Oise
L’administration départementale très mobilisée sur la sécheresse
Mardi 4 août, Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise, Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, David Witt, directeur de la DDT 60, étaient invités par la profession agricole, FDSEA 60, JA 60 et Chambre d’agriculture, à des visites terrain pour constater les conséquences de la sécheresse, notamment pour les éleveurs.
Mardi 4 août, Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise, Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, David Witt, directeur de la DDT 60, étaient invités par la profession agricole, FDSEA 60, JA 60 et Chambre d’agriculture, à des visites terrain pour constater les conséquences de la sécheresse, notamment pour les éleveurs.
Et c’est vrai que les deux parcelles de maïs que la délégation a visitées, chez Vivien Blatier à Bonnières et chez Pierre Cochet à Lalande-en-Son, font peine à voir : des plantes peu ou mal développées, des feuilles desséchées, des épis de maïs auxquels il manque des rangées de grain et qui n’arriveront jamais à maturité. Les ensilages ne devraient pas tarder, mais avec des quantités divisées par trois minimum et des valeurs alimentaires moindres, notamment en amidon. Face à cette perspective, les éleveurs commencent à chercher des alternatives. «Je vide actuellement mes stocks, j’ai espoir de remplir quand même mon silo, mais j’ai prévu d’acheter 50 tonnes d’orge pour palier la moindre teneur en amidon. Je constate déjà une baisse de la production laitière», détaille Vivien Blatier, éleveur laitier. De son côté, Pierre Cochet, éleveur allaitant de Salers, va essayer d’acheter du foin et des pulpes, s’il en trouve.
Toutes les productions
«Les chantiers d’ensilage vont proportionnellement coûter plus cher. Côté stocks, les éleveurs vont tenir jusqu’au début 2027, mais ensuite ? C’est bien que le Conseil départemental et le Conseil régional soient aujourd’hui présents à cette visite car ils pourraient peut-être aider les éleveurs à l’achat de semences comme ils l’ont fait par le passé», pointe Luc Smessaert, président de la Chambre d’agriculture.
Les pâtures sont devenues des paillassons et bon nombre d’éleveurs viennent affourrager les troupeaux. «J’apporte 10 ballots de foin par jour à mes allaitantes et les broutards que je vends ont perdu 1.000 €, personne ne veut engraisser à cause du déficit de fourrages», se désole Pierre Cochet. Plus largement, les responsables agricoles insistent sur la détresse pychologique des agriculteurs face à cette sécheresse à laquelle n’échappe aucune production : Ludovic Sanglier, maraîcher bio, voit ses légumes griller, il ne peut pas irriguer plus, le lin va avoir du mal à rouir s’il ne pleut pas en août, les betteraves sucrières ne grossissent pas, la campagne est déjà compromise.
«Nous devons travailler tous ensemble à mettre en commun des solutions qui ne seront pas miracle, mais aideront à soutenir l’ensemble des producteurs», assure Jean-Marie Caillaud qui affirme que le ministère de l’Agriculture est tout à fait conscient des difficultés actuelles.
Les réponses possibles
Le DDT David Witt annonce que ses services sont en train de monter des dossiers pour obtenir l’ISN (indemnisation de solidarité nationale) en lien avec des cas de force majeure. D’abord pour les orages de fin juin, ensuite pour les hausses de températures et maintenant pour la sécheresse persistante. Pour cela, il a besoin d’expertises terrain sur les cultures et de données météorologiques précises. Chaque dossier doit être déposé un mois avant la réunion du comité national qui accorde ou pas cette indemnisation. Si c’est positif, cela ne couvrira qu’une partie des pertes (environ 15 %), mais cela sera automatique pour tout le département, l’agriculteur n’aura pas à monter de dossier.
La préfecture va organiser le 12 août une réunion commune entre le comité de suivi de la ressource en eau et le comité du mal-être agricole, à laquelle tous les organismes agricoles de l’Oise seront largement invités. «Il s’agit de trouver ensemble des solutions locales autour d’un diagnostic partagé.» Autre demande : des assouplissements réglementaires pour l’implantation des couverts et le stockage d’eau, la priorisation des pulpes de betteraves vers les éleveurs plutôt que les méthaniseurs et la mise en place d’un recensement entre les offres et les demandes de fourrages (voir page 4).
Enfin, Régis Desrumaux conseille de s’assurer contre les aléas, «une sécurité alors que les incidents climatiques se répètent» et invite les agriculteurs à ne pas rester seuls face aux difficultés : «personne ne doit rester sur le bord du chemin».