Aller au contenu principal

La pomme de terre féculière : une opportunité agronomique et économique

Arnaud et Nathalie Van Den Bossche développent la production de pommes de terre féculières sur leurs exploitations. Ils expliquent leurs motivations.

La plantation en 75 cm d’écartement est effectuée en entraide.
La plantation en 75 cm d’écartement est effectuée en entraide.
© AAP

Dès leurs installations respectives en 2006 et 2007, Nathalie et Arnaud Van Den Bossche ont introduit la culture de pommes de terre féculières dans leurs exploitations. Au départ, la surface était d’environ 15 ha. A partir de 2012, les deux exploitants emblavent 36 ha de pommes de terre. En 2015, une nouvelle étape est franchie avec une augmentation de 33%.
Arnaud Van Den Bossche explique les raisons qui ont guidé leurs choix : «La pomme de terre féculière constitue une bonne tête d’assolement et permet de maîtriser le désherbage dans des parcelles où le vulpin devient un problème majeur. Au début de l’installation, après l’arrêt du lait en 2009, deux tiers des surfaces étaient en blé, sur blé. Avec le développement de la pomme de terre, nous avons amélioré les rendements en blé tout en maintenant une pression acceptable en vulpin. Nous avons une rotation de trois ans dans les meilleures terres des deux exploitations. Cette année, nous franchissons un nouveau cap en implantant dix des douze hectares supplémentaires dans des parcelles plus difficiles, en sol de cranette plus ou moins grasse avec présence de cailloux, ceci en remplacement de cultures moins rémunératrices comme le maïs, et suite à la baisse des surfaces en betteraves. Elle nous permet aussi de diversifier nos assolements».

Une bonne marge
Avec des rendements supérieurs à 60 tonnes par hectare depuis trois ans (68 t/ha en 2013), Arnaud et Nathalie Van Den Bossche sont motivés. Pour la récolte 2014, avec un rendement de 62 T/ha, ils dégagent une marge semi-nette de 1 700 euros par hectare. Pour obtenir ce résultat, Arnaud n’hésite pas à «laisser pousser pour aller chercher le rendement», selon son expression. «J’effectue des prélèvements tous les quinze jours dans le cadre de l’estimation de rendement, réalisée par l’Unpt. Ce qui me permet de suivre l’évolution du rendement et de déterminer les dates de récoltes», précise-t-il.
Concernant les charges, l’investissement est limité. Au printemps, la préparation est faite avec deux ou trois passages de vibroculteur. La plantation en 75 cm d’écartement est effectuée en entraide par le beau-frère. Le butoir a été acheté 1 500 euros en 2013. La fertilisation est peu onéreuse, car il utilise les boues d’Amiens qui apportent une partie de l’azote et du phosphore.
La protection anti-mildiou s’appuie sur des produits basiques les moins chers, associés à quelques produits plus performants pour les périodes délicates. «Cette année, j’utiliserai Miléos pour améliorer mes pratiques et optimiser ce poste», a-t-il décidé.
Il ne défane pas, mais broie quelques jours avant la récolte. Il compte être plus efficace cette année avec un broyeur neuf acheté 8 000 euros. L’arracheuse à pomme de terre, louée à la Sapc, permet de disposer d'un matériel récent et performant. «Pour la première fois en 2014, nous avons utilisé une machine équipée de multiseps qui nous a permis d’amé­liorer la tare. Pour un surcoût de 20 euros par ha, nous avons récupéré 90 euros en bonus qualité lié à la tare moyenne de 11,5% contre 14 à 15% les an­nées précédentes. L’objectif est de déterrer les pommes de terre issues des parcelles un peu plus délicates pour améliorer la rentabilité et faciliter la conservation», conclut-il.

Progression des hectares pour la coopérative féculière de Vecquemont

«Cette année, 1 400 hectares supplémentaires ont été plantés dont 670 ha chez cinquante-deux nouveaux adhérents. Les bonnes conditions d’implantation et de levées sont un bon début pour produire les 600 000 t engagées avec Roquette», annonce Olivier Brasset, président de la coopérative.
Une vingtaine d’agriculteurs sont déjà inscrits pour planter des pommes de terre féculières en 2016. «Les demandes de renseignements sur la production sont régulières et nous envisageons une augmentation de 1 500 hectares en 2016.
Le rayon d’action de la coopérative est large : il s’étend de Rouen à Laon et de Senlis à Hazebrouck», précise-t-il.
La coopérative féculière de Vecquemont sera représentée au Forum des opportunités le 23 juin à Boves, et tiendra un stand aux Culturales les 24 et 25 juin, à Villers-Saint- Christophe. Elle compte bien y séduire de nouveaux producteurs.

Contact : brunopoutrain@cfvecquemont.coop

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Les 54 saisonniers retenus ont participé à une journée d’essais sous l’œil attentif de Fabien Deguehegny, un des associés de la SCEA Biosources.  Premiers «vrais» désherbages prévus mi-mai. 
Recruter 52 saisonniers locaux pour le désherbage : pari gagné
La SCEA Biosources, à Méharicourt, a converti 163 ha en bio, dont 80 ha de légumes. Un des enjeux était de recruter une…
Aujourd’hui, il n’est pas possible de planter les pommes de terre en direct dans la pré-butte. Un travail sur le couvert est encore à mener pour y parvenir. 
Le pré-buttage d’été pour limiter l’érosion : rêve ou réalité ?
Jean-Paul Dallene, installé à Oppy (62), pratique le pré-buttage d’été pour ses pommes de terre depuis trois ans. Même si la…
Douze-mille personnes avaient participé à l’édition 2019 d’Ailly-le-Haut-Clocher.
Plaine en fête 2021 ? Oui !
Covid ou pas, les Jeunes agriculteurs de la Somme ont décidé d’organiser Plaine en fête cette année. L’édition devra certainement…
Pulvé
Dans le Nord, une commune de Flandre fait de l'anti-agribashing
Dans une publication sur le réseau social Facebook, une élue de la commune d'Hondeghem, dans les flandres, tente d'expliquer à…
450 hectares de betteraves à ressemer dans la Somme
Au 20 avril, la CGB estime autour de 4 500 hectares la surface de betteraves sucrières endommagées par l’épisode de gel dans les…
Hugues d’Hautefeuille a testé plusieurs itinéraires culturaux dans ses micro-parcelles, à Monsures. 
Une filière orties émerge en Hauts-de-France
L’ortie est une plante qui pousse partout où on ne la souhaite pas. Pourquoi ne pas la cultiver pour en tirer des bénéfices ? C’…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde