Canicule/sécheresse
La FNSEA demande un « choc de réactivité »
Interrogé par France Info le 8 août, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a qualifié la période actuelle de « catastrophe climatique d’une ampleur jamais vue ». Pour redresser les exploitations dont nombre d’entre elles sont déjà financièrement dans le rouge, il a réclamé à l’État un « choc de réactivité ».
Interrogé par France Info le 8 août, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a qualifié la période actuelle de « catastrophe climatique d’une ampleur jamais vue ». Pour redresser les exploitations dont nombre d’entre elles sont déjà financièrement dans le rouge, il a réclamé à l’État un « choc de réactivité ».
La demande est claire : il faudra « plusieurs milliards d’euros » d’aides publiques, a indiqué Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, interrogé par France Info le 8 août. Pour faire face à la « catastrophe climatique d’une ampleur jamais vue », il réclamé à l’État un « choc de réactivité ». Selon lui, les dispositifs d'assurance classiques sont structurellement incapables de prendre en charge un tel niveau de sinistralité. L'enjeu n'est plus seulement l'adaptation à long terme au changement climatique, mais bien la survie immédiate des exploitations. Les agriculteurs demandent également que la grande distribution rogne sur ses marges pour limiter l'impact sur les consommateurs, qui voient déjà le prix de certains produits, comme les salades, bondir de 50 %.
Vendanges précoces
Force est de reconnaître que cette année 2026 pèse lourdement sur des agriculteurs qui semblent aujourd’hui totalement désemparés. Les pertes de production s’annoncent déjà importantes. Selon Agreste, la récolte de maïs devrait s'effondrer de 35 %, atteignant son plus bas niveau depuis 1980. Dans l'Ouest, notamment en Bretagne, l'absence de systèmes d'irrigation a conduit à des pertes allant de 50 % à 100 % pour certains maraîchers ; les cultures de brocolis et d’artichauts y sont quasiment anéanties.
L’élevage subit également de plein fouet ces températures extrêmes : en juillet, deux à trois millions de volailles sont mortes sous l’effet de la chaleur. Pour les bovins, le manque de fourrage lié au dessèchement des prairies fait craindre des ventes massives de bêtes cet hiver, tandis que la production de lait a déjà chuté de 30 %.
Même la viticulture est bouleversée, avec des vendanges dans le Bordelais jugées les plus précoces de l'histoire du vignoble. Ce tableau noir est aggravé par l'explosion du coût des engrais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, poussant certaines exploitations vers le redressement judiciaire.
Rendez-vous à Matignon
Certes, le gouvernement a annoncé le 5 août dernier la préparation d’un « plan global » incluant des mesures d’urgence sur la trésorerie et la prise en charge des cotisations sociales, cependant, ce dispositif est loin d’être finalisé. À ce stade, aucun montant précis n’a été arrêté et le détail des aides mobilisables reste inconnu, ce qui alimente l'incertitude dans les campagnes. Si une cellule nationale « sécheresse » a été activée pour coordonner les services de l’État, les agriculteurs attendent des chiffres « robustes » et des mesures concrètes pour engager les travaux à venir, comme les semis de colza, actuellement impossibles en raison de l'état des sols.
L'avenir du secteur se jouera en grande partie début septembre. Arnaud Rousseau a confirmé qu'une rencontre est prévue à cette période avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à Matignon. Cette réunion sera l'occasion pour les représentants agricoles de transformer les promesses de soutien en engagements financiers fermes. Comme l’a souligné le président de la FNSEA, l'agriculture française ne peut plus se contenter de « formules classiques » face à une crise d'une telle intensité.