midi et, à 16h30, le suspect a été appréhendé. C’est cette transmission rapide d’informations qui nous a permis d’agir au plus vite», raconte Jean-Yves Dochy, capitaine de gendarmerie, adjoint au commandant de la compagnie de Péronne. Début de semaine, le prévenu a été condamné à neuf mois de prison ferme.
Un ras-le-bol dans la profession
Dans le monde agricole, les vols de GNR, de matériels, de batteries et accessoires en tous genres ne sont pas des cas isolés. «Ce n’est pas une première, cela s’est déjà produit plusieurs fois par an», raconte l’agricultrice, lassée. Des actes répétés qui l’ont poussée à s’équiper de caméras de vidéosurveillance, une décision qu’elle avait jusque-là évitée.
Au-delà du préjudice matériel et des craintes de sabotage, les conséquences sont aussi psychologiques : les victimes vivent dans un climat d’insécurité, redoutant régulièrement de nouveaux vols. «Nous sommes déjà assez sollicités et occupés par notre travail comme ça. On est constamment sur le qui-vive !», confie la cheffe d’exploitation.
Malgré une interpellation rapide par les forces de l’ordre, la procédure qui s’ensuit reste chronophage. Entre le dépôt de plainte et la convocation au tribunal, l’agricultrice a dû consacrer plusieurs heures à cette affaire, dans un quotidien déjà bien chargé. «Lorsque des vols ont lieu, les agriculteurs portent généralement peu plainte, par manque de temps ou par peur de perdre une demi-journée de travail. Pourtant, il est primordial qu’ils le fassent pour que nous puissions intervenir le plus rapidement possible», insiste Jean-Yves Dochy.
Une collaboration qui porte ses fruits
Depuis un an et demi, la gendarmerie de Péronne renforce sa présence auprès des agriculteurs. En 2025, deux réunions ont été organisées avec des objectifs précis : faire un bilan de la situation sécuritaire, identifier les attentes des exploitants et construire une collaboration sur le long terme. Ces temps d’échanges avec la FDSEA 80 et les Jeunes agriculteurs ont permis de révéler l’ampleur des vols et des sabotages dans le milieu agricole, jusqu’ici largement sous-estimée en raison du faible nombre de plaintes.
Et les premiers résultats de cette coopération sont d’autant plus encourageants : «Il y a une dizaine de jours, nous avons remonté la trace d’un couple ayant volé des poteaux de vigne. L’homme a été condamné à dix mois de prison ferme et sa femme a été jugée plus légèrement», indique Jean-Yves Dochy. Mais les interpellations ne s’arrêtent pas là et d’autres affaires remontent à la surface. Le capitaine de gendarmerie de Péronne poursuit :
«Grâce à la multiplication des dépôts de plainte, nous avons pu remonter la trace d’un binôme responsable d’une dizaine de vols de GNR. C’est la première opération d’une telle ampleur sur le secteur.»
Pour faire face à ces phénomènes de vols et de sabotages, les forces de l’ordre préconisent plusieurs bonnes pratiques : installer des caméras de vidéosurveillance, poser des détecteurs d’ouverture de porte, privilégier les alarmes silencieuses avec transmission à distance et surtout faire remonter le plus rapidement possible tout renseignement (véhicule suspect, présence inhabituelle, etc.) afin de faciliter les enquêtes et les interpellations.