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Pommes de terre
La Coopérative féculière de Vecquemont sauve «son» usine

Face à un industriel (Roquette) qui n’entendait pas revaloriser le prix d’achat de pommes de terre destinées à la transformation, la Coopérative féculière de Vecquemont a finalement obtenu gain de cause pour les deux prochaines campagnes. Un soulagement pour une grande partie des 950 producteurs adhérents.

Compte tenu des annonces de prix pour les deux prochaines campagnes, l’usine  de Vecquemont devrait être approvisionnée en pommes de terre fécule sans trop de difficultés, même si des surfaces restent à trouver chez les producteurs  du grand nord de la France.
Compte tenu des annonces de prix pour les deux prochaines campagnes, l’usine de Vecquemont devrait être approvisionnée en pommes de terre fécule sans trop de difficultés, même si des surfaces restent à trouver chez les producteurs du grand nord de la France.
© D. R.

Les négociations ont été âpres et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux parties s’en sortent bien. D’un côté, la coopérative féculière de Vecquemont a dû faire face à l’inquiétude et au désintérêt d’un certain nombre de producteurs démotivés par une trop faible rémunération de leurs pommes de terre. De l’autre, le risque était pour l’industriel Roquette de ne plus avoir suffisamment de volumes de matières premières pour faire tourner son usine de Vecquemont (80) ; ce qui aurait mis en cause sa pérennité. L’annonce d’une revalorisation des prix pour les campagnes 2022-2023 et 2023-2024 par un courrier du 24 juin a toutefois été vécue comme «un soulagement», assurait en ce milieu de semaine le directeur de la coopérative, Bruno Poutrain. 

Dans cette lettre adressée aux producteurs, cosignée du responsable approvisionnements pommes de terre de Roquette, Gwenolé Pasco, et du président de la coopérative de Vecquemont, Olivier Brasset, on peut lire que le prix d’achat de la pomme de terre féculière est fixé «à 85 €/t à 17 de richesse» pour la campagne 2022-2023. S’agissant d’un prix de base, il ne tient pas compte des bonus-malus pour la tare, de la participation au transport ou encore de la prime de longue conservation qui pourront s’ajouter. En ce qui concerne la campagne 2023-2024, le prix serait «d’au moins» 85 €/t à 17, auquel s’ajoutera une prime de 200 € par hectare emblavé en 2023. «Évidemment, on va toujours trouver quelqu’un pour dire que ce n’est pas assez, mais on partait de loin…», souligne M. Poutrain.

 

Risque d’abandon de la fécule

Pour se faire entendre, les responsables de la coopérative n’avaient pas hésité «à taper haut et fort», en adressant leur demande de revalorisation du prix de la pomme de terre et d’éclaircissement sur l’avenir de leur production à Édouard Roquette, le président du groupe Roquette Frères. Fait inédit, la Coopérative de Vecquemont fait remarquer que c’est la première fois que l’industriel s’engage aussi tôt sur un prix d’achat. «C’est bien la preuve que l’heure est grave», témoignait ce mardi 28 juin Olivier Brasset. Sans hausse de prix, il est fort à parier qu’un certain nombre de producteurs – ils sont 950 au sein de la coopérative – auraient jeté l’éponge pour se tourner vers d’autres productions. C’est en tous cas ce que redoutaient les responsables de la coopérative : «Être attaché à une production ne suffit pas, rappelait Bruno Poutrain. Les producteurs doivent s’y retrouver. Si ce n’est pas le cas, quand on voit le prix d’autres productions comme le blé, certains seraient tentés de se détourner de la pomme de terre fécule» ; y compris en allant jusqu’à renoncer à leur statut et engagement de coopérateur. 

 

Consolider les volumes de 2023

Lors du congrès de l’UNPT, le 8 juin dernier, le sort des producteurs de pommes de terre fécule, comme de la filière toute entière, était de toutes les discussions : «La filière féculière française est en danger de mort», avait alerté Geoffroy d'Évry, son président. «La destruction de valeur que subissent les producteurs conduira inévitablement à l'amputation de notre souveraineté alimentaire et industrielle et à la fin de notre rang de grand exportateur mondial de fécule», s'était-il alarmé. Un an plus tôt, l’UNPT avait déjà alerté féculiers et pouvoirs publics, sur «la baisse des éléments de rémunération» de la récolte 2021 ; ce qui s’est ensuite confirmé.

Fort de nouvelles «rassurantes», la Coopérative féculière de Vecquemont va désormais s’atteler à consolider les surfaces pour la campagne 2023, avec l’espoir de les voir augmenter pour la campagne suivante : «D’abord, on arrête l’hémorragie, et ensuite, on augmente», explique Bruno Poutrain qui assure néanmoins que des volumes sont à saisir dès la prochaine campagne (2023).

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