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La Coopérative laitière de la Bresle veut croire en son avenir

Seize demandes de cessation laitière en 2017, mais aussi des demandes de volumes. La Coopérative laitière de la Bresle souhaitait mettre en avant les perspectives de développement lors de son AG, mardi 20 mars.

Sébastien Théron, président de la coopérative : «Les possibilités de reprise de volumes de production existent. Nous encourageons les éleveurs qui en ont la capacité à produire plus.» 
Sébastien Théron, président de la coopérative : «Les possibilités de reprise de volumes de production existent. Nous encourageons les éleveurs qui en ont la capacité à produire plus.» 
© A. P.


Optimiste. C’est dans cette position que veut se placer Sébastien Théron, exploitant à Meneslies et président de la Coopérative laitière de la Bresle. Cette dernière tenait son assemblée générale mardi 20 mars, à Martainneville.
Les chiffres de la structure sont corrects : 8 025 000 € de chiffre d’affaires pour 8 022 000 € de charges. Des montants élevés, car la coopérative de 102 adhérents au 31 décembre 2017 sert en fait de relais entre les producteurs laitiers de la vallée de la Bresle, dans la Somme et la Seine-Maritime, et la laiterie Eurial ultra frais. «Notre perspective d’avenir est de poursuivre notre activité», annonçait simplement Sébastien Théron.
La crise n’a pourtant pas épargné les producteurs laitiers du secteur. Pour preuve : seize demandes de cessation laitière en 2017, soit 5 786 000 litres de lait en moins. «Mais elles ont été compensées par trente-huit demandes de volumes cette même année, dont une installation d’un jeune agriculteur, assure le président. Ce qui représente 4 465 000 litres attribués par nous-mêmes et 300 000 litres par la laiterie.»
Le contrat correspondant à la période 2018-2020 engage la coopérative de la Bresle à produire 55 millions de litres. Les dépassements de volumes sont pénalisés à hauteur de 286 €/1 000 l, seulement si la coopérative elle-même est pénalisée. Mais la limite est loin d’être atteinte puisque, en 2017, les adhérents ont produit un peu moins de 49 millions de litres de lait. Sébastien Théron confie : «Les possibilités de reprise de volumes de production existent. L’un des objectifs de notre coopérative est d’encourager les éleveurs qui en ont la capacité à produire plus.» Les demandes de volumes sont à faire auprès des ATC de la laiterie. Elles sont étudiées à chaque fin de trimestre par la commission. La prochaine aura lieu le 30 mars.
La laiterie Eurial encourage aussi les producteurs de la Bresle. Malgré une diminution de 9 % du volume collecté entre 2016 et 2017 (soit 4,9 millions de litres en moins), les efforts des producteurs se font sentir. «Une qualité de lait très satisfaisante, malgré une sensible hause des germes», assure Yves Le Lan, responsable de la collecte pour la laiterie.

Eurial innove
Côté perspectives, Eurial a présenté ses projets. Un des défis est d’accroître les activités à l’international, principalement en Asie, en Amérique du Nord et en Afrique, cibles qui présentent une demande croissante de produits laitiers de la part des consommateurs.
Elle souhaite aussi augmenter la part des litrages transformés pour mieux maîtriser la valeur du lait. «Pour valoriser l’ensemble de la collecte, nous devons également renforcer nos marques», comme le fromage Soignon, le lait UHT Agrilait ou encore le beurre et la crême Grand fermage. Mais l’attention est surtout portée sur les marques Guilloteau (dont le Pavé d’Affinois).
Deux axes stratégiques sont évoqués. Le premier, s’imposer sur l’ultra frais alternatif, comme le bio ou le lait de brebis, car «ces niches représentent 17 % du chiffre d’affaires, mais aussi 100 % de la croissance». Le deuxième est l’innovation. La gamme Guilloteau s’élargit donc au mini Pavé d’Affinois, à de nouvelles aromatisations, au chèvre frais, aux Bûches du Pilat, aux formats LS grand export. «Les habitudes de consommation changent, et nous devons aussi pouvoir proposer des produits adaptés. En France, par exemple, les fromages sont moins consommés après le plat, mais plutôt à l’apéritif.»
Eurial souhaite enfin proposer du sur-mesure pour les boulangers-pâtissiers avec un beurre texture pour industrie, par exemple, et veut développer des ingrédients pour l’activité snacking.

Premier anniversaire

La Coopérative laitière de la Bresle soufflait sa première bougie ce 9 mars. Elle est née de la fusion de deux associations de producteurs de lait du Thil (76) et du Vimeu (80) qui, après avoir créé une organisation de producteurs nationale en 2011, ont souhaité devenir coopérative en 2017. Celle-ci a pour but d’organiser les volumes, la collecte, la vente, la transformation et la conservation de la production des éleveurs adhérents. La circonscription territoriale englobe 350 communes entre la Seine-Maritime et la Somme, avec le cœur de collecte dans un rayon de 40 km autour de Gamaches (80).
La valeur de la part sociale pour les adhérents a été fixée à 2 € les 20 000 litres. La coopérative livre la société Eurial, qui a fusionné avec la coopérative Agrial (360 millions de litres de lait collectés en 2016), tandis que, précédemment, l’OP était collectée par le groupe Senagral.

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