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Élevage
La FCO pèsera encore sur la production de viande ovine en 2026

En baisse tendancielle depuis les années 1980, la production de viande ovine devrait reculer une nouvelle fois en 2026, selon les prévisions de l’Idele. En cause, les effets à retardement de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO).

Avec 4,9 millions de brebis en novembre dernier, le cheptel hexagonal «semble tout juste se stabiliser fin 2025», constate l’Idele.
© Marie-Claude Vergne/Pexels

Les abattages contrôlés d’ovins en France devraient reculer une nouvelle fois en 2026, de 4 % (à 64 000 téc), principalement en raison des effets sur le long terme de la fièvre catarrhale ovine (FCO), selon le bilan annuel de l’Idele paru le 14 avril. Après cette épizootie, dont le pic a été atteint en 2024, les éleveurs reconstituent leurs troupeaux. «La hausse des mortalités des reproducteurs au second semestre 2024 a provoqué une baisse des naissances puis des sorties en 2025», explique l’Institut de l’élevage. Avec 4,9 millions de brebis en novembre dernier (+ 1 %
sur un an), le cheptel hexagonal «semble tout juste se stabiliser fin 2025», constate l’institut technique. Autre signe de rétention d’animaux en élevage : les abattages d’ovins de réforme sont attendus en baisse de 3 % en 2026.
En 2026, les importations de viande ovine, comme celles d’ovins vivants, sont une nouvelle fois attendues en baisse, tandis que les exportations françaises devraient se maintenir (- 1 %). Résultat : «Le manque d’approvisionnement pour le marché français est notable», avec un disponible prévu à - 3 %. Mais ce déficit ne sera pas forcément synonyme de prix records, prévient l’institut technique : «Si l’offre recule franchement, la demande semble encore se replier davantage, freinée par le niveau de prix de vente atteint». Sur les onze premières semaines de 2026, la cotation entrée abattoir est en baisse de 24 ct€/kg sur un an (à 9,88 €/kg carcasse).

L’inflation a «gelé la consommation»
2026 démarre comme 2025 avait fini, avec des prix en recul. En moyenne sur l’année dernière, la cotation de l’agneau entrée abattoir s’est établie à 9,71 €/kg carcasse. Un niveau supérieur à 2024 (+ 29 ct€/kg), mais qui masque une évolution en deux temps. Au premier semestre 2025, le cours est resté à un niveau «très élevé», atteignant même «un nouveau record pour la Pâques catholique» (11,04 €/kg). Mais cette inflation a «gelé la consommation» : selon l’Idele, «les achats se sont effondrés sans jamais se relever véritablement depuis», entraînant avec eux les prix à la production.
Du côté des volumes produits, «2025 porte les stigmates de la FCO», résume l’Institut de l’élevage, même si la maladie «a touché moins d’élevages qu’en 2024». En 2025, les élevages français ont produit 3,3 millions d’agneaux (- 2 %). Les abattages ont reculé plus lourdement (- 6 %),
pénalisés par la «forte baisse des importations d’agneaux vivants» (-41 % depuis l’Espagne, premier fournisseur) et par un «regain des exportations». Toutefois, un «alourdissement marqué» des agneaux français a permis de limiter le recul de la production de viande (- 3 %). Pour rappel, la filière ovine s’est fixé l’objectif de produire un million d’agneaux supplémentaires d’ici cinq ans.

Revenus en hausse pour tous les systèmes
Autre enseignement du rapport de l’Idele : portés par la hausse des prix des agneaux et du lait de brebis, les revenus moyens des principaux systèmes d’éleveurs d’ovins, allaitants comme laitiers, augmentent tous en 2025. Le résultat courant le plus élevé est observé dans le système «Ovins laitiers Nord-Occitanie» (roquefort), en hausse de 79 %, à 41 900 € par UMO (unité de main-d’œuvre). Il est talonné par le système mixte «Ovins viande et bovins viande» (38 200 €). Ces deux modèles d’élevage connaissent de fortes hausses par rapport à 2024, contrairement au troisième du classement, les systèmes pastoraux spécialisés viande (32 100 €).
Les quatre systèmes restants se situent autour des 20 000 € ; deux d’entre eux augmentent fortement (ovins laitiers Pyrénées-Atlantiques, ovins viande et grandes cultures) et deux plus modérément (spécialisés ovins viande dans les zones à bon potentiel et dans celles à potentiel limité). Ces estimations sont issues du réseau Inosys, cogéré avec les chambres d’agriculture (222 exploitations en ovins viande, 44 en ovins lait). Un échantillon aux résultats «en moyenne nettement supérieurs à ceux des fermes professionnelles françaises» (Rica), rappelle l’Idele.

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