Expérimentation
La plateforme Agora dans l'Oise à la recherche des cultures à meilleures marges
Une partie des essais présentés aux adhérents ce 3 juin s’intéresse aux marges brutes des cultures afin d’évaluer leur intérêt économique dans les rotations.
Une partie des essais présentés aux adhérents ce 3 juin s’intéresse aux marges brutes des cultures afin d’évaluer leur intérêt économique dans les rotations.
«Notre plateforme sert à produire des références fiables pour vous accompagner sur vos exploitations alors que le contexte géopolitique pèse sur nos charges et les prix, et que nos trésoreries sont à sec. Nous sommes à la recherche de solutions pour vous aider à prendre des décisions», annonce d’emblée Étienne Grodet, président d’Agora, en accueillant les visiteurs.
Et c’est vrai qu’une partie des essais est consacrée à la conduite des féveroles, pois, avoine blanche, blé dur et orge de printemps.
Des cultures à favoriser
Ces cultures répondent au contexte du prix élevé des engrais et à la possibilité d’Agora de les valoriser au travers de débouchés actuels ou à venir. Il s’agit de tester des itinéraires techniques pour limiter la dépendance aux engrais, aux produits phytosanitaires et aux ravageurs en semant par exemple des cultures de printemps en hiver.
La féverole ne nécessite pas de fertilisation azotée, mais laisse un reliquat à la culture suivante d’environ 50 unités, son intérêt s’apprécie à l’échelle de la rotation. Attention à la bruche pour la féverole de printemps et à la verse pour celle d’hiver. La féverole peut être autoproduite pour être semée en couvert ou en plante compagne du colza.
Autre protéagineux, le pois qui présente le même intérêt en termes de fertilisation azotée. Par contre, attention aux maladies. Il ne faut pas semer le pois d’hiver trop tôt (pas avant le 10 novembre) pour limiter sa sensibilité au gel qui cause des blessures, portes d’entrée aux maladies. Différentes densités de semis sont testées sur la plateforme.
Autre culture passée au crible, l’avoine blanche, qui pourrait trouver un débouché en floconnerie, les industriels souhaitant s’approvisionner en France. C’est un bon précédent pour le blé, elle est peu exigeante en azote (60 à 80 u), peu soumise aux maladies. Seul souci : il faut la semer sur des parcelles propres car il n’y a pas de solution anti-graminées autorisée.
L’orge de printemps est demandée par les brasseurs, mais avec une teneur en protéines qui nécessite une dose d’azote conséquente, fractionnée en trois apports. Idéalement semée fin janvier-début février, attention à la consommation d’azote (dilution) si elle est semée à l’automne.
Enfin, des essais sont conduits en blé dur car la demande des industriels est forte. Mais le blé dur est très gourmand en azote et il doit répondre à un cahier des charges strict. Le désherbage est plus compliqué que celui du blé tendre.
Incontournables variétés de blé
À côté des témoins que sont Chevignon, LG Audace, KWS Extase et LG Absalon, la vitrine d’Agora présente des variétés testées depuis plusieurs campagnes et des nouveautés. Le conseil reste de prendre en compte les notes de résistance aux maladies, particulièrement à la septoriose et à la fusariose.
Kingkong (Secobra) est un blé couvrant qui donne de bons résultats. Celebrity (Florimond-Desprez) est à semer après betteraves sucrières jusqu’au 15 janvier, adapté à tout type de sol. Intensity (Florimond-Desprez), couvrant, peut se semer du 1er novembre au 15 décembre, il présente de bonnes qualités boulangères. Junior (Unisigma), inscrit en 2021, se plaît en bonne terres. KWS Étoile (KWS) fait preuve de souplesse pour les dates de semis (du 10 octobre au 15 novembre), il est tardif et convient aux bonnes terres également.
KWS Perceptium (KWS) est un blé de maïs qui n’aime pas les sables, ni la conduite en blé sur blé.
KWS Sphère (KWS) convient à tout précédent et à tout type de sol, il produit un bon PS. Pondor (Unisigma) se sème en bonnes terres, pas derrrière un maïs, il tolère les cécidomyies. Prestance (Florimond-Desprez) convient derrière betteraves, il est couvrant, avec un bon PS. RGT Lookeo (RAGT) est passe-partout, tout comme Thermidor (Unisigma) qui se plaît dans tout type de sol, mais pas derrière maïs, à semer du 1er novembre au 15 décembre. Géopolis (Agri-Obtention) convient en bonnes terres, mais est sensible à la verse.
RGT Profusio (RAGT) se sème à partir du 1er octobre. RGT Majesko (RAGT) est assez rustique, résistant aux maladies : il est sorti premier de la dernière synthèse des essais Agora.
Conquistador, une nouveauté 2025, est le remplaçant de Campesino : bien en bonne terre, derrière maïs, avec une meilleure note fusariose. Pailledor est sur le même créneau que Pondor.
Enfin, deux nouveautés rejoignent les essais Agora. D’abord, Funny (Florimond-Desprez), pour des deuxièmes dates de semis, à partir du 1er novembre. Bien en tout type de sol, derrière tout précédent, il jouit d’un bon potentiel, mais est une peu faible en protéines. RGT Arpegio (RAGT) se plaît en bonnes terres, pour des premières dates de semis (du 1er octobre au 15 novembre), avec une bonne note verse. Pour l’instant, il n’est pas testé en blé sur blé et présente un bon profil en septoriose et rouille.