à la TELEVISION
L’Amour est dans le pré : les fans sont-ils devenus fous ?
La production de L’Amour est dans le pré est désormais obligée de rappeler à une partie de son public qu’il serait peut-être préférable de se calmer dans les commentaires consacrés aux candidats de la saison 21. Des « fans » de l’émission se déchaînent sur les réseaux sociaux, parfois avec une violence qui dépasse largement la simple critique. Un comble pour un programme dont le principe est justement de permettre à des agriculteurs de rencontrer quelqu’un.
La production de L’Amour est dans le pré est désormais obligée de rappeler à une partie de son public qu’il serait peut-être préférable de se calmer dans les commentaires consacrés aux candidats de la saison 21. Des « fans » de l’émission se déchaînent sur les réseaux sociaux, parfois avec une violence qui dépasse largement la simple critique. Un comble pour un programme dont le principe est justement de permettre à des agriculteurs de rencontrer quelqu’un.
Karine, au secours, ils sont en train de devenir fous ! Il faut désormais que la production de L’Amour est dans le pré intervienne pour demander à ceux qui regardent l’émission de faire preuve d’un minimum de retenue sur les réseaux sociaux. Après la multiplication de commentaires particulièrement virulents visant certains candidats de cette 21e saison, M6 et Fremantle ont publié un appel à la bienveillance et rappelé que les propos illicites pouvaient être signalés et faire l’objet de poursuites.
On parle tout de même d’une émission dans laquelle des agriculteurs viennent raconter leur quotidien, ouvrir les portes de leur ferme et, surtout, tenter de trouver l’amour. Pas d’une compétition sportive où les supporters se déchirent dans les tribunes, ni d’un débat politique où chacun vient défendre son camp. Et pourtant, à lire certains commentaires, on pourrait croire que les candidats ont commis quelque faute impardonnable simplement parce qu’ils ne correspondent pas aux goûts de ceux qui les regardent.
On n’est pas obligé d’aimer tout le monde
Bien sûr que l’on peut ne pas apprécier un candidat. C’est même ce qui fait une partie du plaisir de l’émission. Depuis ses débuts, L’Amour est dans le pré fonctionne avec des personnalités très différentes : des agriculteurs expansifs ou réservés, des caractères faciles ou beaucoup moins, des prétendants et prétendantes qui ont chacun leur manière de se comporter et de vivre cette aventure.
C’est cette diversité qui a fait le succès du programme. On regarde parce que tout le monde n’est pas pareil, parce que certaines histoires nous touchent davantage que d’autres et parce que l’on se prend forcément au jeu des rencontres. On peut préférer un candidat, trouver une prétendante particulièrement attachante ou, au contraire, avoir du mal avec la personnalité de quelqu’un. Rien de plus normal.
Ce qui l’est beaucoup moins, c’est de transformer cette préférence en déferlement d’insultes et de jugements définitifs sur des personnes que l’on connaît finalement très peu.
Il y a quand même des gens derrière les candidats
Le plus étonnant dans cette histoire, c’est peut-être que certains téléspectateurs semblent oublier ce détail pourtant assez évident : derrière les images diffusées sur M6, il y a des gens qui vont continuer à vivre leur vie une fois l’émission terminée.
Ils vont retourner dans leur exploitation, retrouver leurs proches, leurs collègues, leurs voisins et leur quotidien. Et, forcément, ils vont aussi finir par tomber sur les commentaires écrits à leur sujet. Participer à une émission de télévision suppose d’accepter l’exposition médiatique, les critiques et le fait de ne pas faire l’unanimité. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille accepter n’importe quoi.
D’autant que les téléspectateurs ne regardent pas la vie des candidats en direct pendant plusieurs semaines. Ils regardent une émission construite à partir d’heures de tournage, avec des séquences choisies, montées et mises en récit. Une situation qui paraît évidente à l’écran peut donc être beaucoup plus complexe dans la réalité.
Cela n’interdit évidemment pas de commenter ce que l’on voit. Cela invite simplement à garder deux ou trois neurones allumés avant de condamner quelqu’un sur la foi de quelques minutes de télévision.
Le lundi soir, on est quand même là pour l’amour
La saison 21 est actuellement diffusée le lundi soir à 21 h 10 sur M6, et le principe reste le même : des agriculteurs cherchent une rencontre, certains vont connaître une belle histoire, d’autres vont repartir seuls et quelques-uns vont peut-être trouver ce qu’ils étaient venus chercher.
C’est précisément cette incertitude qui rend l’émission intéressante. On devrait être heureux pour ceux qui trouvent l’amour et avoir une pensée pour ceux pour lesquels l’aventure ne fonctionne pas. Après tout, c’est assez exactement ce que l’on ferait pour quelqu’un de notre entourage.
Mais sur les réseaux sociaux, le téléspectateur devient parfois juge, procureur et spécialiste des relations humaines en même temps. Il explique qui mérite quoi, qui devrait partir, qui est ridicule et qui serait prétendument incapable de trouver quelqu’un. Le tout avec une assurance assez impressionnante compte tenu du fait qu’il ne connaît généralement ces personnes que depuis quelques épisodes.
Et si certains étaient simplement jaloux ?
La production a donc raison de rappeler les limites. On peut regarder L’Amour est dans le pré avec passion, commenter les épisodes, se chamailler avec ses amis pour savoir qui va finir avec qui et même franchement détester la personnalité d’un candidat.
Mais il y a une différence entre ne pas aimer quelqu’un et prendre plaisir à l’humilier.
Alors, à ceux qui trouvent mille raisons pour expliquer pourquoi tel candidat est nul, pourquoi telle prétendante est insupportable ou pourquoi untel ne mérite surtout pas d’être heureux, inutile de chercher des justifications compliquées à vos commentaires dégueulasses.
Peut-être êtes-vous simplement jaloux de les voir tenter quelque chose que vous n’osez pas faire ? Et, dans ce cas-là, ce n’est peut-être pas vraiment à eux qu’il faut en vouloir.